HISTORIQUE
Résumer l’histoire d’une intervention aussi souvent
remaniée que la gastrostomie paraît à priori infiniment complexe ; il s’agit de faire ressortir une évolution très nette due à des perfectionnements successifs, en condensant une foule de documents. Cependant nous cro- yons pouvoir diviser son histoire en cinq phases que nous allons étudier successivement :
1° Phase préantiseptique ;
2 Phase antiseptique;
3 Recherches de procédés donnant une fistule continente ;
4 Phase œscphagoscopique ;
5 Phase de l’anesthésie locale dans la gastrostomie.
1° Phase de début, ou préantiseptique.
Elle fut bien peu encourageante; les opérés mouraient
tous et la gastro pouvait être traitée de « folie opéra-
Le
Pirigo e
toire » par Alquié en 1854. Mais si les résultats sont déplorables, il est intéressant d’étudier cette période au point de vue des origines de la gastrostomie.
Se basant sur les observations classiques de Woitgel el de William de Beaumont montrant la possibilité de la vieavecune fistule gastrique accidentelle, le médecin militaire norvégien À. Egebert en 1837, émit l’idée première de la gastro. Il voyait là, pour alimenter les malades affligés d’un rétrécissement de l’œsophage, un procédé pouvant donner de meilleurs résultats que les lavements alimentaires, et il inventa une intervention qu’il n’eut malheureusement pas l’occasion de tenter. |
Cette fistule gastrique qu'Egebert avait décrite fut réalisée expérimetalement par Bondlot (de Nancy) en 1841 sur des chiens, afin d’étudier la digestion stomacale. II fut imité par Bassow (1843).
C’est au chirurgien français Sédillot que revient l'honneur d’avoir pratiqué le premier une gastrostomie sur Phomme (13 novembre 1849). Le malade opéré porteur d’un cancer œsophagien et cachectique avancé mourut quelques heures après l’intervention. Sédillot s'était servi d’une canule à larges bords pour faire communiquer l’estomac avec l'extérieur. Quatre ans après (1853) il pratiquait une nouvelle gastro, mais n’ouvrait l'estomac que cinq jours après l'avoir fixé à la paroi abdominale. Son malade mourait au dixième Jour de péritonite, mais Sédillot venait de créer le procédé à deux temps.
Malgré ces deux insuccès, il fut imité par un certain
nombre d'opérateurs qui n’obtinrent pas des résultats
NON Te
Si
plus encourageants. Parmi eux nous devons citer : FENGErR (1854), Cooper Forsrer (1856), HABErsToN (1858), Sxpney Jones (1860-66), Th. BryANT, CURLING (1866), Rupazz, Van TuaDen (1867), Fox, Durnam (1868), Maury (1870), J. Lave (1871), Surru, Lewis, Mac-Cormac, Jonon (de Nantes), LEcros, CLARK, Tromp, Bryanr, Mason, Jackson (1872). Lowe, Rose, Jacogi, Hoorr, MozLer (1874).
Le seul succès, tout relatif, de cette période désastreuse, est du à Sypney Jones(1875) avec une survie de vingt jours.
2° Phase antiseptique.
Arrive l’antisepsie, la chirurgie toute entière en reçoit un vif élan, celle de l'abdomen en particulier et la gastrostomie, toujours fatale au début, va profiter de ses bienfaits. Eviter la péritonite, tel est le souci de tous les opérateurs.
Le premier cas intéressant de cette période est celui du malade de Verneuil qui ne succomba queseize mois après l'intervention de tuberculose pulmonaire. D’ailleurs il fut l’objet d’une communication à l'Académie de Médecine (31 octobre 1876) et à l’Académie des Sciences (Mars 1877) et le malade fut présenté aux étu-
diants du cours de physiologie. Verneuil attribua ce
succès et ceux qu’il eut ensuite, à une antisepsie rigou-
reuse et à la perfection de ses sutures stomacales.
Les communications de Verneuil encouragèrent les opérateurs, et la gastrostomie fut tentée avec des résultats intéressants par Lanelongue (de Bordeaux, 1877), Schonborn (de Konigsberg, 1877), Trendelemburg (de Rostock, 1878), Herff (1879), Howse (1879) etc.
Dry
il proposait de faire la gastrostomie alors qu’on pouvait encore sonder l’œsophage, la sonde était terminée par un ballon de caoutchouc lequel, insufflé, appliquait l'estomac contré la paroi abdominale.
Les Anglais, Howse en particulier, font la gastro en deux temps et obtiennent des résultats encourageants.
3 Recherches de procédés donnant une fistule continente.
Nous avons vu la gastrostomie devenir moins meurtrière dans la période précédente, elle présentait encore un gros inconvénrent. En eflet les gastrostomisés menaient une vie misérable, digérant avec leur suc gastrique qui s’écoulait continuellement par leur fistule, leur paroi abdominale. Et cela malgré les obturateurs (Sédillot, Langenbeck, etc.) et les sondes à demeure de Verneuil et de Trendelemburg.
Il s'agissait donc d'empêcher le suc gastrique de s’écouler par la fistule.
Les procédés qui prirent naissance sont si nombreux que nous ne ferons queles mentionner en les groupant d’après leurs grandes lignes. Dans la partie de cette thèse consacrée au manuel opératoire de la gastronomie nous ne décrivons pas tous ces procédés, ce serait pour nous un travail sans grand profit : de l'avis des chirurgiens lyonnais le procédé de Fontan donne les meilleurs résultats, c’est lui qui nous intéressera surtout à ce moment.
Lucas-Championnière a proposé comme moyen palliatif de protéger la paroi en la recouvrant de coton vaseliné.
On a cherché à créer une fistule continente en la fai-