DBS MINES DE CORNWALL ET DE DEVON
que le piston descende avec plus ou moins de rapidité. A mesure que le piston descend , la tige verticale qui ouvre les soupapes d*exhaustion et d'admission effectue son mouvement ascensionnel.
La pression de la vapeur dans les chaudières est à peu près de 25 livres an* glaises par peuce carré au dessus de la pression atmosphérique; cela correspond à 2 atmosphères | (une atmosphère étant repcésentée par une pression de 15 livres par pouce carré). Pour éviter les déperditions de chaleur, la ma* chine est tout entière enveloppée dans un étui ou cylindre-enveloppe en bois qui laisse entre lui et la chemise en fonte un espace annulaire de 12 pouces d'épaisseur, lequel est entièrement rempli de sciure de bois. Le couvercle du cylindre est également recouvert d'une couche de même matière, et les tuyaux en fonte qui conduisent la vapeur sont aussi renfermés dans des caisses carrées qui en sont remplies. Il résulte de là qu'il y a très peu de chaleur perdue , et la température n'est pas beaucoup plus élevée dans la cham* bre de la machine qu'elle ne le serait dans un appartement habité.
La levée du piston de la machine est de 11 pieds anglais (3'°.355). Il est lié à la mattresse-tige par un balancier en fonte pesant 25 tonnes, et dont les deux bras sont de Ipngueur inégale , celui auquel est attaché le piston de la machine ayant 18 pieds 9 pouces , tandis que l'autre , auquel est suspendu la ma! tresse-tige ^ n'a que 14 pieds. Il en résulte que la levée de la maitressetige et la course des pistons des pompes ne sont que de 8 pieds 2 pouces.
Les tuyaux et les soupapes présentent à la vapeur des passages très larges : ainsi le tuyau qui va au condenseur a 2 pieds, et celui qui établit la communicàtion entre le dessus et le dessous du piston , 18 pouces de diamètre intérieur. Les diamètres des soupapes d'exhaustion et d'équilibre sont respectivement égaux à ceux des tuyaux. Quant à la section de la soupape qui admet la vapeur dans le cylindre , elle est beaucoup moindre, et seulement égale à un cercle de 10 pouces de diamètre. Le passage de la vapeur peut être encore rétréci par la valve régulatrice manœuvrée par le chauffeur.
Les deux pompes à air ont chacune 27 pouces de diamètre au cylindre. La longueur de la course des deux pistons est de 6 pieds. Le vide est très bien exécuté par ces pompes à air. Le vide du condenseur est mesuré par 28 pouces anglais de mercure dans le tube en verre communiquant par la partie supérieure avec le condenseur, et lorsque la soupape d'exhaustion s'ouvre, le mercure ne descend guère qu'à 27 pouces.
L'ensemble de toutes les machines de Cornwall inscrites dans les relevés mensuels en 1833 consomme 1^.6255 , et les meilleures machines seu*
170 NOTE Iir. — MACHINES A VAPEUR A SIMPLE EFFET.
lement 0^.9 de bouille par force de cheval et par heure 3 tandis que les meilleures machines à moyenne pression et à détente employées sur le continent, et même en Angleterre , consomment encore 3 kilog. de houille par force de cheval et par heure.
Cette économie ne doit pas être seulement attribuée aux grandes dimensions des machines, à leur excellent entretien, et aux précautions prises pour éviter les déperditions de chaleur en entourant les cylindres de corps mauvais conducteurs. Il est évident qu'elle est due aussi au système de soupapes usité , et à la manière d'en régler le jeu. Les soupapes ouvertes brusquement par des contre-poids laissent à la vapeur un passage très large ; la soupape d'exhaustion et les tuyaux qui établissent la communication avec le condenseur ont particulièrement des dimensions considérables; comme d'ailleurs la cataracte ouvre cette soupape d'exhaustion avant la soupape d'admission , il en résulte que la tension , dans l'intérieur du cylindre sous le piston , doit être très sensiblement la même que dans le condenseur au moment où la vapeur motrice est admise. Cet effet n'a pas lieu dans les machines ordinaires , et des expériences directes, faites en Ecosse, en appliquant un dynamomètre à ressort sur le fond de la partie du cylindre communiquant avec le condenseur, ont prouvé que la tension s'y maintenait de beaucoup supérieure à celle du condenseur, lorsque la communication élait établie par des soupapes ou des tuyaux étroits.
La facilité avec laquelle Fingénieur règle la détente par le déplacement des longs tasseaux fixés à la poutrelle permet de proportionner exactement la dépense de vapeur aux résistances à vaincre. Ainsi on remarque qu'il n'y a jamais, à la fin de la course des pistons , ces chocs et ces ébranlements qui sont très sensibles dans les machines ordinaires à simple ou à double effet , employées à mouvoir des pompes. Nous devons aussi remarquer que le soin de l'entretien des machines n'est jamais abandonné à un simple ouvrier, comme cela a lieu sur nos mines de France. Vengineer chargé des machines du Cornwall est un véritable constructeur de machines. Le chauffeur n'agit que sur la soupape régulatrice , et ne règle jamais ni la position des tasseaux, ni les contre-poids de la maltresse-tige , ni le jeu de la cataracte.