‹ De l'état actuel de la gastrostomieChapitre 23 sur 33 · CR AE A · texte numérisé non relu

CR AE A

en bateau. La région du creux épigastrique est un peu douloureuse sans point nettement localisé.

Palpation négative, pas de signe de dilatation gastrique.

Aux poumons, examen négatif. Expectoration glaireuse, spumeuse, très aérée, abondante, précédée de quintes de toux depuis une quinzaine de jours. Rien au cœur. Réflexes normaux.

Sérodiagnostic tuberculeux : agglutination positive à 1/5, 1/10, 1/15.

La radioscopie montre un rétrécissement immédiatement au-dessus du cardia, sans poche, l’æsophagoscopie rétrograde a montré (Sargnon) une ulcération cardio-diaphragmatique en partie cicatricielle, en partie encore ulcérée. Il semble qu’il s'agisse plutot d’un ulcère peptiquede la région du cardia.

22 février. — Le malade ne prenant aucune älimentation par voie buccale, on se décide sous anesthésie locale à lui placer une sonde à demeure, après gastrostomie, suivant le procédé de Fontan. Pas d’incident. On commence l’alimentation le lendemain.

La température s’est maintenue entre 37° et 37,4° sauf le lendemain de l’opération où elle est montée à 38° le soir.

4 mars. — Sorti du service.

OBSERVATION n° 21

F..., 50 ans, entré, le 2t mars 1912. Rétrécissement de lœsophage par anévrism? del’aorte diaphragmatique.Mort par ouverture de l’anévrisme dans l’æsophage.

Le malade entre le 14 mars à Sainte-Elisabeth, et dans le Service de M. le D' Bérard pour se faire faire une gas-

trostomie.

Voici le résumé de l'observation de M. Roque :

30 octobre 1908. — Premier séjour à l'hôpital. Le malade, dont la femme est morte de bacillose, entre à l'hôpital pour des troubles pulmonaires.

Il a pris froid récemment, tousse et crache, mais pas d’hémoptysie.

Thorax amaigri. À cette époque, aucune remarque ; rien de bien grave aux poumons; rien au cœur ; rien à l'estomac.

1% mars 1912. — Nouveau séjour à l'hôpital, toujours pour des phénomènes pulmonaires, mais aussi pour des troubles digestifs.

Les troubles pulmonaires consistent en une toux sèche, fréquente, qui ne semble pas causée par de graves lésions pulmonaires. La voix est éraillée.

Les troubles digestifs consistent en vomissements du type œsophagien, régurgitation de suite après l’ingestion des aliments, surtout des solides. Il se plaint aussi de douleurs sourdes et continues à la partie supérieure du thorax.

Douleurs qui ne sont pas augmentées par l’ingestion des aliments.

L’absence d’alimentation a affaibli beaucoup le malade, qui a, d’ailleurs, perdu plusieurs kilogs ces derniers temps; une première radioscopie est négative.

15 mars. — M. Sargnon pratique l’œsophagoscopie. Il a une grande difficulté à vaincre le spasme supérieur qui siège au niveau de la bouche de l’œsophage et celui qui correspond à la crosse aortique.

La paroi œsophagienne est le siège des battements transmis. Au-dessous de ce rétrécissement, on tombe dans unevaste poche à la limite inférieure de laquelle se voit un nouveau rétrécissement siégeant à 38 centimètres de l’arcade dentaire. Ce point rétréci a un aspect nacré: il semble d’origine

cicatriciel. La poche est pleine d’un contenu liquide que

SN der

l'on aspire. On voit alors sa forme en calebasse comprise entre les deux rétrécissements.

16 mars 1912. — Ala radioscopie, gros cœur globuleux. Pas d’anévrisme de la crosse. Le cachet de bismuth est arrêté au niveau de la quatrième côte. Il semble bien qu'on ait à faire à une sténose d’origine organique, car le cachet n’est pas animé de mouvement d’ascension et de descente,

comme c’est le fait lorsqu'il s’agit de spasme.

A l’examen à la sonde, le rétrécissement est infran-.

chissable même pour le boule la plus petite. On a des -spasmes à différentes hauteurs. |

22 mars. — Gastrostomie par le procédé de Fontan. Le foie, débordant un peu, oblige à faire l’incision plus bas que d'habitude.

25 mars. — Mort du malade par syncope dans la nuit du 24 au 25 mars.

26 mars. — Autopsie. Estomac plein de sang. À l’ouverture du péricarde, on trouve de la péricardite récente et, au-dessous de la pointe du cœur, une masse du volume du poing refoulant le feuillet postérieur du péricarde, si bien qu'on se demande si cette tumeur d’aspect kystique n’est pas intra-péricardique.

în réalité, on trouve un énorme anévrisme de la portion inférieure de laorte thoracique, ouvert dans la partie inférieure de l’æsophage. L’ulcération œsophagienne a bien les dimensions d’une pièce de deux francs. La paroi de l’anévrisme est tapissée d’une épaisse couche formée d'anciens caillots fibrineux.

OBSERVATION n° 22

B.., 52 ans, entré le 25 juin 1912, AÆétrécissement de l’æsophage.

Ré .:

TU 1 L'ERRS

Lines

Vient parce qu’il ne peut plus avaler les aliments solides, il est envoyé par M. Sargnon.

Personnellement, à part une fièvre typhoïde avec fluxion de poitrine à 20 ans, il n’a jamais été malade. Il n’est pas alcoolique et nie la syphilis.

L’affection actuelle remonte au mois de février. Avant cette date, il mangeait sans difficulté. A ce moment, il commence, certains jours, à éprouver de la difficulté à avaler les premières bouchées ; le reste des aliments passait bien. Depuis trois semaines, même les liquides ne passent plus que difficilement etcapricieusement. Le malade n’a pas maigri. Pas de ganglion de Troisier, ni d’induration dans la région épigastrique. Pas d’albumine dans l'urine.

On fait une gastrostomie sous cocaïne. Les suites sont bonnes. Le malade s’en va en très bon état, mangeant quelques bouchées par la bouche et ayant appris à se servir de la sonde.

27 juillet 1912. — Le malade vient se faire voir ; il est en très bon état, a repris 4 kilogs et peut manger le ‘pain en petite quantité par la bouche. Il s’alimente toujours, pour la

plus grande partie, par sa sonde : potages, bouillies.

OBSERVATION n° 23

P..., 76 ans, entré le 10 août 1912. Néoplasme de l’æsophage.

Envoyé par M. Collet, pour un néoplasme œsophagien.

Se rappelle mal ses antécédents personnels. Surdité.

Bronchite ou affection pulmonaire mal déterminée en

février 1912 ; point de côté marqué.

Page 1