L, S.) J. COLETTI
Le Secrétaire d'Etat^ D. Christides.
B. Déclaration des Députés.
Suite des Actes de la première séance préliminaire de la quatrième assemblée nationale renouvelée. No. 33.
Dans la séance qu'ont tenue aujourd'hui (16 mars) les représentans de la nation , M. Fr. Thiersch leur adressa des observations tendant à rapprocher les partis dissidens et à arrêter l'invasion des troupes nationales dans le Péloponèse. Comme un argument qui servait d'appui formel à ses propositions, il allégua la décision qu'avaient prises MM. les résidens, de faire marcher les troupes françaises pour leur interdire l'entrée de la Morée.
Les députés de la nation , après avoir mûrement délibéré sur les propositions et les argumens de M. Thiersch, et avoir pesé la difficulté des circonstances, convinrent unanimement:
Que les troupes de la nation, commandées et accompagnées par le gouvernement national, entreraient sans le moindre retard.
Que les plénipotentiaires, escortés par elles, se présenteraient à leur tête, non avec des intentions hostiles, mais pour opérer la prompte réconciliation de la nation, fonder les lois et la tranquillité publique sur des bases immuables, et contribuer à ouvrir le chemin au prince souverain de la Grèce.
Que, lors même que les troupes françaises s'opposeraient à leur marche en tirant sur eux, les Grecs ne feraient pas feu une seule fois contre leurs bienfaiteurs généreux, sans s'arrêter pour cela-, quant aux plénipotentiaires, les bras croisés sur la poitrine, ils tomberont victimes de cette
intervention armée, et laisseront au monde à juger si la nation grecque n'était point digne d'un meilleur sort.
Tel est le parti que les députés de la nation ont pris d'un commun accord , parti conforme en tout à la décision du gouvernement national , et des troupes qui sont à sa disposition.
En donnant la publicité requise à leurs déclarations, ils se croient hors de toute responsabilité pour les maux dont leur patrie pourrait devenir le théâtre, et qui ne seraient que le résultat d'une intervention armée contre la marche régulière et systématique des troupes da la nation.
A Pérachora, ce 'V, g mars 1832.
Le Président, (L. S.) Panoutzo Notaras.
Le Secrétaire adjoint, B. Chrysoborgis.