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lialuille de Borny. Soit; certes, les Allemands auraient acheté k un bien plus haut prix encore le succès de leur niouvenienl stratégique. Quand à Paris, après le premier Tracas des batailles de Borny et de Gravelolle, on sut que l'armée était coupée de Verdun et cernée dans Metz, tous ceux qui suivaient avec anxiété les événements comprirent que celle victoire était pire que la plus sanglante des défaites, puisqu'elle menait droit à une capitulation. Et en etfet, quoi qu'on dise de Borny, celui-là a la victoire qui réussit dans l'accomplissement d'un plan décisif. Les généraux allemands voulHient cerner l'armée du maréchal Bazaine; ils la cernèrent. Qu'importe ce qu'on lit ou ne fil pas à Borny, et quelle triste hâblerie de parler de victoire, quand on se laisse couper et enfermer?
Dans cette menaçante situation, le gouvernement eut à prendre un parti. Des deux armées qu'il avait tout à l'heure, il ne lui en restait plus qu'une, la moins nombreuse et la moins solide, celle du maréchal de Mac-Mahon. 11 se trouva à son tour devant la même alternative où le maréchal Bazaine s'était trouvé peu de jours auparavant : sauver l'armée par une retraite fermement résolue et bien conduite, ou hasarder de la perdre et avec elle de tout perdre par un aventureux coup de main, dans l'espoir d'un grand succès qui procurerait la jonction des deux armées, jonction négligée u Borny et à Gravelolle. Ouaod le projet fut mis en discussion, je sais que quelques-uns de ceux qui furent consultés opinèrent pour qu'on abandonmlt l'armée de Metz à son sort, et pour que l'on conservChl intacte l'armée de Chfllons. 11 est palpable que cette résolution, quelque douloureuse qu'elle fût, était la seule militairement
valable. C'était, noton»4e bien, Tunique force organisée qui restât, environ cent mille hommes, un matériel considérable, des officiers, des cadres, tout ce qui manqua quand, sur la Loire, on s'efforça, à la hâte, sans soldats, sans canons, sans fusils, de re* faire une armée. Quelles furent les intentions qui dictèrent Tordre de la marche sur Sedan? Je ne les recherche pas; ici je recherche seulement les actes; et cet acte est, après la faute qui permit aux Aile* mands de couper notre armée en avant de Verdun, la plus grande faute militaire de cette guerre.
L'expédition du maréchal de Mac-Mahon était trop hasardeuse pour que le gouvernement ne mit pas tout en œuvre, à Teffet d*en diminuer les périls, c'est-à-dire de procurer au maréchal une diversion du coté de son collègue enfermé dans Metz. Des hommes déterminés furent choisis pour porter au maréchal Bazaine l'annonce de la marche de l'armée de Ghàlons; le gouvernement, je le sais positive* ment, eut la conviction que certains de ces agents avaient pénétré dans Metz et remis la dépêche. Là plane encore un mystère : le gouvernement s'est^l trompé dans sa conviction ? De quel côté est la yré* rite, chez ceux qui soutiennent que la dépêche a pénétré dans la ville bloquée, ou ceux qui soutiennent qu'elle n'y pénétra pas? Je n'ai, bien en* tendu, rien à dire sur tout cela, qui est purement un point de fait à établir judiciairement par témoignage (i). Mais ce qui n'est sujet à aucun débat, judiciaire ou autre, c'est que, du côté de Metz, YaS^
(1) Dans le procès, le maréchal Bazaine soutint qu'il n*avait reçu aucun message, et, cTantre p«rt, un des mmstt^n Éfflmni itoit moios réaolsmeflt q«*il «ndt eonnuiiÉ^é m dèpèctie aa «sréekat*
fiiirc du 26 aodt ne fui qu'une simple dênionsU-ation, que t^elk du 31, plus ameuse, n'abuulil h rien dcdricisif, et que le niai'échat Bazainc ne fui d'aucun Bccours â son colU-gue. Il auruit été justifie bi, rai»anl un suprême elFort, il avait perdu une grande bataille. Or, ni l'affaire du iti aoiH, ni celle du 31 aoAl ne furent une grande bataille ni un effort suprême.
Maintenant seplembie est arrivé ; l'armée de Sedan i-sl vaincue et prisonnière; l'arniée de Metz est étroitement bloquée. Celte armée, tous les ténioifcnages l'afHruKtnt, était complèlemeni remise de l'indiscipline des débuts de la campagne; les combats de Borny cl de Gravelolte, vigoureusement soutenus, lui avaient donné beaucoup de solidité; et elle était animée d'un grand courage, organisée, désireuse de bien faire el suflisuniment pourvue d'iuiillerie. Dans cette situation matérielle et niurule, elle était capable d'un puissant efTort, le sentait et le roiUail. Mais, cernée comme elle étnil, gritce aux fautes de ceux qui avaient eu la conduite de la guerre, il était possible que la seule issue fùtimn capitulation. Toutefois, pour qu'il demeurât certain qu'une t^dle issue était inévitable, il aurait fallu que l'armée, livrant une grande bataille pour forcer le blocus, la perdu ; alors il eàl élé évident que lea lignes allemandes n'étaient pas forvables, et l'un eût avec résignation laissé venir la famine cl la capitulation: mais, puisque cette preuve décisive n'a pa* été donnée, Is critique militaire est en droit de dire qu'on a fait ce qui a échoué, el qu'on n'a pas lento ce qui seul était U faire.
On peut voir dans le livre de M. J... et, du reste, dans tous les récils, que le temps du hlocus, c'cst-tt-
dire septembre* et les deux tiers d'octobre se passèrent en affaires très fréquentes, mais petites, et qui pouvaient fatiguer l*ennemi, mais qui ne lui causaient aucun embarras sérieux. L'armée sentait qu'elle devait à elle-même et à la France de teindre, à profusion, de son sang les environs de Metz; elle avait horreur de la honte de défiler entière devant Tennemi, et elle aurait payé du quart, de la moitié de son effectif, Thonneur de ne se rendre que sanglante, mutilée, les armes brisées, les drapeaux déchifés, les canons démontés. Une grande bataille lui eût procuré cet honneur ou le succès ; les petites batailles la livrèrent à Tenaemi affamée et prisonnière.
Des manquements si lourds et si décisifs répondaient à rentrée en campagne ; et l'entrée en campagne elle-même répondit à la déclaration de guerre et aux préparatifs. Certes Louis XV et ses ministres, tant décriés dans notre histoire, furent des héros et des génies, comparés à l'empereur et aux ministres de l'empereur (i).
(1) Kn 1867, j'écrivais : « Je sapposey ce que supposent les vagues alarmes du public, que le gouvernement français, se repentant d'avoir laissé faire en 1866 Tunité de 1* Allemagne qu*il put empêcher, tente de la défaire par la guerre. Pour une œuvre pareille, il faut des alliés ; et il n'y a de disponibles pour la France que l'Angleterre, l'Italie et TAutriche. Qui ne sait que l'Angleterre, irritée contre qui troublera la paix, restera neutre et gardera ses hommes et ses trésors pour de tout autres emplois que de vaines et sanglantes entreprises? On voit bien ce que l'Italie aurait i perdre dans un pareil conflit, on ne voit pas ce qu'elle aurait i y gagner, d'autant plus facilement neutre qu'on vient de la blesser et de l'apaiser mal en ce qu'elle a de plus vif, la question de .Rome. Quant à l'Autriche, il faut distinguer : il est fort possible que l'Autriche, si la Prusse prenait le réle agressif, et, en menaçant la France, la menaçât, elle ausf i, très sérieusement, devint une très utile alliée ; mais, si c'est le gouvernement français qui est l'agret-
DE J870 ET 187t.
Je quitte ici M. J... et son livre, e.i je nie rejette à vingt uns eu arrière, au 2 décenibre 1851 ; car c'est là, quand je me suis occupé des Vaincus df Mrn, que je voulais venir. Au jour intime de cet événement, je fus conlristé autant au moins que je l'ai élé par nos défaites et par une paix désastreuse. Je l'ai dit alors et le redis aujourd'hui : ce que nous perdîmes en ce jour est d'un prix qu'un moraliste ne peut évaluer trop haul ; nous perdîmes notre foi en la probité.
Il se trouva un homme qui, sans contrainte et de son plein gré, jura solennellement en face de son pays et de l'Europe qu'il gouvernerait loyalement et fidèlement la république ; et ce mi^me homme, sans remettre son mandat, se servit de ce qui lui avait été confié pour violer impunément son serment et s'emparer, avec son vicieux entourage, du pouvoir et des satisfactions que le pouvoir donne. Celte grosiiièreimprobilé alla s'asseoir triomphante sur le trône.
Un si haut exemple futsuivi. Comment ne l'auraitil pas été? En vain l'empire installé demanda-t-il qu'on respectât la probité qu'il n'avait pas respectée. On le laissa dire ; et beaucoup, non pas tous (car le fond honnête de lanatjon résista à cette rude épreuve d'immoralité), furent tentés et se mirent  Taise
leur, la Mnlinii:[it allemand, *i fort >)an« I» praviiiuei allemaiides <le l'mipirc. ne laureri pai la liberté d'aclJon au cabinet autrichien. linii, dam l'ivenlure it'uae Dgrcaeioa coiilru l'Allemagne, on nu pourrait compter «ur personne; et ce serait refaire, aux Irordï de Rbin et sur une iaealculabla échelle, ta taule du Meiiquc, si chèrement f»jie en bommei, en ai^enl, en innucnce, et rtose si Iriitemtol (la PhitoiophK poiitivr, U I, p. 323). u Si un homme autû itolé que je l'étiii a pu voir li cbirernent l'avenir, comment de* niniilrei, des généraux, de* dipuléa. des lénateuri l'j Hut-ili
arec les devoirs. Dn defoir n*es( pas plus qu'un serment ; et la violation du devoir, sans rapporter un sceptre, a pu rapporter de quoi contenter des appétits qui se crurent aussi autorisés que Tappélit impérial.
L'histoire, rigide exécutrice des lois de révolution sociale, abandonne tout le reste de son domaine à rintervention de conditions inférieures qui ne représentent plus pour nous ni justice, ni rétribution. Mais, celle fois-ci, elle n*ont point été aveugles comme d*habitude el ont satisfait au désir des justes châtiments : elles ont brisé un trône improbement acquis et livré celui qu'elles en firent descendre aux amertumes de Tambition trompée et aux regrets de la grandeur perdue.
L'intronisation des Bonaparte, tandis qu'elle portait une grave atteinte à la probité en France, ne troublait pas moins profondément en Europe les éléments de paix qui luttaient contre les éléments de guerre. Us s^élevèrent à Fempire par le guetapens du i décembre ; ceci est imputable à lliomme; mais ils furent élevés à la présidence par le vote du iO décembre ; ceci est imputable au suffrage universel, particulièrement aux paysans et aux ouvriArs infatués des souvenirs de guerre du premier Napoléon. L'empire c'est la paix, fut-il dit à Bordeaux, pour capter le commerce, la banque, rioduslrie ; mais le démenti ne se fit pas attendre. Tout, dans ce nom, menaçait la fragile constitution de la sécurité commune, aussi bien le souvenir de TexteosioB illimitée des conquêtes que celui de la délaile ei du châtiment Le dèiuon de la guerre el des avealores était làchè. et il ne devait plus s'arrêter que sur les bords de la Seine et de la Loire, après des désaslies
DE 1870 KT Ifiïl. es
k PXAiiiple linns rhistoire, pas mi^nic ilans rclln du preniicf einpiro.Acet é^tard Ilonapurlc troisii'iiiie • surpassé Bonspiirlf! premier.
. J..., en m'eiivoyant non livre, m'écrivil que uns doutfl je ne serais pus d'accord avec lui sur une certaine noie qu'il m'indiqua. Voici ceLto note: Après y avoir sévèrement blAiné, au nom des évcnoaients aciiiels, les attaques contre l'armùe et l'esprit militaire qui avaient cours luUs l'empire pnrmi les liiiéraux et les républicains, ainsi que les proposition* do désarmemeni H \es perspecllves d'une Triilenielle union entre les peuples européens, il ajoute (p. tMtj ; " Tout cela est faux, absolument faux : en république, comme eu monarcliie, une nation esl cou8lttmmei)t menacée, dans ses intérêts, dan» sou développement, par les nations voisines, dont le tempérament et quelquefois la race sont essentiellR- Hient différent*; et loutes, plies ont entre elles un antat(onisnie perpétuel. On verra sans cesse surgir une question qui rompra l'équilibi'e; si ce n'est pas une question dynastique, ee sera surtout et toujours une question l'-conuniiqne.unp question d'existence. Proudhon a démontré clairement comment la guerre esl cliose humaine, comment elle tient aux bases mémeB d'une société organisée. Le proj^rës (mot dont on a tant abusé) ne consiste pas il supprimer la guerre, mais k la Irnnsformer, à la rendre moins terrible aux É.\at^ qui la subissent, k la rendre plus connexe avec les questions vitales. Le» guerres leronl moins meurlrîèrcs, plus logiques, plus rares ; mais ce n'est pas k notre génération a le nier : notre •ièclo 0sl essentiellement un siècle de luttes; le devoir des penseurs cunsiste à les étudier dans leurs relations avec les problèmes économiques, avec le
100 ÉTITDE Sim LA CRISB DE GUEiUlK
déTeloppement întelleclael, avec les mœurs, el non pas à prêcher des billevesées. Le christianisme n*a pas réussi à changer notre race sons ce rapport ; que peuvent faire alors les efforts isolés de quelques hommes de cabinet ?... Il n'est pas une race humaine chez laquelle la guerre ne soit considérée comme un fait normal continuel. C'est un mal, c'est possible, mais c'est un fait fatal. »
Je ne suis pas en effet de Vms de H. J..* ; pourtant j*ai une notable distinction à introduire. A moi coDune à lui il apparaît que le siècle présent est an siècle de luttes; la dernière guerre n*a pas épuisé les chances de conflits: au contraire elle les a augmentées en intensité. Gela posé« je pense comme M. J... qu'il faut nous réorganiser militairement avec une détermination inflexible, ne recaler devant aucun sacrifice, ni matériel, ni moral, et entretenir dans tous les coeurs un sérieux amour de la patrie. Dans notre reconstitution, n'oublions jamais ce que c'est qu'être vaincu et envahi ({>.
Maintenant, et c'est la seconde question impliquée
a)KaKa^llMrtMreëer^aMe,M «1 friffé «es fM 11 ligMkit CfiOn les
ëe fttér* des kelailles; a« xn*, •B reprd des Espefsols; aa xm*, h pMMiTiii dr I e^it TIT: pha tirt, r*trt rTera — e fwKlif ^rf
lieal à bMl de PeApire de Kayettea 1«; cOb rileMcw» à eBe SMie, écnse ctkd de RapoléM lU. A b v«e de tel de dfnHim,
ee s'tlaaDeimîflwat^MliF)nBceB'^ailfes^,cir«iatlSBlé
née fealDiie. fM ma ShI ^«e chanfcr éê tÊtÊm em (nmç9isey est ifcepce, tevle lattMle faTele est, aas fnodes et snantes opéndoBs BÎIîUiKS. Toatcim, cette trevre sa cMiCradâclieB dans d*aaires bits ^àaÊmwfÊm : les de CkMles T, ceu de levi n% in tifkniiia il in de Lmis XVI et de la Ceafetiia b ■■■iiiiil o •rposces, on toeupisadra ce fa'eat éU daM aelre pnt Im