II
montagne» pour «e diriger Vers Safcona, le osntire des cqmrmmieatians entre la Grèce orientale et ki Grèce occidentale. C'ait le point de jonction de* routes de Lfradle* de* Ti|latiti et des Thenhopyles, tandis quH en part une de SaJona, qai s'enfonce dans les montagnes de ffenotame ©e? ide, et qu'une «utre longe les cotes dn g«4fe de Comithe poar arriver à Nanpaete et à Miso* ténghi, «e partageant en plusieurs branches dont l'une pUMfe à Btadhori, et les antres en diffSrens cantons de ftMeifenfte Étoile.
On compte dans le Pflbpoaàse la grande route d'Àrga* par Tripeliaaa, qui sait les hauteurs dit Par* thénion et traverse l'iatérieer du pajs poar aller directement ià fatras. Il en existe nue antre, dans la direction d* 9âd de Tripotozà à Léon tari, divisée en deux, branches qui descendent à Lacédemone et en Mesfcénie. Une tifoislème aboutît à Carythèae et ne tarde pas à «uivre ÏAIphée pont se rendre à Olympie. Outre eeïu, il y a les routés de Corinthe qui. longent les côtes de l'Achaïe, de l'Elide et de la Messénie, «e piptaguaat ensuite en plusieurs branches qui favorisent les moyens de communication dans l'intérieur Ai pays*. — Tel est te plan pour les anciennes routes changées presque partout en sentiers qu'on doit rétablir et re~ dhftfassffr. Nbus m'avons indiqué que lés principales, cultes qui sont essentielles à Ja communication gêné* râle, laissant celles d'un ardre secondaire et moins t partant & la eharge dés Eparchies.
Après ayoir< tout calculé , il se trouve qu'en les toutes à construire eu à réparer, formait à peu jfrèe une étendue de 250 milles géographiques. Or* en portent le mille à 100>000 frases, terme moyen, y osai* pris ht construction des ponts, ee sera *iae ddpenfee dn 25,000,000 de francs.
On peut compter pour ces entreprise* sa* la bonne disposition et Je concours du peuple, ainsi qvrç su? la nature dq soj. Les pierres, abondent partout* et 1* solidité du fond rocailleux, jointe à la sécheresse qui y règne la plus grande partie de l'année, sera d'uij grand secours pour tenir les routes en bon état
Il est vrai que dans l'intérieur dut pays on rencontrera des difficultés réelles. Souvent la pente def montagnes se change en précipice, et les ravins pr<*. fonds qui les coupent, se remplissant d'eau ^ l'époque des pluies, se transforment en autant de torrejns qui rendent impossible toute communication. Mais ceaf difficultés existent partout dans les pays *montueux, et ne sont pas plus grandes en Grèce qu'en Suisse, en Piémont et dans les chaînes des Apennins, où Ton a su les vaincre à l'aidç des carrières et des ponts.
On aura, dans le voisinage de la Grèce, l'exemple donné par les Anglais dans les îles Ioniennes» puisque, tous l'administration de M. Adams, on est parvenu à construire des routes qui, pour l'élégance et la commodité, rivalisent avec les meilleures qu'on puisse trouver en Europe.
Voilà donc un modèle à étudier et à imiter, pour s'épargner les frais d'apprentissage qui ne manquent jamais, quand on s'engage en de grandes entreprises dans un pays où le climat, les hommes, les moeurs, jusqu'aux travaux, tout diffère de ce qu'on connaît parmi nous.
Nous ne parlons pas des routes qu'il faudrait ouvrir pour aller des villes voisines de la mer à leurs échelles, comme de la Béotie occidentale au golfe de Lihadpstro, de Salona au golfe de Q&laxidi, de pyrgos à Kata-
kolo ; c'est aux communes et aux districts à y pour* voir.' Cependant le gouvernement doit insister sur leur établissement, puisqu'elles faciliteront, avec les autres, les transports qui se feront de l'intérieur aux lieux des ' embârqûemens. En assurant aux produits un débouché peu dispendieux, ainsi que la possibilité de la concurrence avec les importations de l'étranger, elles réagiront d'une manière avantageuse , et contribueront k augmenter l'activité agricole dans le pays.
Le troisième obstacle qu'on doit chercher à éloigner afin de faire fleurir l'agriculture, consiste dans le système des dîmes et la manière de les percevoir. Nous avons dit que l'état reçoit le dixième de tous les produits des propriétés particulières et le quart des propriétés publiques. Chaque année, au mois de Mars,- les revenus sont vendus à l'enchère. On vend par îles et par éparchies; souvent les acheteurs morcellent ces dernières et les revendent par lots avec de gros profits. Il y a même des dîmes qui passent ainsi jusqu'à un troisième acquéreur. L'acheteur doit payer sur-le-champ un tiers de la somme convenue, acquittant les deux autres termes aux mois de Juillet et d'Octobre. Le gouvernement est tenu de le soutenir, fut-ce avec la force armée, dans la collection des dîmes; mais aussi, en revanche, il peut le mettre en prison, s'il manque à ses obligations. Pour plus de sûreté, le fermier doit nommer parmi les hommes riches un garant qui, en cas de besoin, est obligé de répondre pour lui. Ce système, tout naturel dans un pays où le numéraire est en petite quantité, où l'on manque de communications et de ressources artificielles, se trouve cependant, dans l'exécution, être préjudiciable au trésor et ruineux pour le pays. Comme il faut, pour affermer les revenus d'une province, des fonds, du crédit, ainsi qu'une
grande connaissance du détail de sjes ppas^sions, i^l **'j -. & ïuTt*n petit nombre d'individus . qu$ - leur fortune et leur situation* mettent à même d'entrer dans la concurrence. Ce sont presque toujours' les primats qui figurent en première, ligne,, c'est-à-dire,, les hommes qui ont le plus de moyens, et qui sont en général les plus disposés à tromper le gouvernement et à oppriinçr le peuple.
On voit donc des sociétés sq former pour s'approprier les plus riches districts et écarter les concm*rens, afin de tenir à bas prix les .offres qui se font à l'enchère publique. On imagine, bien, que les agens du gouvernement, surtout les employés du trésor ou leurs protégés, en font partie moyennant un certain gain, en sorte qu'il se trouve ordinairement. une double classe d'hommes avides et intéressés. La conséquence en est que la vente' se fait ordinairement. à bas. prix. Il n'y a que les deux tiers des revenus, .et moins encore, qui entrent dans la caisse du gouvernement De plus, le peuple est exposé à mille vexations de la part des hommes qui ont la volonté et les moyens * de le rançonner. On ne saurait donc douter . qu'il, ne fallût .changer le système actuel d'impositions, soit po.ur arracher les revenus publics aux mains avides qui s'en sont • emparées , soit pour tarir une des principales sources d'où découle la démoralisation du pays, soit enfin pour mettre à l'abri de la rapacité la classe la plus souffrante de la nation.
Avec un tel système, le propriétaire n*est plus le maître des produits de ses terres. Veut -il couper ou battre ses blés? c'est le fermier qui doit lui donner la permission, fixer le jour et l'heure, puisqu'il est présent pour en prendre sa part. (Test lui encore qui désigne l'époque des vendanges. Le propriétaire trouve- 1 7 il
que Ife* raisin» ne sent pd* tissez tant*, ou bien eit» 11 occupe ailleurs î «nfiil jugeai! qa'il fcerait b*n dé commencer plus tôt, ^pèuf pfcéTOnif; lé mauvais tems tafc île pas laisser les fruits Se gâter? nHnrpbrte, l'&chetea* des dîmes a d'autres affaires ou un autre but; il insiste donc sur le jour indiqué, fet le propriétaire est contraiïrt de s*y conformer, s'il tf a pas de moyens plus persuteifis pour le faire changer d'avis.
Les mêmes embarras fc'e renouvellent pbur toutes les branches de ragrîculture, ainsi que pour le transport des dîmes qui tombe encore en grande 'partie à la charge du propriétaire ; et comme il n'y a pas une seule terre qui en soit exempte, c'est un mal universel qui p&se presque sanfc aucune distinction sur toutes les propriétés, et contribue le plus à empêcher le développement de ragrîculture *). On pourra peut-être supprimer quelques abus; mais pût -on y parvenir, ïe système nlèn resterait pas moins ce qu'il est en lui-même, c'est* à* dire, une source de dilapidations, de corruptions, de wntraintes et d'embarras, indignes d'un ordre de choses tel <fue fa régence doit l'établir.
Four remédier à ces inconréniens, au moins et* partie, on avait commencé sous le gouvernement du Président, à vendre les dîmes, non plus par épatcHeà, maïs par districts et même par communes. Il faut donc
<^1H»M»«— »— tàmt *» i i »
t) C'est encore le système d'imposition -tel qu'il était pratiqué chez les anciens, qu'on a conservé dans toute aon intégrité. On n'a qu'à Bre, pour s'en convaincre, les discours de Cicëron contre Verres (livre troisième de Tacciwatrôn, ou l'actio frumentaria depuis 'le 5G*° ehapitoe) font les exaction», dans ht province grecque «éa ià «fftôfte, Avaient ruiné les paysans par la perception 4** dîmes , pour y xetrouver tout cet ensemble d'arbitraire et d'oppression qui, depuis bien dés siècles, ne cesse d'-accabler ce pays.
rifmqfar *"*** méthode et la géttérolUfti, afin q«* abaque commune ait là possibilité de: raehett* elle» tnéme ses dîmes, et qu'elle obtienne ainf&Ja ptréférenct sur les étrangers. Ea outre, il faut changer l'époeu* de la Tente. Le mois de Mars est t*e(> -éloigné de b réoolte, et les fermiers* tfén pérorant pas entfote prévoir les résultats, sont forcés de (mise leur cabrai sur lD* chance* les rooins favorables. D serait bon de différer la tente qui se ferait alors par commune* j«*q<ft'au Moment' où l'on.ceannence; à couper les blés.
Ow pe«i être sur d'augiùea^er au moins d'an ouàtt te xetote^ des dîmes, en même teeis qu'on m&têtn les tttttuntftieS- datts le cas de ae débarrasser /dé toute sosie d'entravée et 4e vacations, en faisan*, d'après les Wr -venus des possesseurs, la répartition de laeeosme qu'elle* tfoirent payer à l'état, et eh ehanganifc ainsi les dfmflf
«te une "prestation d? argent; après cela,, chaque» propriâr ïakèê «er* ttafae de disposer de ses recelées comme $bi* Ifai eembkra, conformément à la raison, à lîétot *de «es affairas, aux foires et aux occasions qu'il awjra 4& vendre,
Une foie qu'on aura obtenu ce résultat salotnjj>e, -*•! pourra feriro un pas do plus. On devra ordonner -à chaque' commune d'ouvrir de registres concernant les -poseefes«en& de ses membres, d'y insérer Je produit des récoltes et le montant -des taxes ou 4e* • dîmes rachetées, travail 4g)aleflMfit requis pour «arriver à connaîtra «e qui «et propriété publique, .comme nous l'armons dît fAus haut. En- faisant sumiHer la confection de oes ffégieûfts par le curé, les Démegérontes at Remployé 4* gouvernement, «eus le contrôle de la publicité, ah parviendra en quelques années à connaître les produits - 4e ehafio ton», «a suite qak» pourra cbtwgcr les Aimes en une rente pécuniaire *t iperpétbeUe «pi aura
peur base la dixième partie dés revenus des propriétés particulières et la quatrième dés propriétés publiques» Comme le prix des produits n'est pas ordinairement exposé à de grandes fluctuations, on pourrait, en attendant 9 calculer sur le terme moyen du prix de cinq ans , sauf les corrections à faire .après une expérience plus longue et plus exacte.
Si l'on consulte les habltans dû pays sur ces ohaa~ gemens, on entendra des avis bien différera suivant les intérêts qui s'y rattacheront. Parmi les acheteurs de dîmes qui ^sont en quelque sorte organisés en compagnies pour exploiter le pays, parjni les agens du gouvernement leurs associés, et les spéculateurs qui. fournissent aux fermiers les garanties réclamées pajr l'état, et leur avancent les capitaux, enfin parmi, tous les négocians et les individus subalternes employés dans le prélèvement, le transport et le commerce des dîmes, vous en trouverez naturellement, peu qui soient disposés, à entrer dans vos vues; ils défendront au contraire ce système comme la sauve -garde de la Grèce, v comme le moyen de commander l'obéissance au peuple, comme le support du bon ordre et d'une sage économie; enfin, •comme on est parvenu à tenir le numéraire presque entièrement éloigné des villages, on vous démontrera Tintpossibilité d'introduire le paiement en argent; oh taxera même vos. mesures d'absurdité, puisque vous ne voulez pas prendre ce que le paysan possède, pour le forcer de vous donner ce qu'il n'a pas. Passez ensuite dans les villages, séjournez dans leurs cabanes, examinez leur état, entrez en conversation avec leurs malheureux faabitans sur les difficultés de leur situation et les moyens de les aider à. en sortir, vous serez accablé d'un concert de plaintes contre le système actuel et les hommes qui l'exécutent. Au contraire, on vous char-
> de bénédictions, «i iràns leur : imoAr£*<4euleiiMtftt la pctiwibUité d'en être délivrée; puU> quand vous dér ttghexeZwCJftnmé. le devoir; d'un gouvernement sage et paternel . l'obligation ' d'epéjrer une; prompte réforma dans le système des durer, en les changeant en une sente pécuniàiçe fixée d'après les produits 44 \&*p sol, ils tous déclareront d'un: commun accord >qW oe sera par l'exécution de .telles mAswtàs* qu'il» r#r oednaîtront 4&ns le roi, Je) père et le bienfaiteur, de «on peuple, . t : /
1 • Du, • reste , il y a .un endroit: en -Grèce . ou ce shanr jgeme&t s'est déjà opéré depuis long-tèms. C'est l'île 4e Tinos a où les Vénitiens ont remplacé de» prestations naturelles par des rentes pécuniaires attachée*. d'âne manière: inaliénable à chaque terre, quifcalnfr-ejfcjiiëfiifc tons là • base de répartition pour, toutes;; les Icbfcflges communales. Le paysan s'y sent le maître de ^ ipro*priété. 11 en augmente les produits citant qa'âVlpeut, et se; charge lui-même, d'en vendre:, une partie ^{mh^t avoir de i' argent et payer le gouvernement; : aussi ehAftserait -il de ©héz lui tout homme, qui voudrait se nrêfar de. ses affaires; c'est pourquoi l'île de Tinos est 1& plris :peuplée.:efe la? mâettx cultivée de tout l'ArchipeL . . ; Ce système . de mesures . générales pour relever lk culture du **el de la Grèce,. doit étire couvoimé paç Rétablissement des hypothèques et des banques rurale<|, on le propriétaire et le cultivateur > pourront trouv* des fonds, en proportion de leur. crédit, à un intérêt modique,7 et où chaque individu seia libre de: jdac'er Ses épargnes avec profit et sécurité. . .:.....!> Il serait superflu d'enfrer dans- des détails sur .ces institutions, puisque, tout ce qui a rapport à la confection des registres, et des livres hypothécaires, ou qui sert de garantie en préteur ietcde soulagement au débiteur, y
cearpris le* moyens nétessafre* pour ttaààèr des: s d'épargne dont profiteraient les difféïettte*} dassesf d* laboureurs, tout cela ne eoufire pas pin» da> diffirniftés que dans le reste de l'Europe et réclame le» Jnêiaea m»- •ores, soit législatives* soit administratives. ■**- C7est là qu'A faut étudier les modèles? eu pi* tôt, TétaHiisemeat ifnn gouvernement destiné à introduise losinstUutièas de notre civilisation dans ce* contrée» où elles sent ineonfcfees, présuppose déjà celte étude. Quant aux lois hypothécaires, celles de la Bavière, à quelque* chpngemens près, pourront être transportées en Grèce. Quant au* caisses d'épargne et aux àasseB, où l'on prête an petit propriétaire à un terne coast, il n'y en n pas de préiérables à celles d'Ecosse; c'est sur l'efiuacké «t i'inflaence salutaire de ces lois, que repose en grande «partie l'aisance de cette classe importante dés iiabitaaB •du -royaume.
Noag avons développé les mesurera» moyen desquelles le gouvernement pourra lever les obstacles généraux qui s'opposent à l'activité des 'Cattivafteûw <qtfâl vient de crier et aux progrès de leur Industrie, Fuiee 4ôauler les eaux stagnantes, en ^atiqnaat des oana*rx *t des conduite souterrains; diriger cette» qus oeut eût mr les: pfaintationf , et augmenter 1«b sources dmgs un paya généralement aride ; percer des roules dans l'intérieur dan provinces jusqu'à présent presque inaccessibles, -et mettre leur teommeree en çemmunicatiota sure et feurila avec foe portai; décharger l'industrie agricole de ce fardean d'embarras et d'abus qui l'aocable par suite) dji spstésn d'impôts, et de la manière vicieuse dent *>n .le* perçait; accorder à chaque propriétaire le evédfe qtfîl asérite, et -à 'chaque laboureur la possibilité dtaflâMsar eefe épargnes et de trouver aa premier awàieai un seooani atfalogoe n son ctâiitt ttdke est la tâebe*difioge» MM&fcoatKrabfe,
4ft
du nouveau gouvernement. La Grèce attend avec raison qu'on l'accomplisse, puisque c'est dans la conception et l'exécution de ces plans, que se trouvent à la fois son propre salut, l'honneur de son gouvernement et l'avenir du nouveau trône. Ajoutons que c'est un exemple à donnée à l'Orient qui continence à se réveiller de /sa longue tétlftrgfc et qui "Suit tfvec intérêt l'action du nouveau royaume qu'on vient d'établir à ses portes.
■ ■ ■ i il* iÉ»éUAi ■* i ■ ni ■«■
■ « ft
ONZIEME SECTION
/tes changement à introduire dans là culture
du sol.
Jalons n'aurons pas besoin d'entrer dans beaucoup de détails sur les changera ens à introduire dans la culture du sol, puisque le moindre, connaisseur, en examinant attentivement le tableau que nous en avons fait, les apercevra sans peine et les exécutera, tout en faisant abstraction des procédés commandés par le climat et les produits de sa patrie, et en se conformant au sol et aux produits de cette terre presque vierge sous le rapport de la culture.
La charrue, telle que nous l'avons décrite, fendant seulement la surface du champ, lors même que la terre est grasse et profonde, ne touche pas aux couches inférieures de ce sol fertile, en sorte, qu'elle retourne toujours la même glèbe, ce qui réduit le produit au tiers de ce qu'il devrait être. 11 faut donc introduire la charrue à deux roues avec un soc large, afin de pénétrer plus avant et de remuer les couches inférieures, tandis que les autres, en se reposant, reprendront leur suc nourricier.
Quant aux champs qui auront besoin d'engrais, la mer offre presque partout un moyen sur de pourvoir à cette nécessité, puisqu'on peut, sans beaucoup de frais,
creuser des 'salines but les côtes dont sont bordées* les plus belles et les plus grandes plaines, afin d'en extraire,- autant qu'on vaudra, le gros sel qui est le pin» propre pour le but qu'on se propose. Dans les endroits où le sel manque, on pourra se servir du bétail,* dès qu'on dera en état de le nourrir dans les étables.
Par rapport aux semences, il faut améliorer les espèces et les multiplier conformément aux différentes classes de terrains. On doit penser en même tems à introduire la culture du riz. Les essais qu'on a faits dans des dernières années, ont prouvé que les basfonds de la Béotie, de TEubée et de la Messénie, sont susceptibles de produire les meilleures qualités de l'oryza paludosa, de même qu'on a recueilli sur les hauteurs qui les environnent, d'excellentes sortes de riz montagnard. La culture des pommés de terre ne fait que de commencer et promet les plus beaux résultats. Il faut cependant se procurer les petites espèces sèches qui conviennent seules au sol et au climat de la Grèce, et les faire cultiver dans un terrain rocailleux.
À côté du coton, dont la culture peut encore recevoir beaucoup d'améliorations, on ne doit pas oublier celle' du lin qui a presque entièrement disparu dans le pays , en sorte qu'on est obligé d'acheter de l'étranger tout le linge dont on a besoin.
À l'époque de la moisson, le cultivateur, débarrassé des dîmes, devra battre et vanner son blé à l'aide des machines simples et employées depuis long- tems dans nos villages. Maître de sa récolte entière, ayant d'ailleurs à sa disposition des routes praticables, grâce auxquelles les communications n'offriront plus de difficultés, il remplacera bientôt les ânes par le chariot. De plus, se voyant dans une situation qui lui permettra de se procurer à tems des moyens pécuniaires, il ne
•ata fin* forcé de partager fa récolta woa. fautes pour satisfaire à se* obligation*; mais jl les paiera en argfcoM enfo, devenu pins riche, il se trouvera & même d'étendre la culture de ses terres., 4e louer des domftstiques qui l'aideront à labourer ses champs, ainsi que des servantes pour prendre soin du bétail aveo an famille, de sorte que, débarrassé de toutes les entraves de sa situation actuelle, et maître deç produits de son sol, il parviendra h un certain état d'aisance et d'indépendance qui lui assurera la considération de «a commune.
La culture de la vigne réclame un soin particulier. Les espèces de ceps sont très* variées, et, pour la plupart, d'une qualité mauvaise on tout au moins médiocre. Il ne s'agira, pour les remplacer, que d'en prendre de meilleures qu'on trouvera, soit dans le pays même, soit en France et sur les borda du Rhin, grâce au raffine» ment avec lequel on les y cultive,
La forme grossière de pressoir doit . être entièrement changée. Il faut des préparatifs pour soigner le vin pendant qu'il est en fermentation, et des tonneaux avec des caves pour le conserver. Le vin a de la force; mais il est rare qu'il soit agréable à boire, étant chargé de substances grasses et âpres, Il importe donc d'introduire la méthode qu'emploient les vignerons en France, ainsi .que les procédés chimique» wve*tés par Fourcroy pour clarifier le vin de Bourgogne. Comme les premières qualités de vins gsees sont des meilleures, il ne s'agira que de mettre en pratique les moyens ipdiqués, pour woir le plus beau produit' de vignobles que l'on puisse désirer»,
Les oliviers sent & peu près dans W état aussi triste que les lignes, la guerre ayant presque tout détroit Il fa*d«a donc reprendre le» plantations et en
eeaf rk le* -hMteuii . et les montagnes où l'on renc*** tre par milliers des olivier* *an.vages„ Cet arbre utile net susceptible d'être greffé > en sorte qu'il donne de* fruit» en plus grand nombre et de meilleure qualité que le» autre*
Améliorer les espèces, examiner avec *oin les olives que Ton recueille, introduire les pressoirs hyw dranliques, adopter la méthode suivie en Provence pour clarifier l'huile et lui ôter le goût de lampe, tels sont les moyens par lesquels on parviendra en Grèce à avoir des huiles dont les qualités égaleront celles de France et d'Italie. Déjà supérieures quant à la substance, il ne leur manque que la clarté de la couleur et la pureté du goût, pour l'emporter sur toutes les araires. Altos le pays reprendra, sous ce rapport, le rang qu'il occupait anciennement.
La culture des mûriers, des orangers, des citron'» mers et de» figuiers, reprendra avec l'activité générale, et « mesure, qu'en procurera aux habitans la facilité d'établir de nouvelles plantation» et des fruits d'une benne espèce*. Si l'on vent avoir des oranges de première qualité, on pourra en faire venir de Malte \ quant à ce* petites figues blanches, les meilleures qu'il y ait, on les prendra dans la Calahre.
Pendant qu'il ne s'agit ici que d'une modification, il y auça un changement général à opérer dans la dusse, des arbres fruitiers que la Grèce a de commun areee nés contrées, tels que les cerisiers, les pommiers, les poiriers que l'on cultive surtout dans les montagnes trop élevées pour les produits méridionaux. Du reste en met beaucoup de soin parmi les habitans des hautes vallées à cultiver les arbres fruitiers, La plupart dea maisons sont entourées de ces plantations; mais leurs fruits n«nt petits, maigres et presque eans goût £ft
(terra édlicy stibgtttnei4 telles de no* jàrdlhfrfique Fart de nos agriéulteuifc a su faire prospérer, malgré notre climat hyperboréên, atf peint que l'Orient n'a rien de comparable en ce genre. Après cela, on verra bientôt les produits des pommiers de l'Arcadie et des montagnes de la Lacôiiie, répondre à ceux des orangers 4a bord de TEurotas ou des vallées de Naxos.
Aptes avoir examiné l'état de l'agriculture et montré les chatogemens qu'on doit y introduire pour augmenter et améliorer les produits des champs, des vignes, dés' oliviers, des oranger* et des vergers', nous pas» sons* à la seconde branche de l'économie, c'est-à-dire, à la manière d'accroître, de nourrir et d'améliorer les races dn bétail. Il ne s'agit pas seulement en cela de multiplier les ressources et les revenus de la classe agricole, mais aussi de délivrer le pays- de la vie nomade de ses bergers, espèce de fléau destructeur qui pèse sur toutes les branches de l'agriculture. La première chose à faire est d'engager le paysan à bâtir des étables et à semer dans ses champs du trèfle, des betteraves et autres choses semblables, dont on nourrit les bestiaux pendant les mois ou l'on ne peut pas les envoyer dans les pâturages. De cette manière, il lui sera possible d'entretenir un nombre considérable de vaches et de boeufs. Les premières, qui garderont l'étable une partie de l'année, et y 'seront traitées avec soin/ ne serviront plus seulement à la propagation du bétail. Le lait qu'elles donneront pendant l'été, pourvoira, sous ce rapport, aux besoins du pays qui en manquait précisément dans la saison où cette ressource lui eut -été le plus nécessaire, et qui se trouvait ainsi réduit h se nourrir du beurre et du fromage de ses chèvres et de ses brebis: De cette manière, le paysan pourra doubler ses revenus. Quant aux boeufs qu'il n'emploiera
paa4^ la charnue, il ji^ngraissefra pour le vendre. Il 46. itro.uv^ra ^w^Wien état d'eagraisser ses terres, et Ravoir une . basset poup bien peuplée à peu de frais. Pour ce qui regarde les troupeau^ de brebis et les pâturages, il y aura des réformés, générales à faire, À mesure que Jt'af j-i culture se développera et qu'on commencera à prendre soin des forêts. La liberté q«t!ont l*s bergers de conduire- leurs troupeaux partout où ils veulent, est inoptfjpatible avec la culture des champ* Par conséquent^ on doit leur interdire l'entrée, des lieux, destinés à des plantations , et des forêts qu'on a l'intention de garder; ou, si on la leur permet, ce ilft sera qu'en y mettant les restrictions que leur conservation rend nécessaires. En revanche, il faudra as* signer aux communes un certain espace de terrain propre au pâturage, en Jeur donnant la facilité de le changer en propriété communale. C'est sur ce terrain qui, dans les régions mqntueuses, pourra être d'une étendue considérable, que les troupeaux de la commune devront être conduits. De cette manière, ils ne s'augmenteront pas à l'infini, et seront toujours assez considérables pour former une abondante source de revenus.
D'un autre côté, on devra tâcher de regagner par la qualité de la laine, ce qu'on perdra peut-être sous le rapport de la quantité. Elle abonde en Grèce, ainsi que nous l'avons remarqué plus haut; mais elle y est grosse et mauvaise. Toutefois ce pays ayant le même sol et le même climat que Je midi de l'Espagne, avec les mêmes produits à peu près , il sera facile d'y transporter des brebis et des moutons de l'Andalousie et de Ja, Catalogne, de les y nourrir et de les y multiplier aussi aisément que dans ces provinces mêmes. L'introduction de cette laine précieuse deviendra une source intarissable d'aisance,