‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 33 sur 102 · DES RAPPORTS DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

DES RAPPORTS DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Habsbourg aurait résisté aux plu^ funestes désastres ; mais une n^onarchie d'aventure, établie par un parjure et un sanglant guet-apens, ne devait »'alten« dre è rien autre obose qu*à être balayée.

A Bordeaux, c'est encore une maj orité nionarohique qui lai^ae aller de sea maina la monarchie. Il était tout auisi facile et tout aussi prompt de faire roi ou M. de Ghambord, ou M. le comte de Paris, ou Napoléon m, que de faire M. Thiers chef du pouvoir exécutif de la république francise. Le roi déclaré, tout s*ensuivait ; en son nom, on traitait de la paix, et Ton essayait d'organiier et d'emprunter. Mais quoi ! il fut impossible de rien tirer d'une monarchie tricépbale, et vainement, à chaque crise» on regrette l'occasion perdue.

M. Thiers, monarchique, lui aussi, par aon passé non moins queja majorité de rassemblée, a considéré d'un regard ferme la nécessité des obosea, et il s'y est soumis résolument. Il s'est attaché à la république légale que l'assemblée lui remettait en l'établissant. Ce que son expérience et son patriotisme lui promettaient de cet établissement a été tenu. Faitesmoi de la bonne politique, disait un ministre de la restauration, et je vous ferai de bonnes finances. M. Thiers a fait de la bonne politique, et il a vu se rétablir les finances, l'ordre, le travail et la confiance avec une promptitude et une intensité que nul n'était en droit d'espérer. Là est le visible témoignage de la sûreté d'esprit et du désintéressement impartial qui firent choisir la route de réparation. L'autre route, où nous aurait-elle menés?

Le parti qui tout récemment vient de mettre en péril M. Thiers et son gouvernement, prend pour texte de sa déttauce Iq$ 4m^er9 ^Qciauo!. Mais là n'est

AVEC Ut SUFFRAGE UNIVERSEL. 19i

pas la CIIU&9 fondamentale du dissentiment. &i les dangers sociaux étaient seuls au fond de la question, lentente serait pron^pte avec M. Thiers. Car, parmi ceux qui l'attaquent sur cet objet, il n*en est pas un qui soit un adversaire plus décidé et plus ancien de tout ce qu'on aocuse de provoquer les dangers sociaux, pas un qui soit plus résolu à rendre le gou» vernemant conaervateur.

Mais ce gouvernement conservateur, M. Thiers Ta reçu république, et il entend le rendre république. Ceci est repouasé, les uns disant qu'ils sa refusent à établir une république, puisqu'ils veulent établir une monarchie, et les autres alléguant que, sans attaquer ce qui existe présentement sous forme républicaine, ils sont décidés à ne concéder qu'un provisoire.

A ce point du débat s'élève un troisième interlocuteur: c'est le pays qui travaille, et qui, lui, craint le provisoire, a besoin de confiance et demande un lendemain pour ses plus cbers et plus pressants intérêts. En même temps le pays est le juge suprême, le tribunal d'appel en dernier ressort,

Le succès du gouvernement de M, Thiers, le relèvement de la France malgré la profondeur de son désastre, la ferme résolution de prendre la républi^ que pour le terrain de notre réorganisation ont <ûréé au président de la république une position si forte, qu'une scission entre l'assemblée et lui nous menacerait de dangereuses éventualités. A la vérité il ne peut rien sans l'assemblée ; mais il devient de plus en plus douteux que l'assemblée, dont pourtant il est le délégué, puisse beaucoup sans lui. C'est la situatioQ qui a ainsi lié les choses.

n semble que la scission allait se produire lors du

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