‹ De l'esprit et de la vie de sacrifice dans l'etat religieuxChapitre 43 sur 115 · IX. — Le caractère singulier · texte numérisé non relu

IX. — Le caractère singulier

Le caractère singulier est extrêmement varié dans ses actes, ses tendances, ses prétentions, sa conduite en un mot. Mais il est, dans tous les cas, peu propre à la vie parfaite. Sainte Térèse dit d'une manière générale, en parlant h ses filles : « Fuyez toujours la singularité autant qu'il est possible, parce que c'est un mal fort dangereux dans un monastère*. »

La singularité qu'il est surtout nécessaire de combattre sans pitié, est celle de la dévotion. C'est une véritable invention de l'esprit de mensonge et de malice, pour la ruine

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des âmes et ensuite des communautés, si ce mal devenait contagrieux. Tous les saints ont eu l'œil ouvert sur ce point et ont été impitoyables ; ils ont eu tellement à cœur d'écarter ce fléau de leurs instituts, que, lors même que la singularité venait notoirement de l'action du Saint-Esprit (ce qui n'est pas impossible), ils ont mieux aimé perdre pour leurs instituts d'excellents sujets, des saints même, que de les garder au préjudice de la vie commune. C'est ainsi que le grand saint Pacôme renvoya de son monastère saint Macaire, homme éminent en sainteté, parce qu'il craignait que la vie extraordinaire qu'il menait ne nuisit à la régularité. Pour la même raison, saint SimécB Stylite fut aussi renvoyé par son Supérieur du monastère où il était entré.

>fais dans les exemples que nous venons de citer, c'est r Esprit de Dieu qui animait ces illustres solitaires, saint Mac.iiro et saint S-iméon. Or, cela est rare et très rare; et pour uue àine qui sV'cnrte un peu de la vie commune par un niouvemont de la grâce, il y en a cent et mille qui ne sont conduites que par leur amour-propre. Oh! qu'il faut de fermeté, de sévérité même, pour extirper ce mal ! Si les grands saints de la ïhébaïde sont loués comme très sages et très prudents pour avoir renvoyé d'autres saints dont la vie était singulière, quelle ne doit pas être la rigueur dont doivent user les Supérieurs des maisons religieuses, quand il s'agit de sujets qui menacent de tout troubler, par les ridicules nventions de leur orgueil ou de leur sottise 1

Dieu donne toujours aux saints qu'il conduit par (Tes voioé extraordinaires une vraie répugnance (ce mot n'est pas trop fort) pour ces sortes de voies. Par conséquent, l'àme qui s'y complaît est invariablement la dupe du démou.

Le novice qui a fait hurableraeat son oblation, en l'esprit de JÉSUS Enfnnt, offert au temple par les mains de sa sainte Alère, ne tombera pas dans cette illusion misérable.

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