‹ De l'esprit des religionsChapitre 58 sur 222 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Marques distinctives des simulacres.

Tous les «peuples ayant admis un Dieu souverain , maître absolu de la création , on décora partout ses idoles des signes particuliers de la royauté : on joignit au sceptre et à la couronne les traits de la vieillesse , et c'était une manière ingénieuse 4e montrer que le Roi de l'univers en était aussi le père ; que rien dans le monde n'était plus vieux

1 Ces excavations ont été creusées par les Indous , pour y exercer les pratiques du culte ; ce furent leurs premiers temples, et depuis elles sont devenues un objet de pèlerinage.

g8 dk l'esprit

que lui. Ainsi le Dieu véritable , le Dieu de la tradition , reçut, avec l'emblème de la puissance , une figure antique et vénérable , qui le désignait aux humains comme l'auteur du temps et de la nature. Nous ne parlerons point ici de cette multitude d'allégories grecques et romaines , que tout le monde connaît. Il suffît de remarquer que les Génies des astres , quand on les représenta sous les formes humaines , furent distingués par la figure même de la planète ou de l'astre qu'on s'imaginait qu'ils gouvernaient. Une chevelure éclatante, composée de rayons , telle que celle de l'Apollon des Grecs , et du Bel en us des Gaulois , indiquait la statue décernée à l'astre brillant du jour. Et la Divinité , qui, comme l'Alilath des Arabes , la Diane des Romains, l'Hérodias ouBensozia des Gaulois, était supposée rallumer le pale flambeau des nuits, portait pour attribut un croissant sur la tête. De simples cercles de lumière étaient la distinction du vulgaire des Génies. Les Sabéens , habiles dans l'astronomie, dont ils faisaient leur principale étude, employèrent presque toutes les figures célestes dans leur système religieux ; mais ils donnèrent néanmoins la préférence au croissant.

Page 1