DE LA FORME RÉPUBUGAINE EN FRANCE
cuaiion de notre territoire. M pays doit ^jupporier courageusement Ténorme fardeau qui, de ce chef, lui est imposé. La paix au dehors, la tranquillité au dedans sont rigoureusement comman4é,es. L'ordre est indispensable au travail, et le travail est indispensable à lu réparation de nos désastres. Supporter est notre lot. Un humble lot, j'en conviens; mais, pour une nation qui a une grande histoire, comme pour une famille qui a une haute origine, il es^, dans rbjumiJité, une force qui relève le Cjoeur et rafferi^iit la résolution.
Quelques-uns, au 4 septembre, crurent que la proclamation de la république exercerait un.e certaine influence sur la disposition des Allemands; e)|e n'en exerça aucune. D'autres pensent que la durée de la république, si elle parvi/e^t à se consolider, produira un effet considjérable sur ^opinion et la politique européennes. Cela eût été véritable daqs la période qui commence à 1815 et qui finit à 1870; mais cela ne Test plus. Beaucoup parmi les esprits libéraux avaient espéré que cette péripde se consoliderait par sa durée même, et que les intérêts et les mœurs rapprocheraient assez les peuples européens pour rendre impossibles les grandes conflagrations. C'était une erreur, que, du rjçste, j'ai par? tagée. Elle vint de ce qu'alors on tint seulement compte des gouvernements et des peuples, sans tenir compte des races (1). Les gouvernements et les peuples auraient peut-être continué de s'accommoder à une situation qui avait déjà (Juré cinquante ans; mais les races ne s'en accommodèrent pas ; elles l'ont brisée. Que résu}tera-t-il de l'intrusion
(1) Je fais ici allusion au pangermanisme et ^u pansiavisipe.
m U FOniïE nePrrBLICAPfE EN FRINXE. 167 lii; ce nouvel étemoitt. en conllit avec l'évolution nntarelle de la civilisatiaQ? Geai là (a question la plus prochain» qui, au point de vue européen, rend second iUi-(;a et Uts agitnUons du socialisme et l'i^taliliiscinent de la ivpulilique en Fiaiici.-.
Pour être seeandAire au ftoint de vue curopéc^ii, U eontnlidation d« U riipubliqan n'en est pas moins lie pntmier ordre pour nous. Là est l'espérance d'un ré tati lis sèment de la France en plein accord avec la direction moderne de ses destinées. Quelle monat-diie, ^nlro les trois qui s'oHrent à nous, peut lui pn'-senler une pareille perspective? Que lui apporteraient les fionapartes, sinon le césarîsme, sans compter qu'ils sont nés pour la ruine du pays, l'ondt! et le neveu ayant re^u la France grande el forte, et l'un l'ayant rejett-c aux frontières de Louis XIV et l'autre aux frontiùres de François 1"/ Que lui apporterait M. le comte de Chambord, sinon l'alliance de la lé){ilimité et du cléricaltsme et la crise aifuë d'une lutte implacable entre la libre reclierctie et l'oppri^âsion théologiqueîLu monarchie desil'Orleans.consUlulionnelle et tempérée, échappe au césarisme ol au cloricaligme, mais n'échappe pas khi nécessité d'une politique dynastique, dangereux ra-el-vient entre l'intérêt particulier de la maison héréditaire et l'intérêt général du pays.
Soit monarchie, soit république, la France est manifestement une démocratie; aucune classe privilégiée n'y subsiste, et la noblesse n'y conserve plus que des titres sans droits ni l'onctions el des souvenirs. Non que je dédaigne les souvenirs. Heureuses Isr familles qui se souviennent de loin, et qui ont une honorable suite d'aïeux I Mais les souvenirs, qui sont beaucoup historiquement, sont peu poli-