‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 43 sur 102 · P1'E\DICE · texte numérisé non relu

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pour les nourrii', cp qui \eMi- donne une si grande faiblesse qu'ils en meurent, et ce qui peut causer ilanspeude tenipsunepeste(avril 169â). <• (Boislisle, p. 274.)

M. de Bouville, intendant, lâjanvier, (69^: <i Vous serez sans doutesurpris d'apprendre qu'après avoir exuminé l'état des paroisses du Limousin avec toute l'exactitude imaginable, j'ai trouvé plus de soixante et di\ mille personnes de tous âges el des deux sexes qui se trouveront réduits k mendier leur pain avant le mois de mars, vivant dès fi présent d'un reste de clifltaignes à demi pourries, qui seront con- M>mmées dans le mois prochain au plus tard. " (Bûislisle, p. i74.)

M. Combes, directeur des fermes en Bourgogne, 19 juillet 16'J1 : « J'arrive d'une tournée de trois semaines dans tout le Cliarolais et l'Auxois. Ces pays-là m'ont paru bien gueux... La misère y est si grande, qu'il y a des familles qui n'ont pas mangé de sel depuis plus de six mois. Ils se servent d'herbes et de racines antëres pour mettre dans leurs soupes, qui équipollent le sel. » (Boislisle, p. tiS.)

Revenons aux protestants persécutés. On sait que les Cévennes furent le théâtre d'une insurrection opiniâtre qui fatigua longtemps les troupes royales, Sous l'influence combinée des souffrances qu'ils enduraient pour leur foi et de l'exaltalion qui s'emparait des multitudes, il se déclara parmi eux une de ces maladies mentales que les médecins connais- >ent sous le nom de maladies religieuses. Toutes les fois qu'elles éclatent, les amis y voient une manifestation de Dieu, les ennemis, une manifestation du diable, les médecins une manifestation d'un trouble pttbologique du système nerveux. Les plus simples

prophétisaient, les petits enfants ouvraient U pour prêcher, et les pauvres gens se croTÛesl entourés de merveilles surnaturelles. Bien enteada. ni les catholiques ni les jésuites n'ajoutaient foi a des miracles dont les protestants auraient eu le profit.

Ce n^étaient pas seulement les miracles protestants que les jésuites récusaient; ils déniaient anui les miracles jansénistes. Quelques années arant les désastres de la révocation de Inédit de Nantes, soos une influence analogue de persécution et d'eialtation, un miracle fort célèbre se produisit an sein d'une communauté de Port-Royal. 11 fut attesté par les plus honnêtes gens du monde et fort éclairés, Pascal en tôte; mais cela ne toucha pas les jésoites; ils tinrent ferme pour déclarer le miracle apocryphe, soit illusion des témoins, soit effet d*ane cause naturelle. Certes, ils avaient raison alors, juste autant qu'ils ont tort maintenant qu'ils font des mir»> clés à leur tour. Mais nous, disent-ils, comme le personnage de VÊcole des vieillards^ mais nous, c'est autre chose ; et ils prétendent que Ton ajoate foi à tous ces miracles incohérents qui foisonnent dans un milieu crédule, pourvu toutefois qu'ils leur conviennent.

Faire des miracles est à l'heure présente un signe visible d'infériorité. La société, à ce point de vue, peut se diviser en ceux qui croient aux miracles et ceux qui n'y croient point. Les premiers renferment, sauf quelques exceptions que je n'entends nier aucanement, la masse des gens sans lumières, arriérés, demeurés, à des degrés divers, dans les limbes du moyen ftge ; les autres renferment ce qui est éclairé, indocile aux diversei superstitions et lancé dans ~ «4 TOiM de Taotivité moderne. Tel est le

dénombrement dus deux nrmées, l'une marchant sous Ie& enseignes de la théologie, l'autre sous celles de U science positive.

La révocation de l'édit de Nantes, avec lu persécution qui Buivil, est une eruelle expérience; mais enfin c'est une expérience politique. Quel cnseignemeot pensez-vous que les cléricaux en alenl tiré? c'est qu'il fallait recommencer. De même qu'alors ils déclarèrent une guerre acharnée à l'a-uvre de Henri IV, de môme aujourd'hui ils déclarent une guerre acharnée à l'œuvre de la révolution. Les principes qui les dirigèrent pt les principes qui les dirigent sont les mêmes ; on les altirme imperturliHblement. Pour tous ceux qui sont en dehors du dogme, rien n'est plus menaçant que ces maximes impitoyables qui mettent le dogme sous la protection de l'intolérance.

Les catholiques libéraux, dont le nom indique qu'ils reconnaissent aux doctrines diverses le droit de se produire et de vivre ; les catholiques libéraux, dis-Je, ont élé condamnés par la suprême autorité catholique. N'en parlons pas. Nous savons que le cléricalisme refuse toute transaction avec la société moderne, dont la tolérance est un des dogmes. A't-il tort? a-t-il raison (au point de vue de son intérôl, veux-jt^ dire)? Ce n'est pas fi ceux qui sont •n dehors de l'Église à décider; mais c'est à eux de défendre et de promouvoir la société. Après la terrible exécution qui appartient à la tin de Louis XIV, il fallait ou qut' l:i France succombât sous le cléricalisme, comme l'Espagne au temps de Philippe II, ou qu'elle réagit. Elle a réagi. Le dix-huitième siècle et la révolution répondirent à Louis XIV et k son confesseur. Et l'Espagne, elle-raème, oii en est-elle

aMi APPENDICK.

de son cléricalisme si chèrement aciielé et dont elli?

se dégage la dernière?

La société moderne, qui ne croit pas plus aii\ miracles qu elle n'en fait, est tolérante même pour les intolérants. Grand effort de vertu qui montre visiblement de combien la moralité purement humaine a pris le dessus sur la uioralilé lliéologique et la dépasse. J'insiste particulièrement sur cette supériorité morale corrélative à la supériorité scientifique. L'Église seule doit être libre, dit le cléricalisme; tout le monde doit être libre, y compris l'Église, dit la société, élevée à ce haut degré d'équité sociale par la pbiliisophie et la science.

Une doctrine a le droit de se croire la seule vraie; mais, tout en ayant celte croyance, elle monte à la vraie grandeur morale et devient propre k diriger la conscience contemporaine, quand, forte de sa vérité, elle y joint la sérénité, les égards pour les dissidences et le Terme propos de défendre leur liberté comme la sienne propre. Au contraire, une doctrine qui, dogmatiquement, refuse à ses adversaires le droit de discuter et, quand elle peut, leur ferme violemment la bouche, de quelques titres pompeux qu'elle se décore, reste au-dessous de la conscience contemporaine et est devenue impropre à lu diriger.

La tolérance n'est ni l'inertie ni la duperie; à nous aussi on prétend révoquer notre édit de Nantes (1). Défendons-le par la parole, par le livre,

(1) En ce moinenl, lu parti clérical réclame, en £spa|[ne, l'abatilion de la liberté religieuse. Il veut recommencer l>tiilip|je II, etpérnnt faire, non mieux, la chusc esl impniiible, maii liuibï bien. Et pourtant ce monarque muilèle n'a Tiuai qu'à retarder pour l'Eapagne l'époque d'une émancipation qui tient au diveloppomenl {FËnéral de la civiliMlion.

par renseignement, par la science, par le progrès en tout genre, et d'abord par nos votes. L'occasion en est prochaine ; les élections ne tarderont pas beaucoup ; combattons y les candidatures cléricales aussi énergiquement que les candidatures bonapartistes. Je ne puis ri^n dire de plus.

CHAPITIU5 IV

IMPUISSANCE DE LA COALITION MONARCHIQUE. FON- DATION LÉGALE DE LA RÉPUBLIQUE PAR UN VOTE DE l'assemblée ; c'est son DEUXIÈME GRAND TRAIT DE PATRIOTISME.

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