‹ De l'esprit du subjonctif dans la langue française, ou Analyse logique, grammaticale et philosophique de ce mode, comparé à l'indicatif, etc. Ouvrege indispensable ... Par Charles Appert, professeur de BellesLettres ... Dédiée à l'Académie françaiseChapitre 18 sur 44 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Lorsque le premier verbe est le verbe abstrait (1) Être, ayant pour attribut un qualificatif, marquant quelqu’e'motion ou ope'ration de l’Ame, telle que celle produite par la joie , la tristesse , la satisfaction , le mécontentement ou la surprise ; le second verbe , ou verbe de la proposition subordonne'e , se place au Subjonctif , comme :

Cette jeûne personne est enchantée que vous x’ayez

distinguée.

Votre maître est désolé que votre devoir ne soit pas fait.

Nous sommes heureux que le ciel nous venge toujours des méchans.

Mais si le verbe abstrait Être se trouve avoir pour attribut un des adjectifs ou participes passes, indiquant une chose positive , tels que: certain, SUR*, AVERTI, PRÉVENU, CONVAINCU, TER- SU adé , etc. , le second verbe qui s’y rapporte doit être mis à l’ indicatif , si le sens de la phrase est affirmatif , comme :

(1) J’entends par verbe abstrait celui qui est écrit séparément Jt» son atuibut, Du latin amtkaubrs , séparer de.

Oa est certain qu’il partira pour la campagne.

Je suis convaincu que la guerre w’aüra pas lieu.

Je suis persuadé qu’il le recevra avec amitié.

Je suis informé que votre père doit passer à deux lieues de chez moi.

N.1 2 Le verbe énonciatf ( 1) Être , employé négativement, ou interrogativement, quelle que soit la nature de son attribut , demande, généralement , le verbe de la proposition subordonnée au Subjonctif.

$■ xv.

Le second verbe ou verbe régi, se met toujours au Subjonctif \ lorsque le premier verbe est un des (2) impersonnels: il est, il faut, il importe , il convient , il suffit, il vaut mieux, il se peut, il plait à, il peut se faire , il est à désirer, il

(1) Ou entend par verbe énonciatif celui dont l’affirmation n’exprime ni action , ni passion ; mais bien un état d cire , ou l’existence d’une qualité dans un sujet.

(2) En effet , d’après ce que nous avons déjà dit , le tour impersonnel est purement une forme accidentelle du verbe , et, par conséquent, marque une affirmation d autant plus vague et abstraite, que la nature du sujet est entièrement inconnue ou cachée; ce qui peut encore constituer', pour être exprimé dans une langue, une vue , ou une abstraction de l’esprit. Cependant, si l’attribut de la proposition principale, est de nature à déterminer son sujet, par une idée positive, le verbe de la proposition subordonnée doit être placé à Vindicatif ; car l’impersonnalité cesse du moment où la nature du sujet peut être supposée ou connue.

&st à propos , il est temps , il est possible , etc. , comme :

Il convient que chacun se mette h sa place.

Il est rare que nous nous occupions de bien faire»

II se peut que mon ami vienne me voir demain.

Il importe que le Roi soit instruit dé cela.

Il fallait que chacun fît son devoir avec plus d’exactitude, etc. etc.

Cependant, on doit excepter les impersonnels, il résulte , il s’en suit, il parait, et toutes les locutions impersonnelles, dans la composition desquelles se trouve un adjectif ou un participe, qui exprime une idée positive ; tels que : certain , évident , constant , vrai , sûr , prouvé , avéré , assuré, reconnu , convenu , etc.; enfin si le verbe de la proposition principale, renferme l’esprit d’une de ces locutions, le verbe régi, dans la proposition subordonnée, se met toujours à Y Indicatif ; à moins que Je sens du premier verbe , soit interrogatif ou nègalf, comme :

Il est certain que cette maison ne vous convient pas».

11 est évident que cela peut nôus convenir beaucoup.

Il est bien probable que vous serez plus réservé à l’avenir.

Ii est reconnu que l’homme qui vit dans l’abondance, ne fait point attention aut malheureux;

Il est bien convenu, eutre nous, que nous irons demain

n la chasse.

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