‹ De l'esprit et de la vie de sacrifice dans l'etat religieuxChapitre 55 sur 115 · DERNIERS CONSEILS AU NOVICES · texte numérisé non relu

DERNIERS CONSEILS AU NOVICES

Nous terminons ce Livre deuxième par quelques conseils aux novices, que nous donnons sous forme de sentences. Ils seront comme la conclusion et en même temps le complément de ce qui précède. Nous nous sommes arrêté au nombre de trente et un, afin qu'ils puissent servir de sujet d'examen chaque jour du mois.

I. Demandez-vous souvent,' comme saint Bernard :« A quelle fin suis-je venu ici? Pourquoi ai-je quitté ma fa-

1 CeUe dernière cxprcsâion du saint Abbé, qui suppose que la perfection du Religieux est coiii[iaiubie à celle des Apôtres eux-iuômes, n'est pas rare dans Ic4 étriis des Pères. Saint Ucniaid en particulier semble se complaire à en moiilre} la vérité. Voyez (larnii les sermoii'^ De diveni» ksXXli, XXVll cl XXXVU ittUTOl» iat., t. CLXXXllI, col. W5, 013, CW).

lE NOVICIAT 233

mille, mon pays, le monde ?» Et vous répondrez : c Pour me convertir, pour devenir humble, doux, simple, obéissant, mortifié, prêt à tous les sacrifices : en un mot pour être une victime tout immolée au bon plaisir de Dieu et à sa gloire, en union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

II. Ne vous découragez jamais, jamais, jamais! Le découragement nous détourne de la voie du Ciel où nous sommes entrés par notre vocation, et c'est là un grand mal.

III. Avec votre Directeur du noviciat, soyez un enfant de cinq ans, par l'esprit de foi, la simplicité et l'obéissance.

IV. Quand un acte d'humilité, de patience, de mortification, d'obéissance, vous coûte beaucoup à faire, sachez qu'il est une grande grâce que vous offre la Bonté divine, et peut-être une de ces grâces décisives avec lesquelles on peut, comme par un vol rapide, parvenir à la plus haute perfection.

V. Dégagez-vous, dégagez-vous de vou.s-même. Le moi est notre plus grand ennemi.

VI. Ne dites jamais, pour vous consoler de vos fautes : c Je ne suis pas un saint ; » car il faut le devenir, avec les secours spirituels que la Religion vous fournit.

Vil. Ne perdez jamais volontairement une seule minute de votre temps.

VIII. Ne vous excusez jamais; mais, quand on vous ac-' cuse, que votre silence soit humble, simple et modeste.

IX. Observez en esprit de foi la maxime de saint François de Sales : c Ne rien demander, ne rien refuser. »

X. Attachez-vous avec force et vigueur à vaincre votre passion dominante.

XL A^ezuQzèle semblable contre vos défauts de caractère.

XII. Ayez une grande délicatesse de conscience et une obéissance entière à votre confesseur.

XIII. N'ayez jamais que des pensées de bienveillance pour chacun de vos frères, et vous aurez toutes les bénédictions des Cœurs de Jésus et de Marie.

XIV. Teuez-vous humblement et sincèrement aux pieds de chacun de vos frères. Vous avez tant de raison d'aimer et de garder cette place I

XV. Mettez le plus grand soin à devenir une âme d'oraison, par les moyens que la Religion vous fournit : lectures, direction, habitude de régularité, pratiques de mortification.

XVI. N'oubliez pas que le silence bien gardé est une source de joie et de ferveur.

XVII. Aimez la vie commune et ayez horreur des exemptions, des privilèges et des dispenses.

XVIII. Dans un Religieux, tout doit être religieux : la démarche, le maintien, le geste, le ton de la voix, les regards, la tristesse, la joie.

XIX. La Religion et le noviciat sont désormais votre père, votre mère, votre famille, votre parenté et votre unique pays.

XX. Aimez la solitude du noviciat comme votre protection, yolre 'sauvegarde, et faites-en vos délices.

XXI. Attachez-vous avec un cœur d'enfant à votre Congrégation et affectionnez tendrement tout ce qui la concerne : son but, son esprit, ses œuvres, ses règles et constitutions, ses usages, sou costume religieux, son histoire, etc.

XXII. Soyez fidèles aux moindres observances, aux moindres pratiques du noviciat, et attachez une sérieuse importance aux moindres avis qui y sont donnés.

XXIil. Ne vous permettez pas de faire des comparaisoûJ

entre votre Congrégation et les autres qui sont dans la sainte Eglise. Ayez pour toutes le plus grand respect, et rejetez toute pensée qui leur serait défavorable comcae exécrable aux yeux de Dieu.

XXIV. Composez-vous un acte d'oblation en qualité do victime, puisque vous êtes censé l'avoir fait le jour de voire prise d'habit, et renouvelez-le souvent.

XXV. Portez un grand esprit de foi au saint tribunal de la pénitence , et en général dans tous les rapports avec le directeur de votre conscience.

XXVI. Vivez d'union avec Jksus-Hostie au très saint Sacrement de l'autel.

XXVII. Exercez-vous à faire toute chose par un moiu d'amour de Dieu.

XXVIII. Soyez avec Marie, la ravissante Reine de nos cœurs, un enfant de confiance et d'amour. Elle est la joie du noviciat. Elle donnç la persévérance et la ferveur à ceux qui l'aiment.

XXIX. Ayez une dévotion tendre envers saint Joseph, les saints Patrons de la Congrégation, les saints Anges.

XXX. Remerciez Dieu chaque jour de la grâce qu'il vous a faite d'être enfant de N. S. P. le Pape et de la sainte Eglise, et rendez-leur avec joie et amour tous les devoirs qu'ils méritent.

XXXI. Et en toute chose Dieu seul ! Dieu seul !... Sa volonté sainte, sou bon plaisir, ses seuls intérêts, sa seule gloire ! Toute lumière, toute force, toute paix, toute consolation dans l'exil, toute espérance de la patrie est là, dans cetla simple parole : Dieu seul I

LIVRÉ THOISIEME

il saint jour de la profession — ce que c*est

qu'un vœu

Qu'il est beau, le jour de la profession! Le novice y a été longuement préparé par les saints exercices du noviciat. Puis, quand ce temps d'épreuve touchait à sa fin, la communauté s'est réunie et, après beaucoup de prières et de mûres réflexions, elle a donné ses sun*rages. L'Eglise alors est intervenue, un examen canonique a été fait, et voilà que suffrages et examen, tout a été favorable au fervent novice. Quelle nouvelle que celle qui lui est annoncée , lorsqu'un jour on lui dit comme aux vierg^es de l'Evangile : « Voici l'Epoux qui vient* ! » Il vient pour la consommation de l'alliance, il vient pour la consommation du sacrifice. Quelle grâce se prépare ! Quel immense sujet de joie ! Jusque-là cet enfant de Dieu n'était qu'une victime offerte. Le temps de

I Malt., xiil.

^38 LIVRE TROISlf:ME

son noviciat a été celui de sa ravstiqiie oblaUon. Maintenant il sera devant Dieu un holocauste parfait. Aussi, dans les transports de sa reconnaissance et de son amour, il s'écrie avec le saint prophète, : « Je vais à l'autel de mon Dieu, du iMEuqui réjouit ma jeunesse. J'entrerai et me fixerai en sa ni:iison sainte et je serai moi-même l'holocauste que j'oiïrirai Car, Seigneur, le passereau trouve le lieu oii il se retire et la tourterelle son nid; mais pour moi, ô Dieu, ô mon lîoi, G mon Bien suprême, vos autels sont ma demeure et c'est là qu'éternellement, devant vous et pour votre amour, je iY:e fixe pour me sacrifier, pour être une victime que votre bon r'aisir immole et que l'amour de votre gloire consume. » E( le saint jour de la profession arrive et toutes les âmes sont en fête. Car ce jour est saint non seulement pour le novice, mais pour toutes les âmes qui l'entourent. A la vue de ce spectacle -touchant de l'immolation parfaite du jeune piof'\=, tous les membres de la communauté se renouvellent dans la ferveur de leur consécration d'autrefois. Ils coraprennonl qu'ils sont victimes, ils veulent le devenir plus parfaitement que jamais. Une cérémonie de profession est une grande bénédiction de Dieu , pour une communauté religieuse

Nous nous sommes assez longuement étendu dans la première partie de cet ouvrage pour montrer que la profession est l'holocauste parfait. Nous n'avons pas ici à insister sur ce point. Mais, nous attachant principalement à ce qu'il y a de pratique dans l'acte saint que fait l'âme religieuse en •'immolant à son Dieu, nous allons traiter des vœux reli»

IFS SAIXTS VŒUX 239

gionx qnî constituent l'essence de la vie religieuse. Ce sont eux qui fixent l'âme dans l'état d'hostie, ce sont eux qu'il faut étudier par conséquent avec le plus grand soin, nous rendant exactement compte de ce que c'est qu'un vœu, de co qui distingue spécialement les vœux religieux des vertus qui sont la fin et la perfection des vœux religieux, des obligations que les vœux et les vertus correspondantes aux vœux nous imposent : autant de sujets qui sont de la plus haute importance el r.ui';fufils l« fervent profès donnera la plus grande attention.

Du reste ceci ne peut être nouveau pour lui. Le noviciat est principalement institué (nous l'avons dit précédemment) pour que le religieux connaisse les obligations que la profession impose, et, par conséquent, tout ce qui suit doit être l'objet d'une étude spéciale de la part du novice. Mais parce que la profession consiste dans l'émission des vœux, c'est ici naturellement, après avoir annoncé la profession, que nous traitons ce grave et important sujet.

p--ûmièreraent : Qu'est-ce qu'un vœu considéré en général ?

« Le vœu, disent tous les théologiens, est une proni^îsse délibérée qu'on fait à Dieu d'un acte meilleun. »

Il y a quelque obscurité dans ces derniers termes, mais les explications suivantes vont les présenter, ainsi que toutes les autres de la définition, dans toute la clarté qui confient, i* Le vœu est « une promesse. »

Il n'est pas ici question seulement d'une résolution, m6mB très généreuse et très fervenle. Une résolution, quelle qu'elle

« s. Tliom., 2.2. Q. 88. a. 1-5.

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soit, ne crée jamais pour l'âme qui l'a faite une obligation nouvelle. Si elle l'observe, elle augmente en mérite, en vertu; mais si elle ne la remplit pas , cette négligence peut être une imperfection, mais jamais un péché. Le vœu, au contraire, est le principe d'un véritable engagem.ent que l'on contracte, d'une obligation certaine qu'il faudra remplir sous peine de péché ou mortel ou véniel ;

2* Une promesse « délibérée. » — Ce mot signifie que le vœu, pour être obligatoire et réel, demande une connaissance exacte de ce que l'on promet, un plein consentement, une entière liberté dans la personne qui le fait.

C'est en partie à cette fin que, dans les instituts religieux, le noviciat a été établi par l'Eglise et par les Fondateurs d'ordres. — Le novice doit savoir clairement et d'une manière précise la nature et l'étendue des vœux qu'il fera le jour de sa profession; et la liberté que l'Eglise demande pour l'émission de ces vœux est telle que, si le Religieux ne les faisait que par contrainte ou sous Tempire d'une crainte grave et injuste de la part des hommes, ils seraient nuls et sans valeur.

3* Une promesse délibérée « que l'on fait à Dieu. * — Lo \œu est, en effet, un acte du culte suprême qui n'est dû qu'à Dieu. On ne peut donc faire aucun vœu à la sainte Vierge et aux saints, mais bien en leur honneur, pour leur être agréable. — C'est avec Dieu directement que l'on s'engage, et nous savons par la conduite de l'Eglise qu'un vœu est uq contrat que Dieu ratifie toujours, puisque nous sommes toujours tenus de l'exécuter.

Ceci fait voir les graves raisons qui doivent exister, lorsqu'il s'agit de dispenser d'un vœu, et surtout d'un vœu de

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religion. Ce pouvoir n'appartient qu'aux Supérieurs ecclésiastiques, et ils doivent toujours dans la dispense sauvegarder les droits sacrés de la divine Majesté. Aussi une per- Boum; quelconque, et à plus forte raison un Religieux, qui au.'ait recours à des motifs .supposés, pour se faire délier de quelque vœu, non seulement commettrait un péché grave de duplicité, mais encore n'atteindrait aucunement son but, car la dispense serait nulle et de nul effet.

Il peut cependant exister des motifs légitimes, et quand ils ont été exposés avec sincérité à ceux qui nous tiennent la place de Dieu, on peut être tranquille et en parfaite sûreté de conscience, si la dispensées! accordée. — Il faut dire de Vannulation et de la commutation d'un vœu, ce que nous disons de la dispense ^

Un effet admirable qui résulte de l'émission d'un vœu est qi.^ Vaccomplissement de la chose promise, quelle qu'elle soit, devient un acte de Religion.

Pour bien comprendre ceci, il faut savoir que le mérite d'un acte dépend en partie de la vertu à laquelle cet acte se rapporte. Ainsi, un acte de charité est plus parfait et plus méritoire, en lui-même, qu'un acte de pénitence, parce que la charité est une vertu plus parfaite que la vertu de pénitence. Or, après les vertus théologales de foi, d'espérance et de charité, la plus parfaite de toutes, c'est la vertu de reli-

1 Vannulation d'un vœu , c'est l'acle par lequel un Supérieur légiiime déclare que tel vœu fait par sou inférieur est nul, parce qu'il ne pouvait pas être émis par celui qui l'a fait. La commutation a lieu lorsque, à la place de ce qui avait éié promis, le Supérieur désigne une autre œuvre équivalente. 11 est Je^ cas où celui qui a fait le vœu peut le commuer lul-mcme. Uiis il est toujours plut lùr du consulter l'autorité établie de Dieu.

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gion par laquelle nous nous acquittons envers Dieu du cultô et des hommages qui lui sont dus. Si donc l'acte qui a été promis par notre vœu est élevé à la dignité d'un acte de Re« ligion, on en voit tout de suite l'excellence. Je m'abstiens, par exemple, d'une lecture agréable, mais qui est sans utilité pour moi : je fais un acte de mortification ; mais j'émets le vœu de ne pas faire cette lecture : l'accomplissement du vœu devient un acte de la vertu de Religion. Et, pour tout dire, non seulement le mérite est plus grand, mais il est double ; car en élevant mon action à la dignité d'une action religieuse, elle ne cesse pas d'être une œuvre de mortification et d'en avoir le méiite;

4" Une promesse que l'on fait à Dieu « d'un acte meilleur,» c'est-à-dire d'un acte qu'il est plus parfait d'accomplir que d'omettre. Le vœu ayant en effet pour but de rendre à Dieu un culte spécial^ ce but ne serait pas atteint si ce qui est l'objet du vœu n'était pas quelque chose de meilleur et de plus parfait à faire et à accomplir que l'abstention de cette même chose. Les explications suivantes et quelques exemples feront parfaitement comprendre ce qui est dit ici un peu obscurément.

L'objet du vœu ou de la chose promise peut être ou bien un acte obligatoire, ou bien un acte qui n'est que de conseil, ou bien enfin un acte qui est de sa nature indifférent : un acte déjà obligatoire , par exemple, l'assistance à la sainte Qiesse un jour de dimanche; un acte qui n'est que de conseil, exemple : présenter la joue gauche à celui qui nous a frappé sur la droite; un acte indifférent de sa nature, exemple : lire, étudier, faire un voyage (mais cet acte devient bon par l'intention que l'on a, par la fin qu'on se propose;

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ainsi lire un livre pour s'instruire de ses devoirs d'état, faire un voyage pour se réconcilier avec son ennemi, etc., etc.).

Dans le premier cas, le vœu est la promesse d'un acte meilleur, parce qu'en effet la chose commandée (l'assistance à la sainte messe) acquiert une bonté nouvelle et devient par là même plus agréable à Dieu. En l'observant après avoir fait le vœu, nous faisons un acte meilleur que si nous ne l'avions pas vouée.

Dans le cas d'un acte qui n'est que de conseil, le vœu ajoute une excellence nouvelle à un acte déjà excellent. Cet acte devient donc meilleur. Le faire avant le vœu, c'est faire un acte excellent; mais le choisir pour l'objet d'un vœu, c'est s'imposer une obligation qu'il est meilleur de contracter que de demeurer libre à cet égard.

Enfin, dans le cas du vœu qui a pour objet un acte indifférent de sa nature (exemple : faire un voyage), outre l'intention qui rend cet acte bon (faire un voyage de charité, de dévotion), le vœu ajoute une bonté particulière. L'acte qui était libre devient obligatoire ; il appartenait à une seule vertu, il devient en plus un acte de la vertu de Religion. Le vouer, c'est donc le rendre meilleur. L'accomplir après l'avoir voué, c'est donc faire un acte plus agréable à Dieu que si on ne l'avait pas voué.

Et ceci est la source d'une des plus grandes consolations du Religieux; car tandis que les autres chrétiens ne pratiquent la vertu de Religion que lorsqu'ils font des actes qui appartiennent directement à cette vertu (comme adorer, prier, etc.), et, par conséquent ne la pratiquent que par intervalles, les Religieux se trouvent en quelque sorte en perpétuel exercice de cette grande vertu, et leur vie tout en*

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tière (s'ils sont dignes du beau nom qu'ils portent) devient un holocauste, où tout sans exception est un iiommage rendu à Dieu.

Telle est l'idée exacte qu'il faut se faire du vœu.

Ajoutons que le vœu que fait un simple particulier, et qui pour cela est appelé privée ne donne naissance qu'aux engagements que désire prendre celui qui le fait. Il peut être perpétuel ou temporaire ; il peut obliger sous peine de péché mortel ou simplement de péché véniel • ; l'exécution peut en être fixée à telle époque ou à telle autre, dans telles ou telles circonstances. Il peut être conditionnel ou absolu. Enfin il dépend purement et uniquement de la volonté de celui qui le fuit.

Mais ceci n'est vrai que pour le vœu privé. Il en est autrement des vœux de Religion, faits dans une communauté religieuse. On est bien libre d'émettre ces vœux ou de ne pas les émettre ; et dans ce second cas le novice n'arrive jamais à la profession, et se retire de la maison où il était entré ; mais s'il fait ses vœux, il ne peut ni en étendre ni en restreindre l'obligation. Il les fait et il ne peut les faire que conformément à la règle. S'il avait une prétention contraire les vœux seraient nuls et sans valeur aucune devant Dieu.

Nous allons parler avec plus de détail des vœux de Religion.

* Faisons toutefois ici ceUe remarque : que si l'on peul s'engager par vœu à quelque acte de grande importance (comme de donner 1,000 francs aux pauvres), simplement, sous peine de péché véniel, il n'est pas possible Je s'ingagcr par \œu à faire une chose de pou d'importance (comme do donner quelques centimes aux pauvres), sous peine de péché mortel. La raison de cette ditîérencc est quoi le vœu étant un acte qui dtipcnd absolument de notre liberté, nous pouvons en limiter l'obligation comme il nous plait, dans le premier cas ; tandis que, dans le second, il n'y aurait aucune proportion raisonnable entre le peu d'importance d« la matière, «t la nature de Tobligalioa contractée, si celle-ci était grave.

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