‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 78 sur 102 · OE !.,\ PHILOSOPHIE POSITIVE · texte numérisé non relu

OE !.,\ PHILOSOPHIE POSITIVE

chefs qui remgilissaieiil. sulfisammeDt leurs iliCBciles fonctions. Un député éLoil à élire à Piiris. L'un des candidats était M, de Rémusut, ami de M. Thiers el ministre des affaires étrangères. Il importait de donner unn marque de eonllance k M. Thiers en ce inomeni plus que jamais. Lf. parti radical ne le voulut pus et lit passer son candidat. Cet écliec fut vivement ressenti. Les amis du gouvernement furent déconcertés par cette manifestation radicale de la fçrande ville; les ennemis furent enhardis. Je ne veux pas dire que cet tWénement ait été ta seule cause du H mai. On songeait depuis quelque temps k renverser â tout prix M. Thiers; seulement on cherchait un moment favorable, un ébranlement qui facilîUlt quelques défections. Et quand on se rappelle que la majorité qui |)assa par-dessus le corps de M. Thiers pour tenter d'arriver à lu monai*chie fut petite, il est impossible de contester au triomphe radical une part dans le vote qui enleva des tnains du réparuleur de nos désastres lu direction des atlitii'es publiques. A peine le coup eut-il été p»rt« par la coalition monarchique que les républicains ^connurent l'élendue de lu perte qu'ils Teiiaintit de faire. Mais il en naquit une impression, c'est qu'il ne fallait pas recommencer, que la politique était, comme la guerre, une partie dangereuse k jouer, el que les caprices particuliers, même d'une grande ville, ne devaient pas prévaloir sur la discipline générale.

En 1871, à Bordeaux, je merappelle que, dans les premiers jours de l'assemblée, des rassemblements se formi>rent quiapostropliaieni, à leur entrée dans la salle des séances, en les qualiltani de ruraux les députés monarchistes, qui alors formaieni, ii beau-

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coup près, la majorité. Cela était fort grave. Les paysans avaient voté généralement pour des hommes décidés à faire la paix, lesquels se trouvaient, pour la plupart, légitimistes ou orléanistes; mais, si les campagnes persistaient dans leur vote, une fois la paix faite, la république n'avait guère d'avenir, et le suffrage universel aurait fini, malgré les grandes villes, par la mettre en minorité. Ce fui M. Thiers qui commença leur conversion. Les paysans, qui sont propriétaires en grand nombre, ont des tendances conservatrices. On leur montra une république qui ne contrariait en rien ces tendances, tandis que la monarchie ne leur apparaissait que sous la forme dune coalition à trois létes, dont chacune se résenait de dévorer les deux autres. Les suffrages ruraux ne se refusèrent plus à la république: mais, si une certaine politique les a gagnés, il est clair qu'une certaine politique les aliénerait- Est -ce à dire que pour garder l'aile droite il faille perdre l'aile gauche? Non. sans doute: telle est Iheuivuse propriété de la république actuelle qu'elle donne des garanties aux deux ailes. Sans doute il est de l'un et de l'autre côté des intransigeants qui ne >e rallieront pas à elle; car elle ne poussera jamais la consenatîon jusqu'à rétablir la monarchie, ni elle ne s'engagera jamais assez dans les conceptions radicales pour ébranler ia confiance du maintien de l'ordre. Mais entre ces deux intransigeances est une latitude considérable qui, au fur et à mesure des exigences sc»ciales et des moaTemeots de l'opinion, lui permettra de donner satîsfaclioD aux deux tendances essentielles de toute société moderne. Tonire et le progrès. Ainsi voilà une autre fâce des choses, et justement la lace opposée.

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