‹ De l'état actuel de la gastrostomieChapitre 10 sur 33 · M A] GE · texte numérisé non relu

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s’agit de le dilater pour lui redonner sa perméabilité première. On place d’abord le fil sans fin.

Cette mise en place se fait de diverses manières :

On peut fixer à l’extrémité du fil une perle ou une petite balle de plomb que le malade avale avec le fil ; il faut ensuite rechercher la balle dans la cavité gastrique et attirer le fil en dehors par la fistule. Pour cela Sargnon se sert de la gastroscopieinférieure,

On peut également nouer le fil à l’extrémité d’une fine bougie en caoutchouc introduite par la voie haute à travers le rétrécissement. Sargnon recommande de se servir d’une bougie de caoutchouc noir, celles en caoutchouc rouge sont en effet difficiles à distinguer par la gastroscopie.

Le fil et la sonde seront recherchés dans l’estomac par endoscopie ou même avec le doigt après dilatation, de la fistule à l’aide de bougies d’Hégar.

Ce fil sans fin en place, on commence la dilatation caoutchoutée progressive. On introduit dans lœsophage un drain de caoutchouc, de diamètre choisi d’après l'intensité du rétrécissement supérieur. Ce caoutchouc allongé par la traction sur le fil, revient à ses dimensions premières, en augmentant de diamètre et en dilatant le rétrécissement. Il est prudent de fixer au drain un deuxième fil, véritable fil de secours qui permettrait de le retirer au cas ou le premier viendrait à casser. Cette méthode est le plus souvent suivie d’un succès durable. Elle est employée par Ehrlich, Reizenstein, Hoffmann, Sencert, Albertin, Vallas, Sargnon, Nové- Josserand et Vignard.

Bérard et Sargnon, l'ont appliquée avec succès dans

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le cas qui est rapporté dans notre observation n° 11.

Les inconvénients de cette méthode, rarement observés d’ailleurs, sont des ulcères résultant du séjour trop prononcé de la sonde dans Pœsophage. Billroth a vu une périchondrite cricoïdienne causée par ia pression du fil, Sargnon a dû trachéotomiser un malade atteint de chondrite du larynx par le maintien trop prolongé du caoutchouc dilateur dans le pharynx inférieur.

3° Nous nous bornerons à signaler la gastroscopie inférieure qui demande une grande habitude et permet d'introduire des sondes par voie gastrique dans lœsophage, de pratiquer l’œsophagoscopie rétrograde, méthode très utilisée par Sargnon.

4 La voie rétrograde pourra être utilisée pour les applications de radium dans les cas de néoplasmes de l’œsophage bas situés (Delbet).

5° La gastrostomie peut être le premier temps d’une œsophagostomie, mais seulement dans les cas très exceptionnels de sténoses cicatricielles infranchissables par les procédés habituels et notamment la gastro et le fil sans fin (Sargnon).

6° On a discuté sur la valeur dela gastrostomie dans les pharyngo-laryngectomies complexes, les opérations portant sur le pharynx inférieur et la bouche de l’œsophage.

Voici l’opinion de Bérard et Sargnon à ce sujet : la gastrostomie faite sous anesthésie locale et même combinée avec un peu d’anesthésie générale, à la reine, est

inoffensive etn’a donnéaucune mortalité opératoire(1).

(1) Bulletin d’oto-rhino-laryngologie et de broncho-æsophagoscopie de mars 1914,

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La gastro préventive a été employée par de Quervain, Helferich, Kocher et Von Hacker, tandis que Gluck déclare cette intervention inutile. Bérard et Sargnon qui ne l’emploient pas habituellement, Pont pratiquée récem ment comme opération préliminaire d’une œsophagectomie cervicale pour néoplasme au début.

Dans les cas de néoplasmes pharyngo-laryngés inopérables, la gastrostomie palliative sous novocaïne conserve tous ses droits comme d’ailleurs la trachéotomie. En pareils cas, on est souvent obligé de pratiquer chez ces malheureux, d'urgence et en deux temps cette double intervention toujours sous-novocaïne. La survie ainsi obtenue est parfois de six mois .et souvent supérieure comme durée à celle de Pintervention radicale dans les cas graves. (1)

(1) Sargnon : Indications et manuel opératoire de la laryngoctomie en

dehors des tumeurs malignes. — Rap. à Soc. franc. d’oto-rhino-laryngologie, congrès du 11 mai 1914).

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