XVI
La locution impersonnelle ri. s’en faut, signifiant manquer , employée dans un s eus négatif y ou suivie d’un des privatifs relatifs peu , guère , presque rien , etc., régit toujours le second verbe, qui s’y rapporte , au Subjonctif, en ayant soin de placer1 l’explétif ne , après le sujet du verbe de la proposition subordonnée. Cependant, si le premier verbe est employé dans un sens affirmatif absolu , le second se met au Subjonctif sans explétif
La locution îl s’bn faut se conjugue , aux temps composés , avec l’auxiliaire jbtue.
. Exemples.
Avec Vexplêlif
Il s'en faut peu que votre ami ne soit aussi riche que vous.
11 ne s'en fallut guère , l’autre jour, que votre père
NE me GRONDAT*.
Votre fils est tombé de cheval $ peü s'en est fallu qu’il ne sc soit cassé la jambe.
Sans Vexplêlif
Il s'en faut beaucoup que vous soyez aussi riche que votre ami.
Il s'en faut que mon père soit indisposé contre vous.
Votre ami se croit un bon cavalier $ il s'en faut , cependant , qu’il connaisse l’équitation.
§. xv ir.
Lorsque le premier verbe est ignorer , employé sans négation , le verbe régi, dans la proposition subordonnée, se met toujours au Subjonctif ; au contraire , s’il est accompagné d’une négation, il régit toujours le second verbe à (1) Y Indicatif,
Exemples.
Avec le Subjonctif
V ignorais que votre père ÏUT* aussi riche.
Y ai ignoré long - temps que vous fussiez resté à Naples.
Avec V Indicatif
Je n ignorais pas que votre père était riche.
Je n ai jamais ignoré que vous n’ aviez pas quitté Naples..
♦ On met le verbe régi au Subjonctif si le premier verbe est le mot d’affirmation d’une propo-
( i ) En effet , ne pas ignorer c’est savoir j or , dire qu’on «ait , c’est affirmer positivement ; donc ne pas ignorer renferme une affirmation positive. Il ne peut en être de même du verbe ignorer dont la compréhension renferme un privatif, pni&cpi ignorer c’est ne savoir past etc. Ainsi , d’après ce que nous avons dit , le premier verbe doit gouverner le verbe régi L Vindicatif, et le second au Subjonctif \
sition interrogative , parce que celte sorte île proposition marque le doute , t incertitude , etc. comme ;
Pensez-vous que votre ami ïaktk pour Rome avant lundi ?
Aoez-vous remarqué que votre cousin ait grandi depuis deux, ans ?
Cependant, si le sens interrogatif n’est employé que pour affirmer, ou nier avec plus d’énergie, ou tien dans. l’intention de s’informer , si la personne qu* on interroge , a connaissance d’une chose qui est arrivée, qui est certaine, et sur le compte de laquelle on n’a aucun doute , on met le verbe subordonné à T Indicatif .
• Exemples.
Savez-vous que voire ami ïst à Rome depuis lundi ?
Avez-vous remarqué que voire cousia a ohanjii depuis deux ans ? (i)
(i) C’est d’après ce principe que Boileau a dit :
CroU-tu que , toujours ferme au bord du précipice ,
Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse ?
D’après cela nous ne pouvons confondre ensemble, les locutions.
Croyez-vous qu’il le fera ?
Croyez-vous qu'il le fasse?
Selon l’exactitude de la langue , elles sont très - différentes , quoiqu’on ait coutume de les confondre.
Lorsqu’on dit:
. f. XIX.
II arrive que pour donner plus de vivacité r et par conséquent plus de rapidité au discours, on commence une phrase par un verbe au Sub jonctf ; dans ce cas il y a ellipse du premier verbe et de la conjonction que ; car , comme nous l’avons prouvé jusqu’à l’évidence , le Subjonctif ne peut être le mot d’affirmation que d’une proposition subordonnée à une autre , et , dans ce cas , on sous-entend toujours un des verbes je désire , je souhaite , je voudrais , etc. pré cédés de la locution quand même , exprimée ou sous-entendue.
Exemples.
Düt*-ï7 m'en coûter lavieA et dussiez -vous être ruiné,
je me vengerai .
C’est comme s’il y avait , quand même il de vrait , etc.
Puissiez-vows remplir la promesse que vous m'avez
faite .
Croyez-vous qu’il le fera ? On affirme, par cette locution, qu’on est persuadé quil ne le fera pas ; c’est comme si l’on disait:
Êtes-vous assez simple pour croire qu’il le fera ?
Au contraire , en se servant de la locution ,
Croyez-vous . qu’il le fasse ? On marque par là qu’on doute véritablement s’il le fera , et c’est comme si l’on disait:
Je ne sais s'il le fera , qu’en pensez-vous ?
Ce que nous- venons de dire ici du ver^e faire , peut s’entendre également de tou*, les autres verbe».
Puissiez- vous est ici pour je désire que, etc.