XI. — -1,6 caractère trop tendre sur soi-même
Ce caractère n'est pas sans rapport avec le précédent. Il semble aussi être moins dangereux. Cette tendreté extrême indique une grande faiblesse de volonté, mais ne paraît pas de nature à entraîner des inconvénients graves pour le salut de ràrae qui en est dominée; et cependant voyons avec quelle sévérité saint François de Sales traite ce singulier travers : « Vous dites encore, répond-il à ses filles, qu'il y en a de si tendres qu'elles ne peuvent supporter qu'on les corrige sans se troubler et que cela les rend souvent malades: or, si cela est, il leur faut ouvrir la porte; car puisqu'elles sont malades et qu'elles ne veulent point qu'on les traite, ni qu'on leur applique les remèdes propres à leur donner la guérison, l'on voit clairement que, faisant ainsi, elles se rendent incorrigibles et ne donnent point d'espoir
de pouvoir être guéries. Pour ce qui est de la tendreté, tant sur l'esprit que sur le corps, c'est l'un des grands empêchements qui soient en la vie religieuse, et partant il faut avoir un grand soin de ne pas recevoir celles qui en sont démesurément atteintes, parce qu'elles ne veulent point être guéries, refusant de se servir de ce qui peut leur donner la santé* »