MAI.FA1SANCE FI.NAI.K
li'idliclion, en co sens que, oliaqur fois, le sufTiagr universel est l'expression de l'opinion publiqne, poussée, par dea nécessités différentes, à des expressions différentes : hier, lu nécessité était la p^iix, el l'on BOniDia des hommes, quelles que fussent Ipups opinions, la voulant ; aujourd'hui, on demande un régime définitif, cl, comme la république npiiaratt le seul régime définitif au milieu du gflrhis monarchique, on choisit les hommes qui la veulent.
Je me résume : tout est actif et puissant en France, le travail, la production, le savoir; il n'esl aucune force sociale qui ne fasse son office. Mais la politique, directrice supérieure de la conduite et de la destinée des nations, ne fait pas le sien. Entre l'incapacité monarchique, altestco par les faits, et celle des classes dirigeantes, misérablement di\isées entre les trois dynasties, elle n'a chez nous tucune issue. 11 faut, sous peine de perdition, tenter une voie nouvelle. La nation s'y porte avec réflexion, avec discipline, avec décision; et, si aucune de ces fragilités qu'un ({rand ministre de l'empire tombé il Sedan remarque, non sans complaisance, dans le septennat, ne vient fi effet, le suffraj^e universel rendra délinilive la république provisoire d'il présent.
[Ce titre a pour objet de mettre en relief l'obstacle que se font nos trois monarchies en compétition. La carrière monarcliique est encombrée, et les monarchistes ne savent comment la déblayer.]
Rien de plus commun que d'entendre se plaindre que toutes les carrières soient encombrées, et que partout se trouvent plus de compétiteurs sollicitant des places que de places pour caser les compétiteurs. Mais qui aurait pu penser que ce mal de Vencombrement duquel on parle tant, gagnerait les avenues de la royauté française , et qu'on y verrait un groupe de prétendants faisant queue à l'entrée et produisant à Tenvi les titres qui, dans Topinion de chaque postulant, doivent lui assurer la prééminence ?
La chose est sérieuse et triste, sans doute; mais aussi elle est passablement ridicule par sa prolongation. Quoi I voilà tantôt quatre ans que ce malheureux trône (qui se refuserait à le qualifier ainsi en se rappelant tant de royales infortunes?) est convoité par trois prétendants qui se coudoient rudement, jusqu'à ce que la porte s ouvre, si elle doit s'ouvrir, pour Tun d'eux, à l'exclusion des autres! Cependant la porte ne s'ouvre pas, la compétition s*éternise, et nos rois en expectative se morfondent. On comprend un prince exilé qui attend sur la terre étrangère que son parti renaisse, et que la fortune lui ramène des chances ; mais on ne comprend guère
(1) Bévue de la Phiiosophie positive^ numéro de septembre-oo^ lobre 1874.
DK I/ESCOMKBEMEMT DES CAfiHiÈRES.