MALHEUREUX ROI» MALHEUREUSE FRANGE
qui inflige aux légitimistes ce rôle de dUpes gémiS'» santés, curieux à considérer.
Les orléanistes, au IG mai, ont saisi affectueuse* ment la main des bonapartistes. Le vieil homme (c'est de moi que je parle) ne peut jamais se dé'* pouiller complètement. J'avais pris la plus humble des parts à la révolution de i630; j^étais devenu, avec la réflexion, reconnaissant à Louis-Philippe de sa fermeté à maintenir la paix européennd» et J^avais retenu dans ma mémoire le testament libéral dii prince, le duc d'Orléans, qu'un accident déplorable enleva à ses destinées. J'avais donc de faciles aceoitl-^ tances avec le parti orléaniste ; mais, quand Je Tftl vu ne pas craindre de s'allier avec les botiapartistei, mes anciens sentiments n'ont pu résister à une pareille épreuve, à laquelle Talliance faite sous les auspices du IG mai est venue mettre le comble* Les orléanistes et les bonapartistes ensemble I Boit ; et^ sous cette impression, je me prends à dire d*eux (non des bonapartistes) ce que Dante dit d'une certaine catégorie de gens qu'il rencontre dans son voyage ; Non ragioniam di for, ma guarda e poêw.
Les trois coalisés monarchiques ont déclaré k diverses reprises qu'ils n'étaient pour rien dans le IG mai, qu'ils ne l'avaient pas suggéré» qu'ils etl profitaient le plus qu'ils pouvaient, et qu'à cela se bornait leur participation. Je he fois aucuue difB** culte de le croire» Le coup part d'UUd itifluetloe beaucoup plus générale que n'est ou l'empire qu'on veut rétablir ou la légitimité qu'on veut restaurer. L'empire et la légitimité fie concernent cfUe la France ; le parti inspirateur vise TËUIrope tout entière et particulièrement l'Italie» à laquelle il prétend bien arracher Rome et Utie séditieuse Unité.
MALHEtmÉUX nOI. MAlllEimErSfi rtlASCE! m Pour cela il Taul un poini d'appui. Lu catholique Espagne elte-iïidmo ne l'isqiieruil ni iin'anu, ni un Iinmme pour briser l'Ilnlie; l'Autriche pas (iavantug?. (Juant aUK puissances non catholiques, l'Alleniagne, l'Angleterre, la Russie, elles ne ae croiseront certaineiiiRnt pas. Mais la France est vacante, du moins on le dit et on le croit; s'emparer d'elle en en chassanl les rt^puhllcains sereil un cr>up do partie. El le coup de partie est lenlé. L'opinion ne s'y eal pas trompée, et ce qui se faisait a ôlé appelé populairement œuvre des curés. Je suis fort bien qu'ù Oourges, M. le maréchal de Mac-Mahan a repoussé loin Je lui loulo pensée de pression religieuse ; et «a parole iloll ^Irc crUc. Je sais aussi qu'un des inlnlslPês actuels a bégayé 89 et ses conqu^les. Tout eela Psi vrai; mais il est vrai aussi que les partis monarchiques n'ont pas suggère le iti mai (ils le disent hailtemenl),el qu'il a été annoncé par le parti clérical au dehors et au dedans avant que l'on soupçonnât seulement qu'un pareil péril menaçait la siluiilion. Il est Vrai encore que le radicalisme hoir, qui était si patent et si bruyanl peu auparavant, s'est tu h l'instant même et est devenu latent. Il prend palience; car il lui suffll d'avoir en perspective la vacance provisoire de la France, pour espérer que le inomenl viendra oii il pourra traiter le 8y du ministre et ses conquêtes aussi radicalement qu'il l'annonce tous les jours.
J'ai dil maintes Tois en des occasions diverses que. depuis que la science positive a enlevé au surnaturel la direction de l'humanité, la morale laïque est supérieure à la morale cléricale el le devient chaque jour davantage. La crise actuelle oHre une de ces oecflslons. 11 n'est pus de violences que ne conseille