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U l^rr.'iine, risquent d'Atrc allat^ués. Mâin«> on pré> trnd qun les provinces baltiques, où l'iirislocrnliA fltt slleinande, pourraient Hre gRrmiiniquemcnl débarrasiées, bien qua ce ne soit pus l'uvis dei ttuise». du joug moscovite.
Mon intention n'esl pasdD poursuivre le jeu dai 1 évonlualitfis d« la conquête ri de la défanse, de le victoire ot de la défaite; ce jeu est trop complexB 1 pour qu'on loit en droit d'aller au delà de qui>l(|UAi linéaments. Mon inlention n'esl pas davantage, coiw | (idéranl l'autre cûlé de» clioseï et les moyens qu'8 riSurope pour écliappcr ii une prépolence oppraH* I ■ive, de rechercher ce que tenteront lu diplomutis i et les nllianc^B, et si lu Itusaip, l'Autriclie et l'Angleterre apercevront les dangers de l'équilibre rompu, ou si l'Allemagne et lu Hussi» voudront le partager 1 l'Europe, comme y songèrent un moment, ii Tilsitt. Napoléon et Alexandre.
Kn ullendaiit que l'avenir apporte ses évenlualîsés, il est un objet sur lequel les gouvernementa i comniencenl déjji à ouvrir iea yeux, c'est leur étal j militaire. Or, inunireslement, cet état militaire e par rapport à celui de l'Allemagne, austii arriéré] qua pourraient l'être des fusils ii pierre et des i Tires sans cuirasse. Il leur faut donc se meltro bK J niveau ; pt cela en toute liâte ; car le pùril ost h lour 1 porte, et, s'il les prenait non préparés, quels regret* J n'auralent-ils pas, eux et leurs peuples! Chaqasi &lal, grand ou petit, neutre ou non neutre (car, dans les annexions possibles, la nfulriililé sera de mince garantie) doit, s'il veut compter pour quelque chose dans l'issue et dans sa propre destinée, avoir nnn seulement une armée (|ui comprenne tous les hommes en élal de porteries armos, mais encnrr
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une armée qui soit mobilisable rapidemeol. Tel est le but que, sauf les modifications appropriées aux pays et aux habitudes, chacun doit se proposer; car, hors de là, il n'y a plus de salui pour personne. Que la Hussie, que l'Autriche, que l'ilalie. que ri&pagne, le Danemarck, la Suède, la Hollande, la Belgique (la Suisse seule est déjà toute prête) organisent au plus vile leur défense nationale non sur le pied d'une armée de conscription, mais sur le pied d'une armée de peuple. Et celte nécessité, l'Afifjleteri'e elle-même n'y éehappei-a peut-être pas, malgré la mer protectrice et sa puissante marine. Si le continent succombe, elle succombera upvës lui, n'étant pas capable de résister aux forces navales que l'empire allemand pourra, dans cette hypothèse, réunir contre elle ; et alors, à son tour, elle saura ce que c'est que terre ravagée, villes pillées, villages incendiés et joug d'étrangers vainqueurs (I).
La paix actuelle, celle que l'Allemagne vient d'imposer k la France, a pour conséquence immédiate d'augmenter énormément l'état militaire dans l'Europe; elle tend k n'y plus laisser un individu qui ne soit pas prêt de corps et d'esprit à la guerre. Triste résultat, mais résultat inévitable; préparation non de paix, mais de guerre.
Ce n'est pas tout. Dansia guerre que les Allemands ont faite, ils ont incendié les villages qui donnaient refuge aux troupes françaises, ils ont fusillé les hommes qui avaient un fusil sans avoir un uni-
(1) 1.» llalnille de Oorking, llclion ijui reprend pour le comple (le l'AntUlerie l'hittolrc ilc 11 Froocu dans li demi^ro ^env. cl qui ir.onlre l'Anglelrrre prîie «u dépourvu, envahi* el Taincue par ici Allsmandi, Mmoigiie que plus d'un Anglais ne ae tait iucun« iiluiitn luf la powibiliti da danfereuaes tYenlualilii.
UE 1870 ET )«■ forme, ils ont forcé de monipr sur leurs Irains les notable» dos villes el des cnnlons, de peur de déraillements. En un mot, systématiquement, iU oui terrorisé. Dans les négociations de Versailles, quand M. Thiers, hu désespoir des exigences allemandes, a été sur le point de rompre les pourparlers, M. de Bismarck lui dit que jusque-là les Allemaixls avaient fait la guerre avec modération, et que, si la guerre recommençait, elle serait conduite avec une tout autre rigueur. Et en effet, il n'y a point de limite assignable aux rigueurs de la guerre, on peut toujours pousser plus loin ces choses-lii. Ainsi U terreur est un engin de guerre, comme un fusil à aiguille ou un canon se chargeant par la culasse. Du moment que l'élément moral de la civilisation ne se développe pas fi l'égal de l'élément scientifique, la guerre ne peut manquer de prendre extension et intensité: car la puissance de détruire devient plus mergique el plus systématique.
Sans être ni ravagée ni mise à contribution comme la France, l'Europe est malade aussi, et malade d'un ni^me genre de maladie; je veux dire qu'elle est entréedans une phase de désorganisation dangereuse pour sa paix et sa sftreté. Je parle ici en Européen, nnn en Français; je mets les intérêts de l'Europe audessus de ceux de ma patrie, comme je mettrais les intérêts de l'humanilé au-dessus de ceux de l'Europe, si jusqu'à présent il existait une humanité autrement qu'en idée. Mais, remarquons-le bien en in£me temps, plus il y aura de garanties pour le bien commun de l'Europe, plus aussi il y en aura pour chaque membre en particulier. Au reste, ces «enliments que j'exprime sont ceux du dix-huitième siËcle, tant épris d'humanité. << Si je savais, dit Mon-
110 ÉTUDE SUR l\ CRISK DR GUERRE
t^sqaieo. qoelqiie chose qui me ftl nlile et qui Ml préjudicUble à na bmille, je le rejeUenis de mon esprit. Si je saf«is qvelqve clMise qai Mt atile k ma iamille et qui ne le tti pes à ma psliie, je cbercbenis à roablier. Si jesatais qaelqw ekose Utile à ma patrie et qm f&t préjadicîabie à l'Barope et aa genre faaaiain, je le regarderais comme un criflie » (Pen^ $ées dtrrnMtf V
J^enteodt par maladie la diasofaitîon da principe qni tendait à bire de l^Bnrope an grand corps vivant d'une vie jusqali on certain point commune; disse* lutîon qui la Ûvre an jeu lerrible de la force el du hasard* sans 1 élément qui jadis travaillail à modérer Taveugle violence de ces deua agents.
J*ai dit jadis. Quand, à la chute de rempire barbare qui avait succédé k lempire romain, les nations modernes se constituèrent, le principe de vie commune résida dans le catholicisme et la papauté, dont Tautorité tempérait spirituellement les mouvements de ce grand corps. La réforme a3rant brisé Tunité religieuse, i*idée d'équilibre, par Tentremise de la diplomatie, intervint dans les rappoHs et les guerres des différents États. En 1815, après les bouleversements européens et la juste défaite de Napoléon I**, les rois, avec une intention fort louable, mais qui malheureusement s'appuyait sur un principe caduc, firent de la légitimité la règle qui devait garantir U sôreté des tn*>nes et l'indépendance des nations. A son tour, la légitimité n'ayant été respectée ni par les nations ni par les rois, la souveraineté populaire, c'est-à-dire le droit qu'une population a de disposer d elle-même, essaya de se montrer en Europe et d'y prévaloir; mais ce droit vient d'être précipité à terre el foulé aux pieds par TAllemagne, qui,