‹ De l'esprit français et de l'esprit allemandChapitre 2 sur 25 · J. BERNARD BASEDOW HENRI PESTALOZZI — M. DE FELLENBERG · texte numérisé non relu

J. BERNARD BASEDOW HENRI PESTALOZZI — M. DE FELLENBERG

Voici un germe abandonné aux hasards du sol, de la lumière et de Tair. On le verra prospérer ou avorter, selon que les influences qui l'environnent seront ou non conformes aux lois de son développement. La culture de la plante et celle de Tâme se ressemblent. Il faut à chaque plante pour se développer un ensemble de conditions, dont les unes s'appliquent à tout le règne végétal, dont les autres se modifient selon les groupes, et plus particulièrement encore selon les individus dont ces groupes sont composés. Étudier ces conditions d'après les indications de l'expérience, afin de les appliquer dans la mesure du possible, c'est éliminer le hasard pour une part équivalente; c'est créer pour les âmes le milieu le plus approprié à leur croissance normale.

' La tendance qui la pousse à se maîtriser elle-même par

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réducation a été toujours le noble souci de rhumanité, et en ce sens on peut dire que Thistoire est Thomme aspirant à réducation de lui-même. L'histoire se constitue par une série d'expériences que l'espèce tente sur elle-même pour découvrir la loi de son progrès, la réaliser, et parvenir ainsi à s'emparer de ses destinées. L'homme se cherche pour se gouverner. Toutes ses tentatives, grandes et petites, qu'il le sache ou qu'il l'ignore, se réduisent à un effort vers la liberté. La pédagogie, science de la culture humaine, est partout au moins à titre d'aspiration. En même temps qu'il proclamait le principe de toute philosophie, Socrate indiquait la base de l'éducation et celle de la liberté. Il faut que l'homme se connaisse dans ses rapports avec lui-même, avec la société et avec la nature environnante, s'il veut devenir capable de diriger son développement. L'intelligence ne peut triompher, qu'avec la nature, dont elle ne s'affranchit, comme le dit Bacon, qu'en lui obéissant. Impuissant à détruire ou à modifier l'essence des choses, issu lui-même du sein de l'univers, l'esprit ne peut que reconnaître les lois régulatrices et les appliquer pour l'avènement de ses desseins. L'intelligence humaine est la loi reconnue, la liberté humaine est la loi consentie, notre puissance est la loi pratiquée. Dégager la loi du développement humain , c'est fonder là théorie de la culture humaine. Toute école publique ou privée doit s'étudier à former des hommes pour la liberté.

La pédagogie moderne repose siir le respect de l'homme, d'oii résulte l'obligation d'observer l'homme et de n'adopter d'autre méthode que celle dont les fondements reposent sur l'expérience. Imparfaits ou erronés, les systèmes ne peuvent rien contre ce principe qu'ils proclament tous aujourd'hui, et qui reste leur juge souverain. Les théories peuvent crouler en tout ou en partie, la base reste ac-

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