J.-BERNARD BASEDOW
tout ce qui procède de l'expérimentation, et qui font voir que de nouveaux essais restent toujours nécessaires. C'était en un certain sens la seule école où les maîtres eussent la liberté de travailler d'après des méthodes et des plans personnels, et où ils se trouvaient en relation aussi bien entre eux qu'avec tous les savants de TAllemagne. »
Kant a raison, le Philanthopin fut un laboratoire d'essais pour la pédagogie.
Peu de noms méritent autant de vénération que celui de Henri Pestalozzi. Ce fut un apôtre; il a eu le génie de l'amour, et cet amour s'est concentré sur ce qu'il y au monde de plus digne de l'exciter : les enfants et les pauvres. Pestalozzi a uni ces deux tendresses en une seule, et il a aimé jusqu'à la plus complète abnégation l'enfant pauvre, l'orphelin de la société. Il a sondé la plaie de misère, et il l'a vue avant tout dans le dénûment moral et intellectuel. Il a compris que l'éducation était le véritable remède, le plus sûr à employer même pour améliorer la seule condition matérielle. lia donc cherché à réformer l'enseignement élémentaire, à lui assurer des fondements solides. Son cœur orientait sa pensée. Dès qu'il eut aperçu le but, il n'en détacha plus son regard ni sa volonté. — Pour l'atteindre, ou seulement pour s'en rapprocher, il fallait se frayer un. chemin nouveau, puisque les anciennes voies n'y conduisaient pas. Dans les domaines de l'esprit, un chemin c'est une méthode. Pestalozzi chercha celte