AVEC LE PAYS OU SUFFRAGE UNIVERSEL
Plus on était avancé (on sait qu'avancé M dit des tandanees démocratiques et sociales) dans le parti républicain, plus on réclamait avec force, avec colère, avec fureur la dissolution de l'Assemblée nationale. Les invectives contre elle n'étaient pss moindres que celles auxquelles la chambre des députés et le sénat sont en butte actuellement (en 1880). Et elles partaient du même parti. Alors ma ligne politique fut analogue à celle qui me guide encore aujourd'hui, à savoir : procéder en tout par discussion et par gradation.
C'est une crise qui aujourd'hui travaille les rapports du pouvoir exécutif avec TAsseinblée nationale (â) ; prochainement, c'en sera aussi une qui mettra en question les rapports de l'Assemblée nationale avec le pays. Je n'ai jamais contesté, je ne conteste pas davantage ici le pouvoir souverain, constituant de l'assemblée ; mais elle n'est qu'une déléguée, et cette délégation ne peut avoir une durée illimitée. La prévision du terme n'est pas agréable à plusieurs des partis qui composent la chambre, soit qu'il se présente sous forme de renouvellement partiéf, soit qu'il aboutisse à la dissolution ; mais enfin le temps fait son office ; il vieillit les assemblées, je veux dire qu'il amène d'an pas rapide le moment qù expire leur mandat.
En vue de cette éventualité, on a proposé d'orga-
(1) AerMe de ia Phiioiophie poHiite, numéro de jawrier-léniar
(2) En ce moment rAssemblée natioiiale renversait M. Tbiert.
IIVPPOKTS DE I/ASSKMIILÊR .N\TiONALt;, ETC. 1«5 nUerungouvernemenlde combat' Un gouvernement do combat I II y a vingt ans qu'un gouvernt^mpnt de combat dispersa l'assemblée, emprisonna les députés, tua Baudin, ensanglanla nos rues et nos boulevards, et jeta dans l'exil, dans la prison, dans lu déportation trente â quarante mille personnes. J'écarte ces détestables souvenirs. Je con^jois un gouvernement de résistance, muis je ne convoi.s pas un gouvernement de combat. Le combat c'est la guerre; et qui peut dire jusqu'où ira la guerre, une fois lAcliée ? Daus la pensée de ceux qui ont jeté cette idée de bataille, la guerre doit se faire contre les radicaux. D'abord de quel droit ou de quelle façon frapper, pour une doctrine, des hommes qui ne violent pas les lois'? Puis où est la limite de ce mot de radical ? M. le rapporteur fuit de moi un rudiciil, comme on verra loul à l'heure : et, dés lors, moi et mes doctrines tombons sous le coup du gouvernement de combat. Combien it'autn:S y tomberont '. et quel républicain sera sur d'échapper à une défmition qui m'englobe?
Voici la phrase du rapport à laquelle je fais allusion : <' Les penseurs du radicalisme ne croient pas l'n Dieu, et dans leurs dictionnaires on trouve sur l'homme des définitions qui ravalent noire espèce. " Cela désigne clairement le Dkdonnairi' de médecine jadis dénoncé au Sénat de l'empire, M. le professeur Kobin et moi. Ëh bien, M. Kobin ni [iioi, vu notre qualité dû disciples de la philosophie positive, nous n'appartenons ni au radicalisme en politique, ni à rulliéisnie en doctrine (I). Nous savons bien que la
(I) La pbilotopliie poiitive R'Mt pu «Uiéo; nuU elle n'eil pu laianUgc dtitte. Ceux qui U connaineiil le savent, Voyei, »a rc*le, ce que j'ii dit 11-dcuui dam la Aftiie lif lu PhiloiuiiAie posUive, nwotn de Doveinbre-décewtire 1871, |i. 127. '