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impropre à fournir et à constituer des ministères; chaque groupe a des hommes très aptes au pouvoir, et les groupes sont nombreux. Non pas qu*il soit inhabile, quand les portefeuilles sont entre ses mains, à gérer les affaires et à conduire la politique ; le soutenir, serait aller contre Tévidence des faits, témoin la prospérité générale, les plus-values d'impôts et le calme profond. Là ne gtt pas l'infirmité qu'en médecin vigilant je lui signale quand je lui tftte le pouls; elle gtt dans ses antécédents, dans ses . habitudes, en un mot dans son caractère qui ne s'est pas autant amendé que sa fortune. Il a de grandes qualités; mais ces qualités conviennent plus à la situation qu'il vient de traverser qu'à la situation où les fautes de ses adversaires lui ont permis de s'élever. Je ne crois pas que les majorités soient plus incorrigibles que les individus; mais, pour se corriger il faut faire son examen de conscience, ne pas se flatter sur le côté faible, et s'efforcer résolument de gagner ce qui manque. Le parti républicain a bien pu imposer silence à ses dissenthnents, pour présenter un front unique de résistance contre les monarchistes ; pourquoi n'exercerait-il pas un semblable contrôle sur lui-même, afin de transformer une discipline négative et de résistance en une discipline positive et de gouvernement?
Peut-être, à la lecture de ce début, se méprend-on sur l'intention qui en ceci conduit ma plume, et pense-t-on que je vais, me portant champion du dé* funt ministère, attaquer le nouveau. Pas le moins du monde. Je déclare que je continue à être minis< tériel. Non seulement je ne fais ni ne ferai aucune opposition au ministère qui vient d'être constitué, mais encore je le soutiendrai autant qu'il sera en
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moî, et conseillerai à ceux qui ni'écou lent île le soutenir.
Bsl-ce donc que je n'ai pas, moi aussi, des préférences ministérielles, des visées qui me sont propres, et des sujets de dissidence et de scission? J'ai de tout cela ; et en lémoignat;e, je n'hésite pas ii exprimer que j'aimais mieux le ministère W'addliigton que le ministère Freycinet, et mieux le minislère DuTaure que le ministère Waddinglon. Mais qu'importe? Le ministère Freycinet suivra, pour les «fl'aires des lînances, de l'armée et de l'instruction publique, une ligne analogue à celle que ses deux prédécesseurs ont suivie avec lunt de succès pour la prospérité générale, De ce cOté ma sécurilé est complète. Elle Test moins du côté des questions de pure politique: il est plus faible lii contre, que n'était le ministère Waddinglon, qui, lui-mflme, l'élait plus que le ministère Dufaure. Mais, de même qu'il fait des concessions aux groupes qui le pressent, de même je lui fais les concessions nécessaires, ne lui demandant pas plus qu'il ne peut donner. El je n'ai pus fi m'inquiéler de ce qu'est au jusle cette limite que je ne franchirais pas. Si le malheur veut qu'il ne dure point jusqu'aux élections de 1881 , nous serons suflîsamment avertis par la nature des exigences qui, tout en le couvrant de votes de confiance, l'auront ébranlé sourdemeni, sans le faire exprès pour ainsi dire, et par une malice invétérée de nature.
Il me parait que, jusqu'au renouvellemejil de lu chambre des députés en 1881, tout doit être domino par un principe bien supérieur à celui des nuances ministérielles et des groupes parlementaires, par celui de la stabilité. Trois ministères depuis la défaite irrémédiable du 10 mai, en 1877, depuis le
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ferme établissement de la république, c'est trop, beaucoup trop. A quel jeu jouons-nous? et que sont ces capucins de cartes à qui les portefeuilles passent successivement? Ëst>ce que le spectacle de la fragilité des combinaisons gratifie une majorité indifférente à se former et à se dissoudre? Difficultés, a-t-on dit, dont fère commence et qui clôt l'ère des périls. En est-on bien assuré? et, si Tère des difficultés dure et se complique, ne rouvrira-trclle pas Tëre des périls? Je les dirais, ces difficultés, regrettablesi mais inoffensives, si elles ne tenaient à des causes qui ne sont ni superficielles ni passagères. Pénétrons en effet dans Tintimité des hommes et des choses. Qu y trouvons-nous? qu'en règle générale un républicain est doublé d'un révolutionnaire. Gomment en seraitil autrement? Toute la tradition des républicains, toute leur éducation, tout le mérite de leurs souffrances, toute la gloire de leurs hauts faits est dans leur lutte contre des monarchies. Avec de pareilles dispositions, la tentation est toujours présente et vivante chez celui-ci ou chez celui-là de voir dans un ministère une espèce de roi dont il faut craindre la malfaisancc.
Le centre gauche, n'étant pas républicain d'origine et étant venu à la république secondairement et par raison, est, parmi les groupes, le seul où chacun ne soit pas doublé (je renouvelle mon expression) d'un révolutionnaire. Cette qualité le recommanderait, si le parti républicain était plus sage et plus contenu. Loin de là, elle semble le désigner à l'animadversion; non seulement on ne veut plus de lui dans le ministère, mais encore on Tévince partout on il peut être atteint, sans s'inquiéter d'avoir en cette manœuvre l appui des bonapartistes. Cette éviction
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rsl un muuvnis symptâinc, non pas lant en soi que pour ce qu'elle annonce lu disposition des {groupes il AS manger les uns les aulios.
La corrdclion parlemenUire serait plus grande, si le purli répit hlicain se divisait en deux fractions, Vua» uùnislârielle, l'autie d'opposilion, l'une conservatrice, l'autre novatrice, l'uno tory, l'autre wliig. Malheureuseuienl, les catégories entra lesquelles il SB classe n'olTrent rien de pareil, étunt du genre des nuance» doni la lotulilé consiituc la leinle m-aucév. Dans le parti républicain on est (et cela provient de sa propre Iradilion) plus ou moins avance. Ceiui qui l'est le luoiiis est poussé par celui qui l'est le plus après lui, celui-là par le suivant, et ainsi de suite jusqu'à la queue, avec laquelle personne ne veut rompre, vu tes anciennes relations, et qui par conséquenl pouijse loul le monde.
he leruie mancé, qui lient une si grande place dana le vocabulaire de nos lluctuations présentes, est à h toif très vague et Irès précis, selon qu'on le regarde du cùlii de ce qu'il contient ou du cAté de ta dirocitun. Au premier point de vue, il est l'en- »eigne commune de toutes les rérormes aussi bien que de tuules les révululiuns politiques et sociales ; et là-dessus je n'ai pus besoin de rappeler que ces rérormateurs pl révolutiannaireï si pressés de nous remettre jl lu refonte sont entre eux en dissidence încunciliablc sur lu forme et le fond de leurs projets, et qu'en dérmilive leur triuuiplie serait le triomphe de leurs dissensions. Mais, hu second point i\e vue, nulle amtiigutté ne plane sur le sens du mot avancéi c'est vers la république démocratique et sociale qu'iUnarrlie par étapes ou par^'uupcs.coinine on voudra. Ce qu'elle serii, nul ne le sait, je viens de