CHAPITRE IV
Unité de la composition dogmatique'de toutes les Religions.
Cette unité se retrouve , non-seulement dans l'origine du monde , que chaque religion attribue à un être suprême et intelligent , mais encore dans
la création particulière de l'homme , qui généra-^ lemeut est considère comme l'œuvre immédiate de la divinité.
L'homme , créé libre , eut deux voies à suivre , celle du bien et celle du mal ; et cette liberté a été consacrée par toutes les religions. Comme l'essence de tout bien ne pouvait opérer le mal , on a admis deux principes contraires } avec cette différence que les uns ont supposé le mauvais principe éternel , tandis que les autres ne l'ont regardé que comme accidentel. L'homme est naturellement enclin au mal ; d'où l'on a dû conclure encore qu'il avait cédé au mauvais principe : par-là s'explique sa disgrâce , l'empire de ses passions et l'étendue prodigieuse de ses misères.
Malgré sa chute t l'homme ayant conservé la liberté qui lui fut donnée dès le principe , il en résulte le crime pour celui qui se livre à ses penchans, la vertu pour celui qui résiste. Le «rime et la vertu sont la source des châtimens et des récompenses annoncés par la religion : de-là se compose le code pénal des divers systèmes religieux. La condition future de l'homme , dont tous les peuples ont essayé de faire le tableau , atteste évidemment qu'il n'est pas une doctrine qui n'admette le dogme de l'immortalité.
Voilà la con texture essentielle de toutes les religions connues; sans ces dogmes elles ne pourraient
subsister , et elles ne se fondent que sur eux. Les climats , par les caractères particuliers qu'ils impriment , ont pu varier cette chaine dogmatique ; mais au fond elle existe toujours , et les modifications quelle reçoit ne sont , si j\>se dire , que comme ses ornemens et sa livrée.