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CHAPITRE V

Richesses des Temples.

Les premiers sacrifices furent offerts par la reconnaissance. Le pasteur qui présentait les prémices de son troupeau , la jeune fille qui dévouait une colombe, n'avaient d'autre intention que de remercier les Dieux de leurs faveurs et des biens qu'ils leur accordaient. Lorsque dans la suite on consacra des richesses , qui ne pouvaient avoir qu'une valeur idéale, qui n'étaient qu'un signe représentatif des dons que chaque jour le Ciel répandait , il sembla bien plutôt qu'on voulût s'acquitter envers lui ; non plus offrir un hommage , mais payer une dette.

Les forêts , les lacs , les rivières , recelaient de grands trésors : les nations avaient offert aux Dieux les dépouilles des vaincus ; tout était caché dans la terre , ou au fond des eaux. Aussitôt qu'on eut bâti des temples 7 ces dons excessifs de la dévotion furent transportés sous leurs voûtes : les Gaulois , par exemple, qui depuis des siècles jetaient dans le lac de Toulouse des sommes immen-

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ses, fruit de leurs conquêtes, les retirèrent pour en décorer le temple de la Daurade. Alors on employa les métaux les plus rares à la composition des idoles ; ou les fit d'or ou d'argent, on les orna de pierres précieuses : les prêtres eux-mêmes introduisirent dans leur parure cette magnificence outrée , et l'approprièrent au reste du- service divin. Ainsi le culte perdait sa simplicité primitive; et l'homme , après s'être choisi pour modèle des idoles T voulut encore qu'elles devinssent par ellesmêmes des objets d'une haute valeur.

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