A U RÉPUBLIQUE DÉFINITIVE
Hélas I nous Tavons déjà eue, cette dictature vantée par Tauteur anglais, et trois fois elle a causé la prise de Paris et le démembrement. Trois fois I lentendez-vous, vous tous qui cherchez à ramener Fempire? La fatalité a vraiment marqué ces Bonapartes pour être la ruine de la France. Cinquante ans après les invasions de 1811 et de 1815, qui eût dit qu*un autre Bonaparte renouvellerait, sans en rien manquer, les désastres de ces funestes années, n*auraît pas devant les yeux, pour l'avertir, un si manifeste et terrible exemple, et finirait, lui aussi, par la prise de Paris et le démembrement ? En dépit d'un pareil mémento, la destinée qui a voulu qu'ils fussent le plus cruel fléau de notre pays s'est accomplie de point en point. Il n'y a, à cet égard, aucune distinction entre le grand et le petit Napoléon ; pour perdre la France tous deux se valurent.
Ici, je veux dire dans la diminution infligée à la puissance internationale de la France, est un point noir que l'auteur anglais n'a pas touché. Et pourtant il est le seul sur lequel on ne puisse élever aucune contestation. Tous les autres, qu'il a énumérés, sont, au milieu de la prospérité visible de la France, que je viens de faire valoir, plus ou moins sujets à discussion. Mais celui-là est manifeste et tangible; car il se mesure sur la carte par les pertes de territoire que chacune des équipées bonapartistes a produites. Cette décroissance, dont la date la plus ancienne est 1814 et la plus récente 1870, a eu, comme on voit, beaucoup de rapidité. La cause en est sans doute dans les Bonapartes; mais les Bonapartes, à leur tour, ont leur cause dans cette alternative de révolutions et de coups d'Etat qui nous afflige depuis tant d*années. Gardons-nous donc des
Ui PASSAGE m i,A RfiPUBUOUE PROVISOIRE coups d'Elat et dps révolutions, auxquels l'autPur anglais nous croit inévitablement voués, et don), récemment, un sage ministre nous signalait l'écupil. n aurait fallu s'en garder, lors mOnie que la monarcbie eût été rétablie ; ù plus forte raison faut-il s'pu garder sous la république, gouvernement plus mnpif et plus progressif.
Dès les premiers jours qui ont suivi notre désastre, d^s les premières pages que j'ai écrites dans cetle revue à l'issue de la guerre, j'ai retourné le mol de M. Gui/ot, qui disait jadis avec justesse: je ne crains pas l'extérieur, je crains l'intérieur, et j'ai dit aven justesse aussi : c'est l'extérieur que je crains. Le péril extérieur est en effet d'une gravité qu'un ne saurait exagérer; et, en sa présence, v* été la plus misérable des tactiques de parler, comme a fait constamment le ii mai, du péril social. Ce daufier est si vrai qu'il a suffi de quelques arlicles de la presse allemande pour susciter de légitimes alarmes. Nous avons perdu notre renom militaire, deux provinces et notre frontière du côté le plus menacé. Une large trouée que rien ne ferme est ouvert* jusqu'à Paris, qui est aujourd'hui la seule forteresse capable de résistance qu'une invasion rencontrerait sur son cbeniin. Pour la plus simple défensive, nous avons à refaire une armée, un matériel et des places d'armes qui protègent la capitale contre un premier mouvemsnt offensif de l'ennemi. Aussi n'écoute-1-on sans angoisse ni les bruits menaçants qui éclatent de temps en temps de l'autre c<Vté du Rbîn, ni les menaces intérieures de commotions.
L'iiistoire est assez .issurée dans ses linéaments généraux, pour que la confiscation, par voie de dêmemlirement ou autrement, d'un des pays apparie-