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Si le sens de la proposition principale est négatif, le verbe de la proposition subordonnée doit toujours être mis au Subjonctif y parce qu’ alors il y a de sous-entendu un des verbes nier , vouloir , défendre , etc. , et nous avons déjà dit que ces. verbes gouvernaient le Subjonctif « •
Exemples.
Il n est pas vrxii que le Roi de Naples aille à Londres.
Je ne crois pas qu’il suisse y avoir de véritable amitié hors de l’égalité.
Je n'ai jamais pensé qu’un égoïste put* être utile à la société.
Il ne m*cst pas agréable que mon frère vienne ce soir.
En effet, lorsqu’on dit il nyest pas vrai que etc., on sous-entend le verbe nier 5 car c’est comme si l’on disait : je nie quyil soit vrai; mais , par urbanité , et pour donner plus de douceur au langage, on cache, sous Ja. forme impersonnelle, la nature du sujet qui n’ose se montrer à cause de la compréhension de son attribut , en le représentant grammaticalement , par l’indéfini absolu il, et en rendant la proposition ènonciative , pour déguiser, sous la forme d’un verbe qui ne marque ni action ni passion, les verbes nier / vouloir ,
défendre , etc., qui ne sauraient se présenter dans le discours, sans blesser ceux qui sont l’objet de leur affirmation. , \
§. XXL
Enfin, après avoir exploré tomes les locution? de la langue française , je n’ai pu en trouver qu’une seule où le verbe de la première proposition fût au Subjonctif , comme le verbe de la seconde ; mais c’est qu’alors il y a ellipse du verbe sujet, ou principal, employé négativement^ et, sans doute, c’est ce que veut signifier la présence des privatifs absolus point, rien,, personne , etc. , qui accompagnent toujours le premier Subjonctif , pour rappeler à l’esprit un antécédent sous-entendu , qui ne peut-être qu’ un des verbes penser, croire, présumer, etc.
Exemples.
Je ne sache romi de méthode qui soit plus rapide , pour transmettre les premiers élcmens d’un art quelconque, que celle de l’enseignement simultané.
Je ne sache juin qui soit plus digne de notre orgueil que la vertu.
Je ne sache (1) personne qu'on tvissb vous comparer.
(1) Je ne sache personne , pour je ne connais personne ; ne peut se dire qu’en parlant familièrement. De la même manière, on peut dire, en parlant de quelqu’un, je le sais par cœur, pour je le connais parfaitement, Quoique le Yerbe transitif savoir ne puisse avoir pour
En comparant la structure grammaticale de la première phrase , avec ce qu’elle a en vue de signifier , nous reconnaîtrons facilement l’ellipse du premier verbe sujet, je pense ; car c’est comme s’il y avait ; je ne panse point que je sache , ou plutôt que je connaisse. 11 est bon de faire remarquer ici, que le verbe savoir , dans cette locution , prend accidentellement l’acception de
régime direct ou objectif, un nom de personne , il n’en e .t pas moins vrai de dire que le verbe connaître, qui, souvent s'emploie pour savoir , en parlant des individus, ne saurait en r-procioire à l’esprit toute la compréhension. C'est pour cela, sans doute, que, dans la liberté de la conversation, 1a raison veut quelquefois reprendre ses droits sur les convenances grammaticales.
Connaître renferme un attribut qui a moins de compréhension, et par-conséquent plus d étendue que celui qui se trouve renferme dans savoir ; en elüst on ne peut savoir une chose sans la connaître , taudis qu’on peut toujours bien la connaître sans la savoir.
Après avoir appliqué mon âme aux objets extérieurs , pour les' sentir, je la retire au dedans de moi pour les considérer, les comparer, les coknaîtrs ( J. J. Rouss. ).
D'après cet exemple, connaître c'est acquérir des idées , des images, des portraits, en leur.comparant, après les avoir bien considérés, les objets qui en sont les originaux.
lin coeur droit est le premier organe de la réarrà ; celui qui n jt ries serti ne sait rien; U ne fuit que flotter d'erreurs en erreurs ; il n'acquiert qu’un vain seront. { J. J. Rouss. ) D’après le même auteur , il semblerait que savoir, c’est acquérir la connaissance des mêmes idées ou images qui constituent connaître , plus les diflérens rapports renfermés dans chacun des jugemens ou propositions dont elles sont les élémens, pour en former la pensée, d’où la vémré ou la sciekce peuvent seule émaner. Ainsi, connaître est à savoir, ce que perce voir est h penser. Percevoir c’est acquérir des connaissances , comme penser c’est acquérir du savoir , etc. - - ' ’ ■
connaître , qui ne peut être confondue avec celle du premier ; puisque savoir , suivant la signification qui lui est propre , veut dire avoir la science y ou la connaissance théorique ou pratique dCun objet quelconque . Ainsi , dans les exemples ci-dessus , connaître n’a pris la forme de savoir , que pour donner plus de force et de compréhension à l’attribut renfermé dans l’affirmation marquée par le premier Subjonctif , dont l’objet est d’exclure le doute et d’entraîner à la conviction ; ce qu’on ne saurait faire av ec le verbe connaître , dont l’attribut ne peut comprendre sous lui d’autres idées partielles ou modes, que ceux renfermés sous les dénominations, images, idées, notions, connaissances , qui servent à représenter, dans le discours, les différentes perceptions de notre esprit , sans rien spécifier de leur nature et de leur divers rapports, puisque ces secondes perceptions , jointes aux premières, constituent essentiellement la compréhension de l’attribut renfermé dans savoir , qui, conséquemment, doit avoir moins d’étendue que celui de coi 2naître , . puisqu’il réunit sous lui un plus grand nombre d’idées partielles ou mode qui le font passer dans une classe ^inférieure en nombre; en effet, il y a moins de savans que de gens qui possèdent des connaissances .