CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
SUR l'union a NOTRE-SEIGNEUR EN GENERAL
Toute la vie du chrétien, s*il vit selon la grâce de son Baptême, est une tendance habituelle à l'union avec Dieu. Cette union est sa fin unique et nécessaire. La grâce sanctifiante reçue au saint Baptême en est le premier degré ; le dernier ne sera atteint qu'au Ciel, dans la claire vision de Dieu, dans la possession béatifique.
Mais en quoi consiste précisément et formellement notre union avec Dieu ? Elle consiste (et il n'est absolument pas possible qu'il en soit autrement) elle consiste, disons-nous, uniquement dans l'union à Notre-Seigneur Jésus-Christ; et cela est vrai non-seulement parce que Notre-Seigneur est Dieu lui-même, mais encore, parce qu'en temps qu'Homme Dieu, il est seul la Voie, la Vérité et la Vie. Il est la Voie et l'unique Voie, parce que ce n'est que par Jésus-Christ que nous pouvons arriver à l'union divine. Il est l'unique Vérité, parce que c'est en lui que se réalise et s'accomplit notre union avec Dieu, Il est la Vie enfin, puisque c'est la communication qu'il nous fait de lui-même, laquelle communication est la vie de notre âme, qui constitue notre union avec Dieu.
Ainsi en un sens îrès vrai, Jésus-Christ en tant qu'Homme-
Dieu constituant seul notre union avec Dieu le Père, est notre véritable fin. Donc, une fois réalisée notre union avec Lui, nous n'avons plus à chercher, nous sommes au terme C'est l'enseignement de saint Augustin : « Jfîsus-Christ est notre fin, dit-il, et pourquoi? Ce n'est certainement point parce qu'il consume, mais parce qu'il consomme. Consumer c'est détruire, tandis que consommer, c'est accomplir, c'est perfectionner. Notre fin est donc Jésus-Christ; car plus nous faisons d'effort pour nous unir à Lui, plus aussi nous nous perfectionnons en Lui et par Lui. Notre perfection est de parvenir à Lui par la Charité. Quand vous y êtes parvenus, vous ne cherchez pas davantage. Il est votre fin^ »
Voilà de profondes paroles. Or, elles renferment non seulement un magnifique enseignement doctrinal, mais encore une vérité éminemment pratique. Elles nous apprennent que dans tous les temps de notre vie spirituelle, au commencement de notre conversion, à l'époque oii nous nous afi'erraissions dans la vertu, comme plus tard dans les exercices et les œuvres saintes de la vie parfaite, nous ne devons jamais perdre de vue Notre-Seigneur Jésus-Christ, ses mystères, ses leçons, ses exemples. Du reste, écoutons le saint Docteur le dire lui-même expressément à la suite du texte que nous venons.de citer. « De même, dit-il, que la fin du chemin que l'on fait c'est le lieu ou l'on va, de sorte qu'une fois arrivé
1 s. Au!»ust. in ps. Lvi (Patrol. lat., t. XXXVI, col. 662) : Finis Christusest. Quare dictus est finis f non qui consumât, sed qui consummet. Consumere inimverdere est ; consummare, perficere... Finis ergo propositi nostri Chris- '.us est; quia qiianlumlibel conemur, in illoperftcimuret ab illo perftcimur; ît hcec est perfcctio nostra ad illum pervenire, Sed cum adillum pervenevi» ihra non quceris : finis tuui est.