V. — Le caractère inquiet et toujours agité
Le bon et indulgent saint François de Sales a dit ce qu'il pensait de ce genre de caractère. Ses dignes filles de la Visitation d'Annecy lui avaient demandé son avis à ce sujet, et il répondit en ces termes :
« L'on me demande, en premier lieu, s'il se trouvait une fille qui fût fort sujette à se troubler pour de petites choses,
« li, Cor., IX, 17.
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et que son esprit fût souvent plein de ciirgdn et d'inqiuetime, et qu'elle ne témoignât parmi cela guère d'amour pour sa vocation, et que néanmoins cela étant passé, elle promit de faire des merveilles, qu'est-ce qu'il faudrait faire? Il est certain qu'une telle fille, étant ainsi changeante, n'est pas propre pour la religion. L'on ne sait, dites-vous, si cela procède faute de volonté de se guérir, ou bien qu'elle ne comprenne pas en quoi consiste la vraie vertu. Or, si, après lui avoir bien fait entendre ce qu'il faut qu'elle fasse, elle ne le fait pas, il faut la congédier ^ »
Saint François de Sales ne veut donc pas de ces personnes qui se troublent outre mesure, quelle que soit la cause do leur trouble.
On comprend, en effet, qu'un esprit inquiet et habituellement agité de diverses pensées, soit du monde, soit de luimême (préoccupations d'araour-propre, «excessive tendreté, tant pour l'esprit que pour le corps, » comme dit encore notre aimable saint, scrupules naturels et volontaires par défaut de souplesse de volonté) on comprend , disons-nous, qu'un esprit de ce genre est non-seulement son propre tourment, mais le tourment de ses Supérieurs et des personnes avec qui il vit. Il est donc peu propre, s'il ne se corrige sérieusement, à la vie de communauté; mais il faut soigneusement observer si cette inquiétude tient au fond du caractère ou à quelque tentation. Dans le dernier cas, il j aurait piug d'espoir d'amendement
1 Entretiens siuriiucit>. xvu.
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