PRÉFACE. IX
future république; s'ils avaient fait la monarchie, ils l'eussent voulue parlementaire; faisant la république, ils la voulurent parlementaire aussi. Cela sauvé, tout était sauvé en fait de libertés nécessaires et de facultés de développement.
Là-dessus, les révolutionnaires et les socialistes poussèrent des cris de fureur. «Beau résultat et bien digne d*èlre célébré. Sans ces obstacles, nous aurions eo la république démocratique et sociale, c'est-à-^ire le peuple gouvernant lui-même dans les comices ou les clubs, ce qui est tout un, l'abolition de la présidence et du sénat, l'attaque au capital, l'écrasement de la bourgeoisie, le triomphe du collectivisme, du communisme, et Tégalité entre tous les hommes. » Si le programme avait pu devenir exécutoire, même en un bref intervalle, il aurait eu pour conséquences une anarchie intestine et des désastres extérieurs, et n'eût pas tardé à aller où sont allées, si je puis me servir du langage de notre vieux poète Villon, les neiges d'antan. Je n'en veux pour témoin que le triomphe de la Commune à
Dons, appuyé sur les résultats de la science sociologique, que l'État républicain conservateur qui va s'établir en France sur les ruines du radicalisme, étant le dernier progrès de TÉtat, consacre, au grand détriment du prolétariat européen, Talliance indissoluble de tous les éléments de la bourgeoisie. Au contraire, le retour à un régime d'un autre âge perpétuerait les divisions de la bourgeoisie et les luttes intestines, rouvrant ainsi à notre profit l'ère des révolutions. > (Revue des deux mondes^ 1" février 1880, p. 582.)