‹ De l'état actuel de la navigation par la vapeur et des améliorations dont les navires etChapitre 48 sur 125 · LE MIBUX ADAPTÉS AUX LONGS VOYAGES · texte numérisé non relu

LE MIBUX ADAPTÉS AUX LONGS VOYAGES

niers, ta Medea gsignait considérablement au vent sur celle escadre : d'où l'on voit Tavanlage à avoir une grande quantité de toile déployée à Tavant et à Tarrière.

y Si donc il arrive que le charbon se trouve épuisé dans la traversée d'Ame* rique, ou que quelque accident survienne dans le mécanisme , ce qui aura lieu très rarement, on pourra avoir recours aux voiles avec] à peu près autant de succès que sur les paquebots à voiles. Ainsi, un bâtiment à vapeur convenablement construit et gréé peut, en plusieurs circonstances, retirer un grand bénéfice de l'usage des voiles, non seulement dans Je but d'écono* miser du combustible, mais encore dans celui de ménager ja solidité de la structure du mécanisme.

» Si ta Victoria e(it élé armée avec des machines d'une puissance seulement en proportion de ('accroissement de la section de résistance, savoir 373 chevaux, elle aurait eu la même vitesse et la même force pour résister au vent que la Medea; et , calculant sur la môme consommation de 7 livres par cheval et par heure, elle aurait porté pour 28 jours de cliarbon , et aurait pu effectuer un voyage de 8240 milles , sans compter le poids économisé sur la machine, ce qui la conduirait 300 milles plus loin, ou à S840, distance deSSO milles* plus longue que celle qu'elle estactuellement capable de parcourir. II n'y a pas de doute cependant que ce bâtiment ne .puisse avec son appareil actuel accomplir le voyage ; et si la proportion de tonnage assignée pour les marchandises est beaucoup plus grande qu'il n'est nécessaire , la force additionnelle de la machine procurera certainement plus de sécurité et plus de facilité pour la manœuvre du navire. Il parait, en outre, que les machines de ce bâtiment ( fabriquées par M. Napier) peuvent fonctionner à cinq livres de pression avec plus ou moins d'expansion ;'et comme une grande économie de combustible est obtenue avec une légère diminution de vitesse, il est très convenable, lorsque les circonstances le permettent, de ne point chercher à atteindre la plus forte vitesse possible. Dans les voyages où la quantité de charbon requise ne forme pas la majeure partie de la charge du navire, l'avantage d'une telle économie n'est point senti; et lorsqu'il s'agit particulièrement de transporter des passagers, la concurrence des autres navires rend la vitesse d'une telle nécessité, qu'on cherche a l'obtenir à tout prix. Au contraire , pour des bâtiments destinés à de longs voyages comme celui d'Amérique, la plus grande partie du chargement du navire doit être assignée au charbon, et une moins grande quantité de marchandises peut être transportée, tandis que cette quantité est probablement l'objet le plus important à

162 MOTS II. — FDISSANCB BT TONNAGE DIS BâTOIENTS A VAPEUR

considérer. La vitesse, quoique moitts profitable, sera achetée au moyen d'one grande dépense; et, lorsqu'il devient de TiiHérèt des commandants d'accroître la faculté de leur navire pour la distance , aii lieu de chercher à acquérir la phis grande vitesse possible, ils y parviendront avec beaucoup plus d'avantage en ménageant la force motrice de la machine, qu'ils combi* neront avec t'elTet des xoiles , selon les diverses circonstances contre lesquelles un navire aura à lutter dans un voyage de telle étendue.

ff Les calculs ci-dessus de la longueur du voyage qui peut être accopipli par un navire de grande puissance et de fort tonnage sont fondés sur les résultats du bâtiment de Sa Majesté la Medea , que j'ai choisi, parce que oe navire est de la plus grande classe , et parce que sa vitesse, sa consommation de charbon , etc., ont été mesurées avec soin , mais plus particultèrement parce qu'il a été employé par le docteur Lardner comme fournissant les données dans des calculs semblables , au moyen desquels il parait démontrer l'impossibililé d'exécuter une traversée au delà de 2000 milles.

9 Les bâtiments du commerce le plus récemment construits dans le but particulier d'exécuter un long voyage donnent des résultats complétemen I supérieurs à ceux de la Medea, comme on peut le voir par les voyages des steamers de la compagnie des Indes - Orientales VAialania et la.Bérénice, allant à Bombay par le cap de Bonne-Espérance.

UAtalanta est de 630 tonneaux et 210 chevaux; elle a fait la traversée de Falmouth au cap de Bonne -Espérance, ayant parcouru d'après le loch 6936 milles, et ayant rencontré beaucoup de mauvais temps, en 37 jours et 16 heures, allant à la vapeur et avec une vitesse moyenne de 7.67 milles par heure; sa consommation de charbon était par jour de 14 tonnes 11 quintaux, ou à raison de moins de 6^ livres par cheval et par heure; elle a accompli le voyage de Fernando-Po au cap de Bonne-Espérance (distance par le loch de 2373 milles) en un seul trait de 14 jours et 10 heures , avec une consommation de 213 tonnes de charbon.

La Bérénice, qui est <te 680 tonneaux et de 230 die vaux, a fait le voyage de Falmouth à Fernando-Po (4796 milles) en 22 jours et 22 heures, ou avec une vitesse moyenne de 8.72 milles à l'heure , et avec une consommation moyenne de charbon de 16 tonnes 3 quintaux par jour, ou 6.56 livres par cheval et par heure. Elle est capable de prendre 330 tonnes de charbon , et par conséquent de parcourir, sous vapeur, une distance de 4290 milles. En effet , elle a accompli le voyage de Bonavista à Fernando- Po (distance au locli de 2272 milles) en consommant moins de la moitié de son chargement de charbon.

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