‹ De l'esprit des religionsChapitre 77 sur 222 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Continuation du même sujet.

Le christianisme dans son établissement suivit presqu'en tout le système de l'apcienne religion : il np voulut point que les peuples qui l'çmbraçsaient trouvassent en lui moins de consolations Comme les Celtes avaient déifié les villes , les bourgs , les îles , les montagnes , les fontaines , et qu'on invoquait leurs esprits tutélaires pour tous les besoins de la vie , l'Eglise se contenta de changer le nom des patrons, sans rien ôter de leurs vertus. Mais ce qui était arrivé aux nations idolâtres est encore arrivé depuis qu'elles professent la religion chrétienne : les fidèles ont eu plus d'une fois des querelles violentes à soutenir pour la prééminence des Saints. Tous les ans les Gaulois faisaient l'inauguration des villes ; c'était encore en usage dans le septième siècle , et saint Eloi s'en plaint amèrement. Ce fut sans doute pour supprimer ces dédicaces qu'on en fit de pareilles aux nouveaux patrons. Quant aux artisans qui s'étaient

DES RELIGIONS. l35

mis sous la protection des Pans et des Satyres , ils finirent par implorer celle des Saints.

Page 1