‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 91 sur 102 · ET L'EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

ET L'EXTÉRIEUR

devoir envers nos anciens compatriotes, que la violence seule a séparés de nous et que la violence seule retient sous le joug. Mais il ne s'agit pas de spéculer sur des hasards qui échappent à toutes les prévisions ; il s'agit de deux politiques, Tune de revanche» Tautre d'acceptation. Celle de revanche combinerait tout, au dedans et au dehors, pour donner à la France la plus grande force d'agression ; celle d'acceptation, en pourvoyant amplement à la sûreté nationale, ne détournerait jamais ni nos pensées, ni nos ressources vers autre chose que l'amélioration de nos conditions économiques cl morales. Je ne parle pas d'une politique incertaine d'elle-même, qui tantôt songerait à la revanche, et tantôt se résignerait à l'acceptation ; ce serait la pire de toutes. La république française n'aura pas de ces inconséquences et de ces vaetrvient ; acceptant la paix qui lui a été faite, elle se l'impose délibérément comme le plus sage et le meilleur emploi des forces de la France, et elle y aide partout où ses conseils et ses influences ont quelque action. J'exprimerai le mieux ma pensée en disant qu'elle se neutralisera autant qu'il lui sera possible, de son plein gré, de la même façon que certains petits États sont neutralisés par les traités.

Il importe que la république française se fasse une politique extérieure dont les linéaments généraux soient toujours présents à l'esprit de ses hommes d'État et de ses diplomates.

5i0 LA RÉPUDLIQUE FHANÇAISE

L'ancienne monarchie eut sa politique persévérante, suivie avec plus ou moins d'habileté et de succès, mais bien entendue en somme ; ce fut d'éloigner progressivement de la capitale les frontières et de les étendre vers le Nord et le Rhin. C'est ainsi que l'Alsace, la Lorraine, Metz, la Flandre fran^*aise furent successivement annexées. Telle était la situation territoriale au moment où la révolution de 1789 éclata. Cette révolution se déclara d'abord pacifique et ennemie des conquêtes; puis, dès 1792, la Prusse etrAulriche l'ayant attaquée, la Convention, se livrant à l'emportement révolutionnaire, généralisa les hostilités et ameuta l'Europe contre elle. Dans cette lutte, l'Europe n'eut pas le dessus. Los armes françaises arrivèrent jusqu'au Rhin ; et h la fin du siècle se trouva accompli dans toute son étendue le programme que l'ancienne monarchie avait poursuivi avec opiniâtreté.

Napoléon l" et Napoléon III, ces deux fléaux de la France, défirent non seulement l'œuvre de la révolution, mais aussi celle de l'ancienne monarchie. Je ne parlerai que pour mémoire de la royauté des Bourbons aines, de celle des Bourbons cadets et de la république de 1848; elles et leurs projets furent emportés par des commotions intestines ; et je mets immédiatement en face des ruines laissées par les deux Bonaparte la république actuelle. C'est elle qui a la tâche de refaire une politique extérieure suivie et permanente. Certes, sa position est encore plus mauvaise que celle des Bourbons aînés, laquelle pourtant n'était pas bonne, mais où l'Alsace et la Lorraine nous étaient restées. Elle est surtout plus mauvaise que celle de Louis-Philippe, dont la situation fut longtemps délicate à l'égard du

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dehors, mais qui en Irionipha par son i^crnio allaclicnient à la paix, et parliculièremenl plus mauvaise que celle de la république de 1848, qui avait liérité du régime précédent une excellente année el que les troubles de l'Europe niettaienl lurgenienl ù son aise. Il sérail téméraire à elle et dangereux de prendre le rang que tinrent la niunarcliie de la real.iuralion et celle de laquasi-iégilîmitê. Des événeiiients foudroyants el tels qu'il n fallu pour les elTeeluor l'incroyable et Torluit concours de toules les imbécillités en un in^me moment, en un même point el en un même gouvernement, nous en ont préiipilés. Je l'ai déjà dit, mais on ne peut trop le répêlcr, afm de l'inculquer dans les esprits qui y répugnent le plus, noua ne sommes pas désormais ce que nous étions tout à l'heure, une grande puissance. Il n'y en a aujourd'hui que trois, la Russie, l'Angleterre et l'Allemagne. Noire orbite est devenue secondaire. Nous y soumettre modestement et en lirer courageusemenl tout le parti qu'elle coniporle, est l'tEUvre dévolue à la république française. Les responsabilités suprêmes dos destinées européennes sont écartées d'elle, car elle ne peut rien dans l'or- Mte supérieure oii se meuvent de plus puissants qu'elle; mais il lui reste asseic de force, si elle sail, et elle le saura, en user, pour melire sa sïlrejé h couvert el pour offrir, en cas d'urgence, un concours qui ne serait pas à dédaigner.

Pour se placer exactement à notre point, il suffit de considérer l'agrandissement lel qu'il se présente puur les ti-ois grandes puissances que tout à l'heure j'ai rangées en tète des autres. Lu Russie est sans limites dans l'Asie centrale; les expéditions succèdent aux expéditions, et les annexions aux an-

nexions : toutes les peuplades turbulentes qui occupent ces contrées subissent sa domination ou son influence qui prépare sa domination; elle ae renonce pas pour cela à se faire sa part dans les dépouilles de Tempire turc, soit en Arménie, soit en Europe. Le mouvement de TAngleterre n'est pas moindre : elle est en train d'assurer, du côté de Touest, à son empire de l'Inde la frontière de TAfganistan ; à lest, elle a avec les Birmans des démêlés qui leur coûteront quelques districts; et l'on vient d'être informé, à propos de la mort inattendue du fils de Napoléon III, de ses énormes progrès dans l'Afrique australe. Enfin, l'Allemagne, dont les coudées sont moins franches, et qui n'a pas, o<Hiime les deux que je viens de nommer, les espaces ouverts devant elle, poursuit néanmoins des visées qui, en raison de sa grande puissance et de l'équilibre instable oii elle a mis l'Europe, n'ont rîen de chimérique : elle pousse l'Autriche vers l'Orient,^ afin de réclamer pour elle la partie allemande de cet empire; car elle a aussi son Allemagne irracbetée, où elle range la Hollande, lui demandant d'abdiquer de gré ou de force son indépendance, pour devenir terre germanique, elle et ses colonies indiennes.

Il est évident de soi qu'à la différence 4e l'Aile* magne, nous n*avons ni ne pouvons avoir aucune prétention sur quoi que ce soit en Europe. Nous sommes bordés de petits États auxquels nous ne voulons certes rien enlever. Quant au grand État qui, dans le reste, nous est limitrophe, il n'e^t nullement disposé à favoriser des projets, «i nous les avions, qui nous rendraient notre ancienne position en Europe, et l'Alsace et la Lorraine ne nous ont pas été enlevées pour cela. Mais, chose singulière

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et pourtant réelle, c'est à imiter la Russie et l'Angleterre, sur une petite échelle, bien entendu, je. veux dire à chercher notre extension hors de TEurope, que nous sommes conduits par la force des choses, par le pressant souci de ne pas laisser chômer et dépérir ce que nous possédons, et par le besoin de mettre en équilibre le dedans qui est si actif, avec le dehors qui, si Ton veut, nous payera de nos peines.

Je ne mentionnerai que pour mémoire la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, où il n'y a qu'à entretenir, ni même la Nouvelle-Calédonie, dont le champ est en préparation, mais très limité. En revanche, j'insisterai sur la Guyane, qui est, à vrai dire, une honte pour nous. Voilà plus de cent ans que nous possédons là un vaste territoire, et nous n'avons su en rien faire, rien qui équivaille du moins à ce qu'ont fait de leurs Guyanes les Hollandais et les Anglais. 11 appartient à la république de se mettre à la besogne et de réparer, à l'égard de notre possession américaine, l'inerte somnolence de l'ancienne monarchie, qui la reçut en place du Canada, perdu grâce à elle, et n'en tira aucun parti, du premier empire, qui fit prendre par l'ennemi toutes nos colonies, y compris celle-ci, de la restauration, de la royauté des Orléans et du second empire, qui passèrent inutiles à cette grande contrée. La Guyane est pour la république un digne objet d'émulation. Mieux faire qu'on n'a fait importe à son renom, à son honneur.

Après la Guyane, la Cochinchine, champ non de population, mais d'exploitation, et champ très étendu et pour ainsi dire sans limites, ouvre des perspectives de grande et fructueuse activité. On a

la main sur le Tonkin. Le passage de ce pays sous le protectorat français est mur et désiré par les indigènes. Ainsi, dans ces contrées longtemps inexplorées, notre établissement s'affermit et s'agrandiLLe pays est fertile, la population laborieuse. Le commerce et Tindustrie ont là de grands débouchés, qui croîlronl à mesure qu'une administration vigilante et entendue améliorera nos rapports avec les indigènes, connaîtra mieux le sol et ses produits, et portera de plus en plus vers les sources (les grands fleuves et vers la Chine les relations de la France et son ascendant.

La Gochinchine est beaucoup ; mais TAlgérie est bien davantage. Elle est à la fois une colonie de population et d'exploitation. Il y eut d'abord des doutes sur la question de savoir si les Européens s'acclimateraient en cette terre africaine. Aujourd'hui, ces doutes sont dissipés. Près de cinquante ans de possession ont fait justice des craintes du premier moment. Une population européenne s'y établit, y dure et se reproduit. Ce n'est donc plus qu'une affaire de temps pour avoir là, à côté des Arabes et des Kabyles, des millions de bras français ou devenus français, qui mettront en valeur ces terres déjà si productives. Un tel résultat serait à lui seul bien digne d'être poursuivi avec un zèle infatigable et une étude incessante des moyens d'appropriation ; mais il est loin d'être tout. Au delà du Tell est le Sahara, le Soudan, l'intérieur de l'Afrique, qu'il s'agit de rattacher à la Méditerranée par notre intermédiaire. Nul n'est mieux placé que nous pour accomplir cette grande opération ; aussi parle-t-on d'un chemin de fer transsaharien. Les États-Unis, qui ont fait leur transcontinental, n'hésiteraient pas à

ET [.EXTÉRIEUR, l'entreprendre; il faut espérer que nous n'iiésîleions pas plus qu'ils ne feraient. Une récompense est au bout de ces judicieux travaux: c'est de rejoindre par cette voie inattendue nos élablissemenU du Sénégal et de la cAle atlantique de l'Afrique. Ils ont déjà une notable importance, que ce raccor- (leinenl augmentera beaucoup.

On ne concevra pas, je l'espère, ii mon égard, la désobligeante pensée que j'aie, de luon clief, imaginé un système de politique exlérieure pour la république française, (^e serait de l'outrecuidance de ma part, car rien ne me qualifie pour une pareille initiative ; je n'ai jamais gouverné, administré, négocie; les hautes fondions de cet ordre m'ont toujours été étrangères; et, pour rien au monde, je ne voudrais y affecter une autorité qui ne m'appartient pas. Mais je suis, par beaucoup d'éludés, un critique et un bistorien, c'est-à-dire que, pour remédier ii mon insuflisance pratique, j'ai recoursà la méthode sociologique. Donc, ici encore, je l'ai consultée, et elle m'a mis sous la main les faits préexistants qui ont guidé mon chemin. Je n'ai rien inventé, ni imaginé; j'ai consulté soigneusement les aniécédeuts, et ils m'ont fourni des linéaments qui ont l'avantage d'appartenir » un premier tracé, ce qui n'est pas peu, et d'en indiquer un second qui s'en déduil, ce qui n'est jias moindre.

Le mi^ue procédé me donne, au sujet des alliances, les conseils dont j'ai besoin. Des rapports naturels de voisinage, d'échanges comraerriaux, d'habitudes libérales, ont renoué l'alUaiiee anglaise, que Louis-Philippe eut le grand mérite de fonder. Nous n'avons qu'à nous féliciter d'un pareil résultat et à le maintenir. C'est un très bon commencement ;

UQ LA [{immiKm française

je te eonslafe pour hier, pour aujourtfiittl, el je le reoottiaiande pour demaÎB. Yoilà toute la (Ache, en ceci et deoB le reste, q^àe j ai prétendu iii*attribtier en écmatil oel article. Aussi je la dépasserais si je me hasardais à doutier dès avis à notre dqiloaiatîe sur ce qu'elle doit ftiiire en face de FaHianoe des deux empereurs d*All«iiiafiie el d*Aulnche, el en face dea efforts que lenle la Russie pour reTeoir dans La giron de TaUtance é^s Ivoia emperews, 4«i, en soa temps, ftil jugéo h hof dvoil si •ousiddu'aMe^ A phia forte raison n» discuteraî»-je pas, oa» ki question appartient non au présent^ maisà Tafenir, une. con^naisofli dont on parlo q4iel«^ft>is et qm fiormerait une union entre bss trois peupfas kstina, Italie, Espagne et France^ C'est 1» droit et peut-être le devoir- dcajouirnaliatea et chaa spécuIntiÂL do s'en occuper à roecasion ; mais la répuMique ikaaiKçaiae est» pour lo présent, sourde et nMietto sur oette qu^stioj^

ly

U* ne suffit pas qu*un gouvernement qui vient de s^établir, mais qui se fonde, c^est-à-dire qui aspire à diriger les destinées d*un pays, voie devant hii une bonne ligne de politique extérieure ; il faut encore qu*il se persuade qu'elle ne vaudra que si elle est suivie avec conséquence, de manière que la journée d'aujourd'hui ne démente pas la journée d'hier« et que Ton jette les fondements d'une tradition. Sans tradition, un État est à la merci des impulsions du moment et des lueurs trompeuses dea incidents. Pîerro qui roule n'amasse pas de

ET I/EXTEflIKOR. 5+7

OKitisse, ilit le proverbe. Cfla i^sl aussi vrai des Gfnls que tifs psrticDliei'9. La France en est un liUle exemple, elle qui, changeanl de politique en changeant rie régime et de mnllre, en est venue oii nous la voyons, déchue de son rang en Europe et [lémemhrée du cAté où il importait le plus qu'elle ne le fAt pas.

Commencer une tradition! Y pensez-V0U9? En une république qui vient fi pfine lîi^ nnttre I Au milit^u de partis frémissants, les monarchistes qui veulent rétablir la monarchie, les cléricaux qui veulent rendre iiu pape sa suprématie, les réTolul ion na ires et les sociatistea qui font lilière d'un régime de légnlité régulit're et de développement prog4'es8if! Ajoutez l'indiscipliitc soupçonneuse du parti répu- Micain, plus hnhitué h défaire qu'à élre un gnuver* nement. Votre tradition s'en ira avec votre république, qui tombera k gauche kî elle ne tombe pas k droite, qui tombera li droite si elle ne tombe pas k gauche, et que toutes les instabilités menacent, sans intéri^t dynastique qui la floutien^e, sans grandes maisons qui lui donnent leur appui, sans alHancps de familles au dehors, sans, en un mot, ces nltaclies multiples que les établisseinenls monarchiques, royaux ou impériaux, ont toutes faites (l'avance en Europe.

Certes, ce n'est pas moi qui voudrai atténuer les dlfnrullés, voire les dangers qui entourent la république française. Je me suis sufHsiunment expliqué, en traitant naguère de ses chances de durée, sur la part que la clairvoyance politique fait aux mauvaises chances. Mais, tout déduit avec une impartialité donijo mo crois capable, je reste perstKidé que les bonnes chances l'emportent de beaucoup et que, si

Ton sait les ménager, on fera prévaloir sur le temps qui affaiblit et qui ruine, le temps qui fortifie et qui consacre.

Ma persuasion se fonde sur les faits considérables qui se sont passés depuis la réunion de TAssemblée nationale à Bordeaux, et dont Tencbainement n'a rien de fortuit, sauf peut-être la résolution de M. de Cbambord de se refuser à tout compromis qui reconnaîtrait les principaux résultats de la révolution française. Dès Bordeaux, dès que Ton connut le résultat des élections, dès avant la réunion de rassemblée, il m*apparut que la république, qui avait été établie en fait seulement, mais en fait nécessaire après la chute de Tempire à Sedan, pouvait être conservée, épargnant ainsi, au milieu de tant de désastres, les épreuves toujours périlleuses de l'inauguration d'un régime nouveau. Ce qui était fait bien ou mal, était fait, incomparable avantage sur ce qui pouvait être fait. Je fus singulièrement confirmé en mes espérances par la lettre de M. Thiers que j'ai rapportée dans mon livre de Conservation^ Révolution et Positivisme, 2* édition, p. 77. C'était un point capital que le premier chef du pouvoir exécutif après l'effondrement impérial, se déclarât, non par sympathie antérieure ou préjugé pour la république, mais par le froid jugement de la raison et de la nécessité politique, pour l'abandon de toute idée de restauration monarchique, soit légitimiste avec M. de Ghambord , soit parlementaire avec M. le comte de Paris, soit césarienne avec Napoléon III rétabli. A lui qui avait, à ce moment, toutes les responsabilités du dedans et du dehors, Turgence des faits parlait impérieuse. Il sut, suprême savoir, s'y conformer, et accepter avec la décision

ET T.'EXTÉRrEUIt.

(le riioiHine il'Ëlat la solulinn qui lui parut \a. seule sûre, la seule possible. Depuis lors, il ne varia pas ; el il mérita que nous tous qui, dans l'Assemblée nalionale, approuvions le point général , lui fissions le sacrifice complet de nos dissidences avec lui sur tel ou tel point particulier.

Je ne m'arrêterai pas à montrer qu'entre toutes les affaires qu'il faut préserver de l'action directe de la démocratie, les affaires étrangères tiennent sans contredit le premier rang. Cela est évident; il n'y a que la mauvaise démocratie qui s'en mêle. Tandis que dans les monarchies elles appartiennent aux cabinets des princes et des minisires, dans la république française elles appartiennent aux trois pouvoirs qui lu régissent. Le président et son ministre des relations extérieures ont l'initiative, les deux chambres ont le conlrflle. Ces pouvoirs, quelque soumis qu'ils soient aux rénovations éleclorales, n'en sont pas moins aptes à devenir les conservateurs de la suite et de la continuité, k garder les lignes générales et à entretenir les desseins à longue portée. Seulement il est nécessaire, mais il suflil, qu'ils se pénètrent de l'importance capitale de ces qualités dans les relations extérieures, et qu'ils se fassent un devoir étroit, explicite, de leur assurer la prévalence en théorie el en pratique.

La présidence, avec sa septennalité.esl en lionne position pour l'oflice que je réclame. Le temps ne lui est pas mesuré chichement; elle voit devant elle lie l'avenir, et n'a point hUte de dévorer une puissance d'un niomenl. Sa propre durée lui donnera souci de ce qui a été Tait avar.t pile, augmentera la force des vues générales, et diminuera l'impulsion des vues parliculiéres. Rien de plus n'est il de-

5fiO LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET L'EXTÉRIEUR.

mander dans le maDiement des grandes affaires.

La chambre des députés est pliis mobile. Mais, dans sa commission des affaires étrangères, il se for** mera des hommes qui, non contenUi de faire droit aux urgences du présent, se convaincront qu'il importe de ne pas le livrer aveuglément à sa seule direction, et qui voudront en voir la connexion avec le passé et, jusqu'à un certain point, la subordinalion.

de sénat, par le mode d'élpction qui le recrute, est moins mobile. De plus, il a un noyau inamovible qu'il faut bien se garder d'entamer, et que ceux qui Tinstiluèrent ne conçurent certes pas comme devant servir au fonctionnement de la république. Il lui sert pourtant, car il renforce la propension qu a cette assemblée à suivre les voies de la tradition. Recommander au sénat le soin de la continuité est assurément lui recommander ce qui est tout à fuit conforme à sa nature.

Imaginé -je donc un État bienheureux où les hommes soumettront leurs passions à la raison, ou les froissements ne se produiront pas, où les ambi« tions particulières n'auront pas leurs échappées? Non sans doute ; à un optimisme chimérique a'op« pose la condition de Thumanité, aus^i bien en mo-* narchie qu'en république. Mais , contrairement à des opinions très accréditées qui ne voient de suite que dans une dynastie héréditaire^ et qui la dénient à tout régime électif, j'ai tenu àmontrer que la république française, telle qu'elle est instituée, est en pleine possession des organes nécessaires au traitement des affaires étran* gères et à la continuité d'une politique* Le caractère des hommes d'État et les circonstances extérieures

\y\iw iwwmr^ soofoioaiQtiG, etc. sa

âxemeroni sans doute des inllupiices considéraliteS sur Içi déterminations; mais olles no prévaudront pas sur la pondéral ion des pouvoirs, quand ces pouvoirs se seront liieii pt^niHvés que veiller à la continuilé iluiis les atlaires du dehors osl aussi essentiel quD coordonner I» budget fulur avec le budget pnisé. Lt nouveauté do mon artirle n'est pns duns ce que je dis sur la conséquence el )a coniinuilê) mai» elle esl dans mon etroi-l d'en fuire en noire république un pointde doctrine el un étémeni de conduite pour les pouvoirs publics qui ont la direrlion, cl aussi pour l'opjniitn et la presse qui ont le conli'âle.

D'UNR I^IFIUMITÉ SOGIOLOGIQUB

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[U Hipuhli<|iii, ilepuli riil'êllR cai detCmlr nn gnuTernemêlit, ni daii pluiflire au iiirii.}

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