‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 70 sur 102 · LES DEUX ISSUES DE LA GRISE DU 16 MAL · texte numérisé non relu

LES DEUX ISSUES DE LA GRISE DU 16 MAL

jour auquel ils s'opposeront, il y a le grand mal qui, s'ils n'étaient pas là, se produirait en 1880 lors de la revision de la Constitution et de la nomination d'un nouveau président. Toute revision qui conduirait à la monarchie, ils la feront avorter; et quant à la présidence, ils se garderont de la confier à des mains dédaigneuses du suffrage universel.

On nous menace des élections sénatoriales de 1878, que le gouvernement actuel, demeurant au pouvoir, compte tourner au profit des monarchies et du cléricalisme. Soit; mais le hasard a fait que le renouvellement dont on parle porte en très grande majorité sur la droite; et, quand bien même nous n'obtiendrions aucun siège dans ce renouvellement, ce qui assurément ne sera pas, nous n'en resterions pas moins, avec la majorité prépondérante de la Chambre des députés et la nombreuse minorité du Sénat, maîtres du dernier nœud de la situation.

A chaque jour suffit sa peine; et aujourd'hui on ne peut, on ne doit s'occuper que d*élections. Je n'entre donc point dans l'examen du conflit que M. le président de la république se propose de soulever contre la future majorité républicaine de la Chambre des députés. Quand la crise du 16 mai en sera venue là, ce sera aux trois gauches de délibérer avec fermeté et prudence sur la conduite à tenir pour garder la position que le suffrage universel nous aura confiée, et pour déjouer les projets de tous ces amis de M. le maréchal de Mac-Mahon qui incessamment travaillent et annoncent qu'ils travailleront incessamment à la ruine de la république.

M. Thiers, qui a été un oracle si véridique sous l'empire et après l'empire, nous a dit que la France appartiendrait au plus sage et au plus modéré. Être

LKS UEUX ISSUES ME I,A CRISE DU 16 MAI. tl7 sa^e, c'est ge tenir scrupuleusement diins le culme et la léf;alité, sans se laisser ciitraiiier à en sortir ni par les indignes provocalions, ni par les mauvais exemples. Èlre inodéré, c'est traiter les adversaires avec éciuité, de manière ù leur montrer qu'on observe il leur égard le jeu loyal, le fair play. que les Anglais respectent toujours dans leurs luttes, mais que les réactionnaires fran^'ais ne respectent jamais. Peut-Atre cela est-il moins liabîle qu'ils ne croient. En tout Ciis, le jeu loyal, le fntr ptay a i:lé violé sans scrupule par le gouvernement et l'administration de M. le niaréchal de Mac-Mahon. Laissons les orgueilleuses tricheries s'étaler au grand jour, et tenter de réaliser le ré(;inie qui nous tlivise le plus ; mais soyons persuadés qu'avec le jeu loyal se réalisera le régime qui nous divise le moins.

M. le maréchal de Mac-Mahon nous flétrit du vilain mol de démagogie. C'est un langage peu courtois k l'égard de tant d'honnêtes paysans qui ont voté pour les :)ii:l (I), de tant d'ouvriers laborieux qui en onl Tait autant, de tant d'industriel« considérables, de commerçants haut placés, de grands propriétaires, de letlrés et de savants renommés qui tiOUtiennenL le régime républicain ; mais c'est surtout un langage étrange dans la bouche d'un chef d'Él&t, car, d'ordinaire, tes hautes positions, quels que soient les sentiments personnels, inspirent une rerlaine impartialité, lleureusemenl, de gros mots ne sont pas de grosses raisons, et ils ne nous feront manquer ni à la modération qui est une force, ni H la convenance qui est la Icvon des inconvenances.

Si la polilique de M. le maréchal de Mnc-Mahon

(Ij Cl tul le nombre 4tt Ji'puU's Ûdêles à h r*piiblir|up.

Page 1