‹ De l'état actuel de la Grèce et des moyens d'arriver à sa restaurationChapitre 33 sur 41 · Postes · texte numérisé non relu

Postes

Les postes aux lettres furent instituées sons le gouvernement Corfiote; mais leurs revenus diminuèrent chaque mois à cause des mauvais procédés dont on usa à l'égard des lettres. On préféra donc, comme au tems des Turcs, remettre la correspondance à des dômes* tiques, aux passagers ou aux capitaines des barques et des bâtimens marchands. Il n'y a pas de doute que la poste sera bientôt rétablie et entourée de la confiance générale. En joignant à la poste par terre celle par mer, desservie par des bâtimens à la disposition du gouvernement, surtout par des bateaux à vapeur, pour entretenir la communication entre Smyrne, Syra, Nauplie, Athènes et les autres villes maritimes par le transport des lettres, des marchandises et des passagers , on peut être sur d'en élever les revenus nets à 200,000 phénix.

5. Fermage des moulins, des magasins, des boutiques et des maisons.

Nous savons que le gouvernement est en possession de presque tous les moulins en Grèce, mais que la plus grande partie est en ruines. On peut cependant évaluer à 200 ceux qui ont échappé à la destruction ou qui ont été rétablis. Comme ils ont des droits sur

les campagnes et le* villages voisins -qui -Mit. forcés de s'en servir, ils donneront un revenu sur et assez élevé; mais le paya étant ramé, la ferme de chacun d'eux ne pourra être portée an delà de 500 phénix par an pour la première période, ce qui donne 100,000 phénix. De plus, le ' gouvernement dispose d'un grande nombre de maisons, de magasins et de boutiques. H n'était pas permis aux Turcs d'en posséder dans les citadelles, c'est pourquoi toutes les villes fortifiées, ayant été propriété torque, sont entrées dans le domaine national. On en a vendu beaucoup à Nauplie, en sorte qu'il n'en est resté que douze au gouvernement; quant à celles de Modon, de Coron, de Monembassia, de Négrepont, de Lépante, de Vostizza, d'Acro*Corinthe, elles sont toutes propriétés publiques. 11 est vrai que les maisons actuelles de Navarin appartiennent à des particuliers; mais parce qu'elles sont construites sur un emplacement public, elles doivent aussi payer un tribut annuel. On n'a jamais pu savoir quel fat le revenu que le trésor tira de tous ces loyers; à Modon, j'ai vu dans les registres de la préfecture que, ponr cette seule ville, il monta pour les magasins, les boutiques et les maisons à 28,000 phénix. Le revenu de Modon fait à peu prés le cinquième du total, qui s'élèvera pour lors à 190,000 phénix.

Il existe encore un revenu accidentel provenant de la vente d'emplacemens de maisons dans les villes ruinées ; mais comme il n'y a rien de fixe, on ne pourrait pas le porter sur, cette liste, et Ton ferait bien d'en doter les caisses des éparchies.

Page 1