IX
Si le premier verbe renferme i’ide'e de prendre ses mesures , prendrê ses précautions , etc. > comme les verbes prendre garde , se donner de garde , le second verbe ou. verbe régi , se met au Subjonctif, en se servant de l’explétif ne, après son sujet. Mais , si ces verbes , au contraire, signifient faire réflexion, faire attention) remarquer ) observer , le second verbe qui s’y1 rapporte, doit être mis à Vindicatif sans explétif
Exemples.,
Avec le Subjonctif précédé de l’explétif NE.
Prenez garde que votre inexpérience ne vous nuise .
Donnez-vous de garde que vos prétendus amis ne vous fassent faire quelque sottise.
Prenez garde que mon fils n’ AILEE jouer avec les domestique;.
Avec l’ indicatif sans l’explétif ne.
Vous ave* pris garde que j’étais satisfait de sa bonté.
Ave* - vous pris garde que cet homme chedchait à vous faire faire quelque sottise ?
Prenez donc garde ; votre élève va chaque jour jouée avec mes domestiques.
Le verbe pronominal se DÉFrER (i) , signifiant prévoir, employé comme premier verbe, régit le second verbe qui s’y rapporte, au Subjvnctf avec l’explctif ne après son sujet.
(i) On confond généralement se méfier avec se défier, lorsque l’une et l’aurre de ces expr ssio .s se trouvent prises en mauvaise part; et l’on dira : cet homme est un fourbe avéré ; méfibz-vous~ en ; pour DÉFiEzvous-en.
Se méfier appartient plus à un sentiment dont on est affecté inopinément, par le désir naturel de pourvoir à sa sûreté ; ou bien eucore à une crainte habituelle eu innée d’ètre trompé.
Se Défier, au contraire, résulte d’un sentiment qui naît toujour* de l'expérience, et dont les causes sont hors de nous, si l’objet de l'affirmation sort du sujet, et en nous , s’il y reste.
Souvent on a tort de se méfier des intentions d’un homme qu’on ne connaît pas parfaitement.
D’homme faible est celui qui se méfie de tout le monde, et qui ne se défie de personne.
Socrate, en avouant son ignorance, se défiait de son esprit et de ses talens : voilà le vrai sage.
La Méfiance , comme disposition innée , pour n’être point un vire, doit-être dirigée par l’instinct naturel et commun à tous les êtres, de pourvoir à leur sûreté, lorsque le danger est évident. La défiance ne peut exister sans motifs , ou , alors , elle devieut une injure gratuite envers la personne qui en est l’objet.
La prudence veut qu’on se méfie de tout le monde, et même de soi.
La Justice défend qu’on se défie de ceux qui n’ont encore trompé personne.
Ai* si, nous avons pu nous méfier d’une personne, qui depuis a mérité notre confiance ; mais nous n’aurions pas pu nous en défier, sans lui refuser depuis cette même confiance.
, Mais si le sens de la proposition principale devient négatif ou interrogatif on doit supprimer l 'explétif avant le verbe subordonné-
Le Subjonctif avec ne.
Le Subjonctif sans NE.
Défiez-vous que vos amis
NE VOUS CONDUISENT en
mauvaise compagnie; car un jour ils vous le reprocheront.
IU auraient dû se défier qu’on ne leur jouât* un tour de celte nature.
Pouvais - je me défier qu’ils en fussent capables?
vous seriez-vpus défié qu’ils fussent assez fourbes pour en agir ainsi ?
Ils n’auraient jamais pu se défier qu’on leur jouât* un tour de cette nature.