DUNE INFLUENCE
blissement d'une monarchie ; et, en ce sens, sinistre ne fut pas mal appliqué, mais c'était une singulière aberration d'accoler une pareille épithète au nom de celui qui avait tiré la France de l'abîme.
L'initiative de M. Thiers continua à tourner vers la république les hommes du centre gauche, qui appartenaient soit par leurs antécédents soit par leurs opinions à la monarchie. Cette accession fut très importante; elle rassura le pays contre les entraînements; mais elle imposa la nécessité des ménagements. II fallut ne pas se brouiller avec ces nouveaux alliés, leur tenir compte de leur ferme adhésion à la république; et la politique devint nécessairement mitoyenne entre celle de la gauche et celle du centre gauche. Ce fut une leçon constante de prudence et de concession.
On était, dans l'Assemblée nationale, qui avait le pouvoir constituant, en présence d'une majorité monarchique, petite il est vrai, mais dangereuse à la république. On était perdu si Ton se désunissait. On ne se désunit pas. Les coalitions sont sujettes à se dissoudre, et la perspective même de leur succès n'est pas encourageante, parce qu'on ne sait comment il se transformera en succès positif. Il était donc essentiel que l'union de la gauche et du centre gauche ne fût pas une coalition, et qu'elle poursuivit non un but négatif mais un but manifeste et prochain, l'établissement d'une république qui fût à la fois celle des vieux et celle des nouveaux républicains, en un mot la république du pays. Gela se fit, mai^ non sans un esprit constant de prudence et de transaction.
La chute de M. Thiers en 1873 fut aussi une leçon de ne pas ébranler, sous prétexte de les avertir, les