‹ De l'esprit et de la vie de sacrifice dans l'etat religieuxChapitre 70 sur 115 · IV. — Vohéissance est universelle · texte numérisé non relu

IV. — Vohéissance est universelle

Ce terme semble d'abord un peu obscur; mais les explications suivantes vont en donner le vrai sens.

!• Elle est universelle, quant aux personnes. Elle sait sans doute distinguer un Supérieur majeur d'un Supérieur subalterne, celui qui a la plénitude de l'autorité, de celui qui n'en a qu'une certaine communication ; mais dans la siucé-

rite, simplicité et humilité intérieure de ses dispositions, il n'y a pas de différence. 11 y aurait même en elle une certaine inclination à obéir à un inférieur qu'a un premier Supérieur, parce qu'il semble qu'alors l'obéisssance est plus surnaturelle, étant moins exposée à se déterminer par quelque vue humaine. i

Le vrai obéissant se plaît aussi à obéir, sinon par obliga- î tion de justice, au moins par attrait d'humilité, à ceux qui lui sont inférieurs. Les anciens aimaient à insister sur cette belle jnaxime de saint Paul : « Assujettissez-vous les uns aux autres par une charité spirituelle ^ » L'ange qui écrivit la règle de saint Pacôrae y a mis cette recommandation admirable : « Si quelque frère, faisant voyage avec un autre , est pressé delà soif et que rencontrant une fontaine, il boive sans en avoir demandé la permission à son frère, quand même celui-ci serait plus jeune que lui, il pèche pour avoir bu sans bénédiction^. »

2' L'obéissance est universelle relativement à toute sorte de commandements. Elle ne met point de restriction et de réserve. Saint Thomas dit que cette sorte d'universalité est fondée sur le vœu lui-même ^. Ainsi donc, d'avance elle est prête à tout, et quand le moment arrive d'exécutef un ordre quel qu'il soit, elle l'embrasse avec une égale docilité et un égal amour.

3" Elle est universelle quant aux temps et aux lieux. Il semble que le temps d'obéir est surtout celui du noviciat. Mais le vrai obéissant est aussi disposé à obéir daaf l'âge io

1 Galat., V, 13. — 2 in régula S. Pachom. - 3 Votum obedientia aàreligionem pertinens se extendit ad dispositionem tolius humance vitœ et secundwn hoc Volum obedientiœ habet quamdatn universalitatem.'-'ll,Uf 9, 18ib«rt. 5 «d 0.

plus avancé que dans les premiers jours de son entrée en religion. Gomme Jésus, a il obéit jusqu'à la mort, et à la mort de la croix*. » Dans les temps de consolation ou de sécheresse, dans la santé ou la maladie ; quand il éprouve un plus grand besoin de repos, ou bien quand son attrait le porte à la solitude, toujours il obéit, toujours l'obéissance esfc sa grande et unique règle.

Il obéit ainsi partout : au chœur, dans sa cellule, au réfectoire, dans les lieux de recréation, au travail, à l'infir* merie, dans le monastère où il est, dans celui oii on l'envoie, en voyage avec son compagnon, en mission, s'il est seul. En un mot, l'obéissance est sa vie, sa vraie, son unique vie. Ce qu'un père de TEglise a dit de Notre-Seigneur est sa devise bien-aimée ; « 11 aima mieux perdre la vie temporelle que de perdre l'obéissance *. »

Ce qui nous reste à dire fera toujours mieux voir cette touchante vérité.

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