DB I.* AVARICE
JL'oii et l'argent peuvent être regardés comme des matières agréables à la vue ; mais , n Ton
DISCOURS m, CHAPITRE %, 3^
ne désirait dans leur possession qne le plaièir produit par l'éclat et la beauté de ces métaux » l'avare se contenterait de la libre contempla* tion 4^8 richesses entassées dans le trésor pu*^ l>lic. Or , comme cette yertu ne satisferait pas sa passion , il faut que l'avare , de quelque es-^ pèoe qu'il soit, désire les richesses comme réchange de tous les plaisirs ou comme l'exemption de toutes les peines attachées à l'indigence.
Ce principe posé, je dis que l'homme n'étant, par sa nature, sensible qu'aux plaisirs des sens, ces plaisirs, par conséquent, sont l'unique objet de ses désirs. La passion du luxe , de la magnificence dans' les équipages , les fêtes et les ameublemens, est donc une passion factice , nécessairement produite par les besoins physiques ou de l'amolir ou de la table. En effet , quels plaisirs réels ce luxe et cette magnificence procureraient-ils à l'avare voluptueux, s'il ne les considérait comme un moyen ou de plaire aux femmes, s'il les aime, et d'en obtenir des fayeilrs ou d'en imposer aux hommes , et de les forcer, par l'espoir confus d'une récompense , à écarter de lui toutes XeA peines, et à rassembler près de Ini tons les plaisirs ?