CHAPITRE VIII
ÉPREUVES QUI îsOUS VIENNENT DIRECTEMENT DE NOS SUPÉRIEURS
L'Esprit-Saint dit au livre de l'Ecclésiastique ces belles paroles ;
« La Sagesse marche avec celui qui s'est confié à elle, et elle le fait entrer dans la tentation, et elle le choisit entre les premiers pour l'éprouver.
« Elle le conduit ainsi dans In crainte et dans les épreuves et elle l'exerce par les peines dont ses instructions sont ordinairpHient occonipngn/-es, jusqu'à ce qu'elle l'ait
i Partie III. traité 1, ch. l'.i et IV.
LE NOVICtAT 148
sondé dnhs ses pensées et qu'elle se soit assurée du fond de son âme.
« Alors, si elle le trôiive lldrle, elle l'cifTermira elle lui rendra sa vidie plUs facile fet elle le remplira de joie^ »
Ces paroles semblent avoir inspiré les Fondateurs d'ordres, dans les règles qu'ils ont écrites, et dans la conduite qu'ilé ont fétiu'e à l'égard de delix qUi demandaient à entrer dans leUl'S conirtiunàutés; et de fait, un des commentateurs de l'Ecriturb les plus consultéSj Corneille Lapierre, rappelle à propos du premier verset, ce qui était d'usage dans les monastères de l'Orieht, pour éprouver la vocation des novices et les fortifier dans la vertu. Nous allons bientôt citer les paroles déCassien, qu'il rapporte dans son commentaire.
Ce que nous avons à dire paraîtra peut-être étrange aux personnes qui h'dnt pas connaissance des traditions de la vie Religieuse, depuis le commencement de son institution, et qui, h'ayant d'autres idées de cette vie parfaite que par les adoucissements introduits par le malheur des temps, s'imaginent qu'il y aurait exagération à revenir aux observances anciennes, et trouvent celles-ci impratiquablesdans un siècle tomme le nôtre. Cependant, les anciens n'ont pas été déjpDurvUs de sagesse. Saint Pacôme en particulier, dont '♦lous allons rappeler la règle, reçut cette règle de la main d'un ange. L'Evangile, les conseils évangéliques sont toujours les mêmes; notre propension à l'orgneil et à la sensualité est toujours la même aussi. Pour justifier l'oubli que l'on fait qUeliuefois des austèl-es pratiques des anciens et des moyens énergiques qu'ils prenaient pour arriver à faire
■*■ «etli., iv^ 18-20.
mourir la nature dans les jeunes religieux, il faudrait prou* ver que, grâce à la civilisation et à la politesse de nos mœurs, nous avons une nature meilleure, plus docile à la voix de Dieu ; que pour nous la vertu est plus facile, et qu'av ec moins d'efTorts nous atteignons aussitôt les sommets de la perfection.
Oh I qu'heureuses, au contraire, et sages et bien inspirées sont les communautés récentes, qui ont puisé dans l'antiquité religieuse, dans les règles des anciens Pères, dans les maximes et la conduite de ces hommes fameux par l'héroïque sainteté de leur vie, l'esprit de force, de prudence, de vérité, qui les animait, et qui seul, donne aux institutions leur vraie solidité! Et heureux le novice qui trouvera sa consolation à la lecture de ce qu'ont fait ses devanciers, et n'aura qu'un désir : posséder leur esprit d'abné^ration et marcher sur leurs traces!
Nous venons de nommer saint Pacôme. Ce grand saint, qui naquit dans les dernières années du troisième siècle, a toujours, été considéré comme le vrai fondateur des ordres céuobitiques^, et sa règle, qu'il reçut d'un ange, a été trouvée si belle, qu'on peut assurer qu'elle servit de modèle et même de fondement à toutes les autres règles monastiques, tant en Orient qu'en Occident. Voici ce que nous apprenons de la conduite qui était observée à l'égard des novices, soit par le texte même de la règle du saint, soit par les écrits de Cassien, qui avait visité les monastères établis par saint Pacôme, pour en connaître et en décrire ensuite les usage.s
* Cénobitiques , c'est-à-dire des ordres dont les Religieux vivaient ensemble dans des monailères, paropposilion au nom d'anachorètes, donné aux Religieux qui vivaient isolément, comme saint l'aul, premier ermite, dans le dcsvrt.
Quoique les moines de Tabenne (c'étnit le nom de l'ordre de saint Pacôme) fussent en très grand nombrej, il ne faut pas croire qu'on admettait sans choix et sans épreuves, tous ceux qui demandaient à être reçus. Quand quelqu'un se présentait à la porte du monastère, sollicitant la faveur de devenir Religieux, on ne l'introduisait pas d'abord dans l'intérieur; mais après en avoir donné avis au Supérieur, on le laissait dehors pendant quelques jours, pour s'assurer de sa bonne volonté, par la persévérance avec laquelle il supporterait cette épreuve et continuerait de solliciter son admission. Cassien dit dans son livre des Institutions monastiques'^j que cette épreuve durait au moins dix jours, et, que, durant tout ce temps, le postulant était obligé de se prosterner aux pieds des frères qui passaient, et que ceux-ci devaient le rebuter avec des reproches humiliants et des paroles rudes, tant pour éprouver si son désir était sincère que pour voir s"il serait humble, patient et ferme dt us son épreuve.
Durant les premiers temps, on examinait avec soin quel motif l'amenait à la Religion. On lui demandait, toujours conformément à un article de b règle^, s'il était bien résolu à quitter sa famille, ses bie"3s et tout ce qui était au monde. Après cela, on commençait à l'instruire des diverses obligations de la vie Religieuse. C'était les portiers qui étaient chargés de lui donner les premières instructions. Enfin, on le revêtait de j'habit de novice. Mais Cassien dit qu'il n'était pas pour cela admis à la société des frères; il devait de-
1 Saint PacAme avait ?ous sa direrlioii au mo-ns douze mille Religieux. — i Lib. IV, ch, m. Le texte e«t daiiS Coru. à Lap. io Eccli., iv ,18. — -^ Reg S. Pac., art. :26.
meurer encore un an entier sous la conduite d'un portier, pour qu'il s'exerçât à rhumilité et à la patience, en servant, sous la direction de ce religieux, les hôtes et les étrangers.
On remarque, en outre, dans la vie de saint Pacôrae, que ce célèbre fondateur ne recommandait rien tant aux novices que le renoncement à leur volonté, à leurs lumières particulières et à leur propre jugement, et que, pour les amener à la pratique de cette obéissance aveugle, il voulait que Ton combattit en toute occasion leurs désirs et leurs inclinations, et qu'on leur oommandât quelquefois des choses qui en apparence choquaient la raison, mais qui leur servaient à acquérir la sagesse évaogélique*.
On dirait que la plus grande préoccupation de ces hommes de Dieu était de faire mourir la nature dans les jeunes Religieux. Mais c'était aussi ia préoccupation de leurs fervents novices, comme on peut le voir par ce que nous raccontent les plus anciens historiens. Saint Athanase, qui était contemporain de saint Pacôme, dit que les solitaires s'ingéniaient à trouver des Supérieurs d'humeur difficile et fâcheuse, qui les traitassent durement, et que plus ces Supérieurs se montraient sévères plus ces humbles religieux étaient prompts à lui obéir^.
Nous voyons un exemple mémorable de l'esprit des anciens, au sujet de la formation et de la direction des novices, dans ce qui se passa à l'arrivée de saint Arsène au désert On sait quel est le rang éminent que cet illustre solitaire avait occupé dans le monde. Il avait été chargé par Théodose le
1 Vies des Pères du désert, liv II, cb. v. — a Cité par Rodriguez, 111' parlie» xaité V, cb. VIU.
Grand de rédiicntion des deux princes Arcadiiis et llono» rius, qui devaient être plus tard empereurs, l'un de Constantinople, et l'autre de Rome; et la réputation de l'autorité d'Arsène, à la Cour de Tliéodose, était telle qu'on l'appelait communément le père des empereurs. Enfin il fut touché d'une grâce particulière, et il résolut de quitter la cour avectoutes ses pompes, et de se rendre au désert de Scété pour y mener la vie austère des anachorètes. .Mais à son arrivée, grand fut l'embarras des anciens pour savoir à qui des solitaires du désert ils s'adresseraient, afin qu'il fût formé aux vertus monastiques. Il n'était pas aisé, en effet, de trouver un maître h celui qui l'avait été des enfants des maîtres du monde. Ils se consultèrent donc entre eux, et enfin ils jetèrent les yeux sur le vénérable Jean le Nain.
Jean le Nain était un des solitaires de Scété les plus estimés pour la sainteté de sa vie. 11 avait été formé aux vertus religieuses par un vieillard, qui n'avait rien négligé pour détruire en lui tout levain d'amour-propre; et jeune encore, le saint avait eu à passer par les plus rudes épreuves du noviciat. Nous devons raconter un peu plus loin, au chapitre xiv de ce second livre, ce qu'imagina l'austère et saint vieillard, pour rompre la volonté de son novice et faire mourir en lui tout jugement humain. La réputation de sainteté de Jean le Nain n'avait fait que grandir depuis.
Les anciens, accompagnés d'Arsène, se rendirent donc à la cellule du célèbre solitaire, et lui présentèrent le nouveau venu. Ils lui parlèrent ensuite, en secret sans doute, de ce qu'il avait été dans le monde, à la cour de l'empereur, de ses qualités, de la ferveur avec laquelle il demandait à être admis parmi les frères, et des espéi-ances que tout ie monde
concevait. Jean le Nain ne parut pas faire grand cas, soit de l'arrivée d'Arsène, soit de tout ce qu'on lui racontait d'élogieux sur son compte. L'heure du repas arriva; il fit dresser la table, invita les solitaires à s'asseoir et ne dit rien à Arsène qu'il laissa debout. Le repas commence et se continue, et il n'offre rien d'abord à son nouvel hôte. Mais à la fin prenant un morceau de pain qui était sur la table, et, faisant un geste comme s'il l'avait jeté à un chien, il le lance au milieu de la cellule, en disant froidement à Arsène qu'il pouvait le manger s'il avait faim. — Mais, voici le triomphe de l'humilité! Arsène se met à terre et, marchant comme aurait foit un animal, s'approche du pain, le prend avec la bouche et le mange.
A la vue d'un acte de vertu si héroïque, Jean le Nain se réjouit dans son cœur, et dit aux solitaires : «Vous pouvez, mes frères, vous en aller avec la bénédiction du Seigneur. Priez pour nous. Je vous assure que celui-ci est propre à la vie religieuse ^ »
Quels hommes !... Nous convenons volontiers qu'il ne serait pas prudent de se conduire ainsi, à l'égard de tous les novices. Non 1 c'est le cas de rappeler le mot de saint François de Sales : « Cette conduite est plus admirable qu'imitable. » Mais si le procédé est extraordinaire, étrange même si l'on veut, l'esprit quienest le "principe estsaiut; et il ne faut pas s'imaginer qu'il soit suranné, qu'il ne soit plus bon pour notre époque. Il a fait les grands religieux des premiers siècles, il fera les grands religieux de tous les temps.
Du reste, ces traditions se sont toujours conservées dans
Vies du Pires, Ut. IV, ch. xvin.
les ordres monastiques qui sont venus après, et elles sont vivantes aujourd'hui comme alors dans les communautés ferventes. Nous avons un écho de ces traditions primitives, dans les paroles de sainte Jeanne de Chantai, parlant à ses filles de la Visitation, dont l'esprit propre semblerait pourtant devoir s'éloigner de cette manière de concevoir la formation des novices. Elle dit, en parlant de la maîtresse des novices dans ses admirables Réponses : « Le noviciat est le vrai temps de bien former les novices dans la perfection religieuse. Elle doit leur faire faire des épreuves devant la communauté; qu'elle les fonde bien dans les vertus solides; qu'elle les rende souples comme un gant; qu'elle les dépouille et détache de tout, rompant à tout propos leurs inclinations, volonté et jugement. Voilà les bonnes mortifications qu'elle doit leur faire pratiquer continuellement deux ans durant, et le tout avec esprit d'amour*. >
Mais voilà le trait qu'il ne faut pas oublier : « Le tout avec esprit d'amour 1 » Le maître ou la maîtresse des novices s'en souviendra, afin de ne jamais humilier, corriger, éprouver que par amour; par amour pour Dieu, à qui il faut former des enfants qui lui ressemblent; par amour pour Notre- Seigneur, à qui il faut préparer dans chacune de ces âmes «ne épouse digne de lui; par amour pour ces âmes : c'est le conseil du Saint-Esprit qui nous apprend que le principe de toute correction, de tout châtiment infligé à un fils doit être l'amour^. Oh ! oui! répétons bien avec l'admirable fondatrice de la Visitation : « Le tout avec esprit d'amour; » — les
1 Réponse sur la Conalitution xxxui. — ^ EccH., xxv, 1 : Quidiligit fUium *uum assidual illi flagella.
réprimandes, les dures épreuves, les ordres et les contreordres, l'exercice constant de cette jeune âme, en qui il faut absolument détruire la vie de nature, le misérable moi, et faire régner ^t triompher la grâce. L'éducation religieuse ne saurait avoir un autre but; et notre pauvre fonds pervers et corrompu une fois connu, il n'est pas possible de prendre un autre moyen que celui de l'humiliation à temps et à contretemps, de l'épreuve en toute occasion, et surtout de celle qui va directement à ce but : la mort du vieil homme et la vie du nouveau en nous:... « Le tout avec esprit d'amour. »
Mais le novice aussi se souviendra de cette bonne parole. L'amour est la bénédiction universelle que Dieu nous a donnée pour accommoder toute chose seloQ son bon plaisir et pour notre plus grand bien. « L'amour est une grande chose, dit l'auteur de Y Imitation, c'est un bien tout à fait grand. Lui seul rend léger tout ce qu'il y a de pesant et supporte avec égalité les inégalités de la vie; car il porte son fardeau sans en sentir le poids, et il rend doux et agréable tout ce qui est amer*. >
Cet amour, c'est l'amour de Jésus crucifié et Victime d'amour, pour lequel l'âme généreuse est prête à tout supporter. Et Lui-même, ce qu'il aime le plus, c'est l'oblation de nos humiliations et de tout ce qui nous établit devant lui dans cet anéantissement qui est notre vraie place et notre juste condition, puisque nous sommes victimes avec Lui.
Ainsi, le jeune novice aimera, en esprit d'amour, tout ce qui est de nature à l'abaisser et à l'anéantir à ses pro|)res yeux, et aux yeux de ses Supérieurs.
I Uv. m, cb. V,
Un jour, on le recevra avec un visage froid ; on aura l'air pressé, quand il aura beaucoup h dire, bien des peines à ré- Téler; il semblera qu'on ne reçoit ses coramunications qu'avec indifférence ou avec effort.
Une autre fois, on lui donnera une décision qui semblera contraire à celle qu'on lui avait donnée la veille. On lui commandera, sans égards pour ses attraits, ses goûts, ses aptitudes, son terapéramentj une œuvre à faire, qui est à rencontre de tout cela, et on lui ôtera un emploi qui lui allait à merveille.
II avait pour compagnon d'emploi, de travail, etc., un novice dont les manières, l'éducation, la piété faisaient les délices de son noviciat : on l'associe à un autre qui lui est, sous tous les rapports, tout ce qu'on peut imaginer de plus antipathique. Plus de paix, plus de douceurs spirituelles, plus d'émulation pour la pratique de la règle et des vertus religieuses.
Il est souffrant : on a l'air de ne faire aucun cas de soa incommodité. On n'a pas même gardé les lois les plus ordinaires de la politesse.
Un de ses parents est venu. On l'a traité sans attention;
un des frères convers a été même peu convenable Or,
notre cher novice, déjà si éprouvé, a vu ou a su tout cela, fit son cœur a été ulcéré ; la blessure a été vive et douloureuse, et voilà que, lorsqu'elle saignait encore, et qu'en toute simplicité il allait en parler au maître des novices, celui-ci a froidement cité la parole du Deutéronome : « Ceux qui ont dit à leur père et à leur mère : Je ne sais pas qui vous êtes, et à leurs frères : Je ne vous connais pas, et qui ont méconnu leurs enfants, ceux-là, Seigneur, ont gardé
VOS commandements et sont demeurés fermes dans votre alliance'. »
Pauvre novice !... Voilà donc ce qui vous attendait dans la vie religieuse ! Vous aviez dit peut-être, comme cette religieuse que saint François de Sales met en avant dans un de ses entretiens spirituels : « Je pensais qu'il suffisait, pour être une bonne Religieuse, d'avoir le désir de foire oraison, avoir des visions et révélations, aimer la lecture des bons livres. Et quoi ! j'étais si vertueuse, ce me semblait, si humble et si mortifiée; tout le monde m'admirait. N'était-ce pas être bien humble que de parler si doucement à ses compagnes des choses de dévotion, raconter les sermons étant chez soi, traiter doucement avec ceux du logis, surtout quand ils ne contredisaient pas?
Le bon saint répond : « Certes, mes chères filles, cela était beau pour le monde; mais la religion veut que l'on fasse des. œuvres dignes de sa vocation, c'est-à-dire mourir en soi-même à toutes choses, tant à ce qui est bon et à notre gré qu'à ce qui est mauvais et inutile. >
Ainsi donc, courage et patience, jeune novice ! Il faut à tout prix mourir, mourir à la vje de nature, mourir au détestable moi. Il faut que le mauvais sang sorte ; il faut que l'abcès soit percé et que la pourriture qu'il contient soit jetée dehors; il faut vomir le venin de l'amour-propre. Il faut nécessairement tout cela. Dans le monde, vous n'y pensiez pas. Le noviciat vous a ouvert les yeux sur le mal qui vous dévorait, ou qui paralysait l'action de la grâce en vous. Acceptez donc le bien qu'il veut vous faice. Ne craignez plus
t Deufer., xxxui, 9.-2 Entr. xxr.
le coup de înncette qui perce l'abcès, et lo remède amer qui purifie le sang. Acceptoz avec cette apparence de mort la vie de Jésus-Christ, et bientôt, béni Enfant de Dieu, « qui semez dans les larmes, vous moissonnerez dans la joie^ »
CHAPITliE IX
lA PASSION DOMINANTE
La passion dominante est une disposition Intérieure qui nous incline au mal, et qui nous y incline plus fréquemment et plus violemment que toutes les autres.
C'est en elle que se ramasse, pour ainsi dire, la plus grande force de la vie du moi. Celle-ci se révèle et agit par toutes les passions de Tâme, mais elle semble avoir mis sa principale vigueur, sa plus puissante énergie, dans la passion dominante. Si l'on comparait cette vie à un arbre, il faudrait dire que la passion dominante en est la branche la plus forte, la plus vivace et la plus chargée de fruits, — de fruits de mort.
Il faut donc nous en occuper, ce sujet venant si naturellement, du reste, après ce qui a été dit précédemment. Il n'y a pas de progrès possible, dans la vie spirituelle, sans une
« ra.^ cxxv, S.
154 LIVRE DEUTIÈME
lutte sérieuse et constante contre ce mortel ennemi C'est l« sentiment unanime de tous les maîtres de la vie clirétienne, depuis les anciens des solitudes de Nitrie ou de Scété jusqu'aux ascétiques de notre temps qui ont écrit sur ce sujet. Il faut dire ici quelles sont ses ruses et sa malice, — comment chacun arrive à discerner quelle est sa passion dominante, — et comment enfin on la combat et on en devient victorieux.