X. Enfin l'obéissance religieuse est filiale
C'est ici le caractère le jplus doux et la qualité la plus at-
i Fortissima res est obedientia vera et quœ in animum desceadere non potest nisi a mundi hujus aspergine pure prcsscipie detersum. Serm. XU, dd Obed. {Patvol.f t. CLXXXIII, col. G55). — f Li>. I, ch. 1».
trayante de l'obéissance religieuse, et ce caractère et cette qualité sont la source d'un nombre infini de consolations. Dans tous les instituts, le Supérieur est appelé Père et la Supérieure porte le nom de Mère. Les titres très anciens d'abbé et d'abbesse ont le même sens. Et cela doit être. Tout Supérieur représente Dieu ; or, Dieu, est père. « Vous n'avez pas reçu, dit saint Paul, l'esprit de servitude qui est dans la crainte, mais l'esprit d'adoption des enfants, selon lequel nous disons à Dieu : Père, Père M » — Nous sommes donc enfants à l'égard de Dieu et c'est en toute vérité. « Car, dit saint Jean, admirez la charité de Dieu qui veut non-seulement que nous soyons appelés ses enfants, mais que nous le soyons en effet^. » Or, si Dieu est père et que ce titre soit par rapport à nous son principal attribut, le Supérieur qui le représente est pour nous un père avant tout, et nous sommes enfants à son égard. Il doit savoir quels sont les devoirs r qui lui sont imposés en vertu de ce titre de Père ; voici le I caractère de l'obéissance que nous lui devons en qualité I d'enfant : elle doit être filiale. — Elle doit l'être de deux manières :
1" Par une humble ouverture de cœur. — Ce n'est pas une disposition contraire à la perfection de l'obéissance dans l'inférieur, que la simple et humble communication d'une pensée qui lui vint sur l'ordre qu'il a reçu de son Supérieur, sur les difficultés, les inconvénients qui lui paraissent devoir en accompagner l'oxécntion. Les Supérieurs savent bien qu'ils ne sont pas infaillibles, et ils aiment et ils désirent qu'on leur fasse ces simples et filiales ouvertures. L'inférieur s'y portera donc sans crainte et même avec
i Rom., VIII, 15. — 2 I Joan. UF, !,