‹ De l'espritChapitre 12 sur 58 · I». Z<*E8BRIT · texte numérisé non relu

I». Z<*E8BRIT

n rjésttlfe dcfi exemples ci^dessm apportés., que les peines et lès plaisii» des sens peuvent nous iiispir^r toute.- espèce de passions, de sen* timens et; de. vectua. C'est pourquoi, sans ayob recoure à des siècles.ou.des pays éloignés, je citerai, pour dernière prwive de cette vérité, ces siècles de chevalerie , où les femmes enseignaient à la.fois,aux apprentis chevaliers l'art d'aimer et le catéchisme*

Si , dajis ces temps , comme le remarque Machiavel f et Ipr^ de leur descente en Italie \ les Français parurent si courageux et si terrihles à

obligées par la loi à faire tous les ouvrages deforce^ comme de bâtir les maisons et de cultiver la t^re;maisendédommqgement de leurs peines, la qséme loi leur accordait cette douceur, de pouvoir coucher avec tout guerrier qui leur ^t^it agréable^ Les femmes étaient, fort attachées à cette loi. ( Voye» Bardezanes , cité par Eusèbe, dans sa Préparation évangélîfue ).

Les Floridiens ont la composition d'un breuvage très-fort et très-agréable ; mais ils n'en présentent jamais qu'à ceux de leurs guerriers qui se sont signalés par des actions d'un grand coi)h> rage. CB.ecu,fU de$ Lettres édifiaMes.J.-

DISCOURS llly CHAVITRS XV. 99

la postérité des Romains, c'est qu'ils étaient animés de la plus grande valeur. Goramênt na l'eussent^ils pas été? lesFemines, ajoute cet his* torien , n'accordaient leurs faveurs qu'aux plus yaillans d'entre eux. Pour juger du mérite d'un amant et de sa tendresse , les preuves qu'elles exigeaient , c'était de faire des prisonniers à la gatere ^de tenter une escalade, ou d'enlever un poste aux ennemis : elles aimaient mieux voir périr que voir fuir leur amant. Un chevalier était alors obligé de combattre pour soutenir et la beauté de sa dame et l'excès de si^ tendresse. Les exploits des chevaliers étalât je stijet perpétuel des conversations et des romans. Partout on recommandait la galanterie. Les poètes voulaient qu'au milieu des combats et des dangers un chevalier eût toujours le portrait de sa dame présent à sa mémoire. Dans les tournois , avant que de Sonner la éharge , ils voulaient qu'iltint les yeux sur sa maîtresse, comme le prouve cette ballade :

Servants d^amour, regardez doncemenl, Aa& cBcfaafiaad*) anges de par&dîs; Lora jousterw fort et joyeusement* Et vous serex honorée «t chéri».

VOO DS L^fiftVAIT.

Tout alors prdcbiaît l'amonr; et quel ressort plus paissant pour mouToir les âmes ? La dé-' marche, les i^gards, les moindres gestes de la i>eaaté, ne sont-ils pas le charme et Tivresse des sens ? Les femmes ne penyoït-elles pas à ieor gré créer des âmes et des corps dans les imhécilles et les faihles ? La Phénicie n'a-t-clle pas , sous le nom de Venus ou d' Astarté , élevé des autels à la beauté ?

Ces autels ne pouvaient être abattus que par ootre religion. Quel objet (pour qui n'est pas éclaire des rayons de la foi ) est en effet plus digne de notre adoration , que celui auquel le ciel a confié le dépôt précieux du plus vif de nos plaisirs ? plaisirs dont la jouissance seule peut nous faire supporter avec délices le pénible fardeau de la vie, et nous consoler du malheur dVtre.

La conclusion générale de ce que j*ai dit sur ri>rigine des passions , c'est que la douleur et le plaisir des sens font agir et penser les hommes, et sont les seuls contrepoids qui meuvent le monde moral.

Les passions sont ''donc en nous TefTet immédiat de la sensibUittt physique : or tons les

DISCOURS m, CHAVITAS XT. lOI

hommes sont sensibles et susceptibles de passions; tous par conséquent portent en eux le genne productif de l'esprit. Mais, dira-^-on, s'ils sont sensibles, ils pe le sont peut-être pas tous au même degré; on -voit, par exemple» des nations entières indifférentes à la passion de la gloire et de la yertu : of , si les hommes ne sont pas susceptibles de passioiis aussi fortes , tous ne sont pas capables de cette même continuité d'attention qu'on doit regarder comme la cause de la grande inégalité de leurs lumières : d'où U résulte que la nature n'a pas donné à tous les hommes d'égales dispositions iTesprit.

Pour répondre à cette objection , il n'est pas nécessaire d'examiner si tous les hommes sont Cernent sensibles : cette question , peut-être plos difficile à résoudre qu'on ne l'imagine, est d'ailleurs étrangère à mon sujet. Ce que je me propose, c'est d'examiner si tous les hommes ae sont pas du moins susceptibles de passions assez fortes pour les douer de l'attention conûnue à laquelle est attachée la supériorité

d'esprit.

Ccst « cet effet que jp réfuterai d'abord l'ar-

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gnment tiré de l'insensibilité de certaines nations aux passions de la glolte et de la Term ; argument par lequel on croit prbuyer que toiis les homme» île sont pas susceptibles de passions. Je dis donc que Tinsensilnlité de ces nations ne doit point* être attribuée à la ikatUre , inais à dés causes acoidéatelles y telles ^le la'fo^me différente des gôuvememens.

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