CHAPITRE VIL
Premières substitutions des Dieux.
Cependant plusieurs nations de l'Occident avaient déjà admis des Dieux étrangers. Des conquérans sortis de Phénicie, ayant abordé dans cette partie de la Celtique , qui était occupée par les Pélasges, lui donnèrent le nom de Grèce , renversèrent la Divinité indigène , ou ce que les habitans appelaient seulement les dieux ' , et leur substituèrent le grand Jupiter. Depuis ils envoyèrent des colonies jusque dans l'Italie , dont ils forcèrent aussi les peuples à changer de religion : la construction des temples fut ce qui présenta le plus de difficultés, les Ombriens persistant à les regarder comme des monumens d'impiété. On sait même que le second roi de Rome, le sageNuma, qui était
Hérodote.
Sabin d'origine , toujours fidèle au culte de ses pères , recevait dans un bois les oracles de la nymphe Égërie.
On restreignit à Rome l'usage des victimes humaines; et quoique nous voyions encore de ces abcminables offrandes sous les plus beaux règnes, il est sûr néanmoins qu'aux fêtes où Ton avait coutume de précipiter des esclaves dans le Tibre, on n'y jetait plus que des hommes d'osier. A l'égard du cérémonial , il demeura le même : ainsi qu'on avait combattu pour célébrer les mystères deTeut, on combattit encore en l'honneur de Jupiter ; les travestissemens mythriaques eurent lieu à la même époque; rien de considérable, en un mot, ne fut changé dans le culte. On adopta le Ciel des Grecs , on adora la Divinité sous de nouveaux noms ; mais elle fut toujours servie de la même manière.