LES DEUX ISSUES DE LA CRISE DU 16 MAL
est condamnée par le suffrage universel, cela veut dire que cinq ou six millions de voix seront contre lui. G*est avoir une grande confiance en soi-même et en ses propres lumières que de traiter avec un altier dédain, et sans réserver aucune transaction, Topinion de tant de citoyens, et de n'y voir qu*un cas d'aberration épidémique. Un seul homme peut avoir raison contre beaucoup, cela est vrai; mais cette grande confiance étonne dans le vaincu de Reichshoffen et de Sedan.
M. Gambetta, en prévision de la victoire électorale des républicains, a dit que M. le maréchal de Mac- Mahon aurait à se soumettre au verdict du suffrage universel, ou à se démettre; ii a un procès pour cela. Le manifeste pose autrement une alternative analogue : ou le suffrage universel se soumettra, ou Ton se passera de lui. Le conflit annoncé, il Haut Taccepter, puisqu'on nous en menace d'un cœur si léger, et nous y résigner comme à un moindre mal; car le plus grand de tous serait la remise, entre les mains d'une majorité hostile à la république, du véritable rempart de la république.
Une majorité républicaine dans la Gliambre des députés garantira la France contre ce qui est impliqué et latent dans Tacte du i6 mai. Elle réduira cette crise improvoquée, non pas à être inoffensive (elle a déjà fait bien du mal, et elle en fera encore), mais à ne pas compromettre les solutions définitives. Sans doute ce sera une situation laborieuse et imposant une forte et longue patience. Mais le succès qui couronnera ce labeur et cette patience est assex important pour rendre les républicains inébranlables dans leurs résolutions de rester sages jusqu'au bout.
LES DKUX ISSIKS DE L\ CRISE liL 16 MAI. ilO Tout autre cal l'uvenir que nous ouvrirait, la polili<|ue de M. le luaiéctial de Mac-Malion, si un Irisle abandon de nous-mêmes pernitiUail qu'elle l'emporlâl. Tandis que les perspectives, dans le cas de sa défaite, sont le maintien, aujourd'hui, deumin et après 1881, de ce qui est, le;^ perspectives de sou IrionipliL' sont l'assaut ù ce qui esl, assaul livré aujourd'hui, demain, et jusqu'en 1881.
Dès aujourd'hui, lors môme que le renversement de Ui républii)ue sérail ajourné ii 1881, les mouarctiisles auront fi prendre lours positions pour l'échéance qui doit couronner M. de Chambord et exiler le prince impérial, ou couronner le prince impérial et exiler M.deChaiidiord. Ces iiusilions de tuprâuie imporlanoo seront disputées avec adiarnement entre légitimistes et lionaparlisles. Le mactnabonat républicain, tel qu'il se produit en léle du muRifeste, u un appui temporaire, mais aucun appui permanent ni punni les lé(;itiniistes, ni parmi les bonapatiistes, ni parmi les rléricaui. Tous sont décidés k en Tiriir, ù lu première occasion Tavorable, avec la république, bonne nu mauvaise, macnuhonionne ou autre. Depuis le IC mai, M. le maréchal de Hac-Malion est peu de chose sans eux (car quel ne serait pos son iïolemenl?); au lieu qu'eux sont beaucoup sans lui, car ils représentent qui la monarchie lé^'itimc, qui lu monarchie césarienne, qui la monarchie cléricale.
Les monarchistes se sont saisis avidement de l'occasion qu'on leur olfrail de combatlrc la république suus le couvert du gouvernement républicain. Entrés diins la place. Us la tiendront jusqu'au bout, tiia politique de H. le maréchal de Mac-Mahon a le dessus, licite politique mettra, sans beaucoup