‹ De l'esprit et de la vie de sacrifice dans l'etat religieuxChapitre 38 sur 115 · I. — Le manque de bon sens · texte numérisé non relu

I. — Le manque de bon sens

Le manque de bon sens rend incapable de la vie de communauté. Il est la source d'une infinité de misères, surtout si le Religieux arrive à occuper un certuin rang. On peut dire d'une manière générale qu'il vaudrait mieux avoir un peu moins de vertu et un peu plus de jugement, que certaines habitudes de vertu et peu de jugement. La vertu s'acquiert avec le temps et la bonne volonté. Le bon sens ne s'acquiert jamais. La grâce elle-même n'agit pas ou presque pas sur cet incorrigible défaut. Aussi les fondateurs

1 A proprement parler, le manque de bon sens n'es", pas un défaut de caractère, mais une infirmité inlellccluelle. Ne voulant pa-; le passer sous silence, nom m parlerons ici, parce que nous n'aurons pas l'occasion de le faire ailleun.

d'ordre et tous ceux qui ont traité des qualités nécessflires au novice sont inexorables sur ce point. Ecoutons sainte Térèse :

« Il ne faut point recevoir les filles qui manque de bon sens, parce qu'elles ne seraient pas capables de comprendre les bons avis qu'on leur donnerait. La plupart de celles qui ont peu d'esprit croient toujours savoir mieux que les plus sages ce qui leur convient. Ce mal me semble incurable, parce qu'il arrive rarement qu'il ne soit pas accompagné de quelque malice. Quand le bon sens manque, je ne vois pas en quoi une fille pourrait être utile à la communauté ; mais je vois bien qu'elle pourrait lui être fort nuisible ^ »

Rien de plus exprès. — Mais il y a des degrés dans ce défaut déplorable : et on conçoit que l'on puisse admettre un frère convers ou une sœur converse qui, n'ayant que peu de bon sens, ne pourrait exercer aucune influence fâcheuse dans la communauté.

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