‹ De l'esprit du subjonctif dans la langue française, ou Analyse logique, grammaticale et philosophique de ce mode, comparé à l'indicatif, etc. Ouvrege indispensable ... Par Charles Appert, professeur de BellesLettres ... Dédiée à l'Académie françaiseChapitre 22 sur 44 · il · texte numérisé non relu

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. Les locutions prépositives à moins , de peur , de crainte , etc., suivis de la conjonction que, gouvernent le verbe qui s’y rapporté , au Subjonctif , en plaçant avant lui l’explétif NE, pour donner plus de force à V affirmation , et fixer 1* esprit sur ce qu’il a en vue.

Exemples.

A moins que vous ne preniez bien votre temps , vous n'en viendrez pas à bout.

Cachez-lui cet évènement affreux , de peur qu ‘i\ n'en prenne trop de chagrin.

De crainte que le maître ne vienne, je vais me mettre à ma place.

Il est évident que les locutions prépositives à moins que , de peur que , de crainte que , dans les exemples ci-dessus , sont de véritables con-

tractions renfermant seulement les rapports essentiels des jugements ou propositions qu’ elles sous ■< entendent. C’est ainsi , que pour apporter plus de variété ou de vivacité dans les formes du discours , et lui donner autant que possible , la rapidité de la pensée, on représente la proposition tantôt par les idées ou termes qui la composent , en sous-entendant les mots ou particules essentielles qui en indiquent les rapports ; et tantôt par ces mêmes particules essentielles au discours, en contractant , par des locutions prépositives, les deux termes du rapport qui constituent l’objet matériel de la pensée. Ainsi nous entendons par fête-dieu, une fête particulière consacrée à Dieu ; et de la même manière de peur que peut signifier car je crains que , etc. La particule explétive ne , qui marche en tête du verbe , subordonnée au Subjonctif , est un signe de réméniscence pour le verbe craindre, qui prend toujours cet explétif après lui , comme je crains qu’il ne vienne (1).

§. in.

Les conjonctions et locutions conjonctives qui

(1) L <*s Latin* avaient cet explétif, et comme lea Français , ils l’employaient pour donner plu* de force et de compréhension l’attribut de 1'alhrmatioii principale , timto i;n veniat.

suivent , régissent également le Subjonctif et Vindicatif y en voici le tableau:

tellement sinon de sorte en sorte

que.

de manière

de façon »

de telle sorte si ce n’est

que .

1. ° Lorsque le verbe de la proposition subor-^ donnée ne marque aucune affirmation , mais bien une vue de l’esprit qui tienne du doute , du souhait ou du commandement ; il se met . au Subjonctif s’il est précédé d’une des conjonctions ou locutions ci-dessus.

2. ° Mais , si dans l’emploi du second verbe on a en vue une affirmation positive y on doit toujours se servir de V Indicatif

Exemples.

Subjonctif.

Doute , souhait , commd.'

Conduisez-vous de telle sorte que vos parens soient contons de vous.

N’allez pas chez lui, si ce n’est que votre sœur vjum.j,e vous y conduire.

Faites cela ; mais , cependant , de sorte que je ruissE en être satisfait.

Terminez ce différent à l’amiable,er de façon qu’aucune des parties ne soit lésée.

Indicatif.

//ffirmations positives .

Vous vous comportez de telle sorte qu’on kst mécontent de vous.

Je ne sais rien, si ce n’est que votr - jeune frère est très-malade.

Vous avez bien mal écrit; de sorte que je n*Ai pas pu comprendre , etc., etc.

Nous avons terminé notre affaire à l’amiable , et de façon qu’aucune des parties ne sERjt lésée.

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