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dire pourquoi; mais ce nuage n*en diminue en rien, en accroît peut-^lre l*effèt comme machine de guerre. Plus un groupe est avancé, plus la queue a de puissance sur lui; et Ton saii, la fable de la Fontaine à la main, que la queue n*a pas d*yeux.
En éliminant les particularités et en cherchant parmi les fluctuations de la majorité celles qui lui rendent si difficile de faire sien un ministère, il apparaît que deux impulsions principales s*y partagent les esprits: Tune est Timpulsion de la politique, Tautre est celle des affaires. Il n*est pas malaisé, vu tous les échantillons qui en passent sous nos yeux, de définir ce qu'est la politique ainsi entendue et circonscrite ; elle a pour objet de remanier les formes* de la constitution et même de la société, suivant des types supposés progressifs, du reste fort divergents. 11 ne Test pas davantage, et par la même raison, de définir l'impulsion contraire, celle des affaires; elle se propose d'appliquer tous les soins et toutes les études à Tamélioration des finances, qui comprend l'économie entière du corps social, au perfectionnement de l'armée, qui empêche des journées de Sedan et des démembrements, et au progrès de l'éducation commune, qui est à la fois le couronnement et la garantie de l'œuvre républicaine tant au dehors qu'au dedans.
Trois fois depuis l'établissement définitif de la république, à l'avènement de son premier, de son second et de son troisième ministère, les deux programmes ont été en présence. D'abord il n'y a dans la chambre des députés qu'une clameur, et elle est presque sans contradiction en faveur des affaires. Son président les lui recommande, lui en signale l'urgence, et la presse d'aboutir. Elle applaudit sod
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présidenl. Qui ne croirait que les liédUtions onl disparu cl que lu murclie est déaormHis assurée? Erreur; btenlùl tout ce feu lomlie, toute celle ardeur s'allan^'uit, louL ce contentement se disloque. Les alfuires, qui ne renversent pus les minislêres, s'oublient ; la polilique, qui les renverse, reparaît ; et il nrrive qu'après un vole de confiance (nolez, je dis un vote de confiance), un ministère se sent obligé de prendre son chapeau et de s'en aller.
Bien que la situation ail cliangé à l'égard des personnes, elle n'a pas changé à l'éjjai'd des clioseb. A peine le nouveau ministère esl-il installé et a-t-il lu sa déclaration, que l'on voit poindre h l'iiorizon parlementaire el la question de l'amnislic, et celle de l'inamovibilité des magislrals, et celle des Tonclionn.iires, sans compter le reste. El le reste démocratique el social est inépuisable. Le nouveau ministère a pris l'avance sur l'une de ces questions et il a donné aux exigences des députés contre le personnel administratif une large satisracLion. Beaucoup trop large, ù mon gré ; il a dépassé la mesure, et frappé comme s'il était un IC mai. Quelle que soit ma désapprobation, l'intérêt de le conserver est, pour moi, dans les circonstances, beaucoup plus pressant que l'intérêt de le redresser. Toutefois ce trop aux yeux de nous qui n'avons point fait le ministère mais qui l'appuyons fermement, sera-l-il assez aux yeux de ceux qui l'onl fait, mais qui n'ont pas pour ce qu'ils font un bien vif altacbemeni?
Qui accusé-jc ici, el qui rends-Jc responsable du malaise d'instabilité dont nous soutirons? Certes, non pas le ministère que je défends aulant que je puis, coiispillaiil de le laisser, pour le laps déterminé par les futures élection!:, s'occuper en paix de nos
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grandes affaires, au prix, peu regrettable, âc Tenterrement de tout ce qui nous en détourne el le compromet; mais bien la majorité de la chambre des députés, que son républicanisme fdit d'abord ministérielle, mais que son révolutionnarisme ne tarde pas à faire opposante. Ne parvenant pas à concilier ces deux tendances, contradictoires en effet, je ne dirai pas qu^elIe communique son mal au gouvernement, qui ne peut Are, comme elle, Tun et Tautre, mais elle lui ôte la sécurité et la solidité.
De même qu'après le ministère Oitfaure, de m^^me qu'après leministèreWaddingtén, âe même après te ministère Freycinet, deux voies sont ouvertes : ou bien laisser aller les choses telles qu'elles vont, an hasard des mauvaises humeurs et des indiscipRnes; ou bien réagir contre Téparpillement des volontés et la turbulence des intentions.
Le premier parti est le plus facile; il n'exige ni effort sur soi-même, ni contrôle, il procure la satisfaction d'un spectacle toujours varié, et l'illusion d'un avancement vers une république devenant ainsi sans cesse plus républicaine (c'est te mot). Le ministère ne tiendrait pas plus que ses prédécesseurs à ce régime. Ce qui est sans garanties n'a pas beau^ coup de lendemains.
Le deuxième parti est incomparablement le meilleur, le plus sûr, le plus viril ; mais, justement^ en raison même des contraintes que cette vîrilîlé impose à chacun, il se hérisse de mille petites dîfficultcs plus malfaisantes qu'une grosse. Là- la théorie et la pratique n'entretiemient pas une longue société entre eltes. En théorie il est accepté, à peine se trouve-t-il quelques voix qui veuillent en contester l'excellence. En pratique, les bonnes ré-
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soliiliolis coMcctives s'évunouissenl devant les suggestions iiidividuelies; et, tandis (jue le Imt essentiel assigné à la mnjortlé républicnint> devrait étouffer les griefs secondaires, ce sont les grief» seconduires qui prévulent sur le but essentiel.
Je ne me livre point ici à des spécuhtions qui tni'. soient propres, h des hypothèses que je combine pour nm propre satisËiction. Le mal est devenu si langible, que justL'nient eeux-lù qui s'y sont trop laissés aller le reconnaissent nui mênies symptômes (]ue j'ai signalés, et cherchent il y opposer les mftnieS rcniftdes dont je recommande l'emploi : c'est-it dire former dans le sein de la miijorité un groupe assez nombreux pour dominer les oppositions soit intransigeante», soit monarrhiqiies, et asseï doeilp D soi-m(>me pour ne p.ia, ii fimprovisic, faire faux bond a la t^onduile voulue.
Donc, en présence du désarroi qui n co&té la vie k dfiux miniatètes et auquel il seriiit imprudent d'oeiroyer pleine liberté contre un Iroisième, un groupe considcrabh^ de la majorité a conçu le salutaire dessein d'assurer au gouvernemcnl un appui qui ccsafti d'être mouvant. Je suis si préoccupé de In nécessité de ces mesures, et je crains tellement de trop abonder en mon sens, que je préfère à mes paroles d'autres paroles qui expriment la même pensée de discipline, la même méflnnce h l'égard d'un fiactionnement indéfini, et le même conseil d'un classement diclé par le véritable esprit parlcm^ntflire. h Vn premier pas, dit le journal le XIX' Siècle, a été fait vers le projet d'union de tous les républicains ministériels en un seul parti. Ce projet se réalisera, pai-ce qu'il ii'pond nos plus urgentes nécessités de In situation. Comment