COURS PRATIQUE
I. L'élève commence le cours pratique en écoutant les leçons données dans l'école-modèle ; c'est l'instruction par l'exemple.
II. L'élève prend la direction d'une classe, mais sous la direction d'une maîtresse spéciale.
KL L'élève a la charge de la classe; seulement une maîtresse, ou compagne plus avancée écoute sa leçon, et en rend compte, en y joignant ses observations, à la directrice.
IV. L'élève critique la leçon donnée par une compagne, en présence d'une maîtresse qui résume les observations présentées, et y joint les siennes.
V. L'élève observe l'enseignement et la discipline de l'école-modèle ; et prend des notes détaillées.
VI. L'élève prend, pour un certain temps, l'entière direction d'une école pratique, et remplit toutes les fondions de maîtresse.
Je n'avais ni le temps ni la volonté de produire ici, dans toute leur étendue, les programmes des leçons qui se donnent à Grcujs inti vocal .-j'eusse été contraint d'entrer, au sujet de ces programmes, dans une discussion philosophique et pédagogique que ne com portait point le caractère de ce rapport. Je n'ai voulu qu'une chose : indiquer le caractère sérieux des études que le sens pratique et l'esprit essentiellement positif des Anglais jugent nécessaires dans une école normale où se forment, pendant un séjour plus ou moins long, des directrices de salles d'asile.
Je suis entré déjà dans quelques développements au sujet des deux écoles normales delà brîtishâfid foreign society. J'ai donné le nombre des élèves, et indiqué le système de classification adopté dans l'une et l'autre institution. Je dois, pour ces écoles, comme pour celles des autres sociétés, faire connaître le texte même des règlements.
« Aux dispositions morales et aux qualités des maîtres se mesure l'influence exercée sur la génération qui s'élève. Tel maître, telle école. Les conditions générales exigées des candidats sont les suivantes :
Principes religieux. — Si le comité repousse tout ce qui sent Tes-*
prit de secte (a scelarian spirit), il regarde connue indispensable que les maîtres à qui est confiée l'instruction inorale et religieuse de la jeunesse reflètent dans leur vie le caractère du chrétien. En exigeant les certificats les plus explicites, relativement à ce point important, le comité ne fait qu'accomplir le vœu de ses fondateurs ; dans toutes les demandes d'admission, il doit être attesté que le candidat est d'une sérieuse piété; aucun, sans cette garantie, ne peut être reçu.
Activité et énergie. — Sans ces qualités, ni bon instituteur ni bonne institutrice. L'économie du système de la british society, quand il est bien appliqué, diminue notablement la somme de labeur imposée au maître ; mais ce système exige particulièrement la vigueur et l'activité de l'esprit et du corps.
Instruction. — Le comité n'entend pas changer le but qui, dès l'origine, a été proposé à ses efforts, à savoir la diffusion de 1 instruction élémentaire, écriture, lecture, arithmétique; mais l'état actuel de la société exige qu'un maître soit capable de communiquer des connaissances d'un ordre plus élevé.
Age. — Le candidat ne doit pas être âgé de moins de 20 ans, ni de plus de frente.
Admission. — Le candidat commence par écrire au secrétaire de la société pour lui donner des renseignements sur son âge, son état de santé, ses occupations actuelles, pour lui faire savoir s'il est célibataire ou marié, et lui indiquer le temps qu'il désire consacrer à l'œuvre de sa préparation , dans l'école. Il doit lui faire connaître encore s'il a déjà pratiqué l'enseignement dans les écoles du dimanche ou de la semaine; s'il a pris part à des œuvres de bienfaisance ayant pour but l'amélioration morale des classes pauvres; si, en outre des devoirs du culte public, il était dans l'habitude de pourvoir de quelque manière à son instruction en général, ou à son instruction religieuse en particulier.
La lettre du candidat est accompagnée de certificats explicites émanant du clergyman ou du ministre de la communion à laquelle il appartient, et de une ou plusieurs personnes dont il soit bien connu.
Si les certificats paraissent satisfaisants, le candidat est admis à l'examen. (Lecture intelligente, écriture facile, connaissance familière des quatre règles de l'arithmétique, notions générales de géographie et d'histoire).
Avant d'être admis à l'école, le candidat reçoit une copie des instructions suivantes :
I. Pensez souvent au but que vous devez atteindre pendant votre séjour h L'école de la société. — Vous avez tout ensemble à acquérir et à donner, à apprendre et à enseigner, à gouverner et à obéir; et cela, non pas seulement vis-à-vis d'un seul, mais vis-à-vis d'un nombre considérable d'esprils, tous différents et dans des circonstances variées. Vous avez beaucoup à faire ; d'où, la nécessité de :
IL Mettre a profit votre temps. — Il ne suffit pas d'assister régulière mentaux éludes fixées par le programme, il faut utiliser les intervalles qui séparent ces études. Assurez-vous des minutes qui composent Jes heures.
III. Développer les habitudes d'ordre. — Point de négligence dans la tenue. Donner l'attention principale aux objets qui ont un rapport direct avec le but que vous poursuivez ; ne jamais souffrir il en être détourné par des préoccupations d'une nature plus générale. Ne pas laisser la légèreté et la frivolité se sublituer à une gaieté raisonnable. Eviter les apparences du mal. Etre fidèle à toutes les règles établies. Quiconque enfreint volontairement les règles combinées dans l'intérêt général est l'ennemi commun de tous.
IV. Entretenir des dispositions amicales et bienveillantes a l'égard des condisciples . — Soyez animé d'un esprit habituel de courtoisie; montrez-vous empressé à assister qui a besoin de secours, spécialement à faire participer les autres aux connaissances que vous posséderiez seul . Manifester une désapprobation non équivoque de tout fait inconvenant partout où il se produit. Dans une pensée de louable jalousie pour Thonneur du corps auquel vous appartenez, s'efforcer de stimuler chaque élève dans la poursuite du but que les secours de la société ont pour objet de vous faire atteindre.
V. S'entretenir dans un esprit de vigilance par la prière. — Vous souvenant que vous êtes responsable devant Dieu des avantages dont vous jouissez, des talents que vous possédez, du temps dont vous disposez, demander chaque jour « la sagesse qui vient d'en haut, » et « la grâce qui donne le salut. » Etudier avec un soin pieux le Livre que vous êtes surtout appelé à enseigner, n'oubliant pas que « l'Ecriture est inspirée de Dieu, utile pour instruire, pour reprendre, pour corriger, pour conduire dans les voies de la justice ; que l'homme de Dieu doit être parfait, parce qu'il est préparé à toute œuvre bonne. » (Ad Tim.)
J'ai voulu mettre sous vos yeux ces instructions, Monsieur le Ministre. Elles ont, si je ne me trompe, un caractère singulier (le bon sens et de piété intelligente. Il y règne un sentiment qui honore toujours celui qui le témoigne, et n'est jamais sans puissance* sur celui qui en est l'objet, la confiance. Rien n'y sent la contrainte ; tout y est un appel à l'idée du devoir.
En thèse générale, les lois multiplient leurs menaces et la discipline ses rigueurs en raison directe de l'affaiblissement du sentiment religieux; il faut un contre-poids aux passions humaines ; quand ce contre-poids n'est pas dans les consciences, force est bien de le chercher ailleurs. Eh bien ! les dispositions morales impérieusement exigées de quiconque vient frapper à la
porte des écoles normales en Angleterre expliquent, dans les règlements de ces écoles, l'absence de cette sévérité disciplinaire dont nos règlements au contraire portent la dure empreinte. Par exemple, toute sortie est absolument interdite aux élèves de nos écoles normales ; ils ne peuvent franchir le seuil sans être placés sous la conduite d'un maître. (Article 21 du règlement de 1851). Une telle prescription est nécessaire, il faut le croire ; mais ce régime de caserne auquel est soumis Yélève n'est pas une préparation naturelle, on l'avouera, à la liberté absolue dont tout à coup jouira le maître. En Angleterre , les futurs instituteurs ne sortent pas seulement le dimanche : généralement ils ont la libre disposition d'eux-mêmes dans l'intervalle des études. J'ai adressé maintes questions, à cet égard, et posé des objections. On me fermait la bouche par cette réponse que je retrouve dans les règlements de la brilish and foreign soetety : « on ne fait des hommes que par la liberté. Nous supposons que les principes de nos élèves sont sérieux ; et alors, avec la bénédiction divine, may be expecled lo préserve thcmfrom llie lemptalions to tvliiek they are neeessarily exposed during the residenee in London. * Je ne loue pas, je ne blâme pas, je constate.
Toutes les prescriptions générales dont je viens de parler sont applicables aux deux écoles normales de la brilish socieiy, à celle des institutrices comme à celle des instituteurs. Je dois donner le tableau des études dans cette dernière école :
I. Grammaire et composition anglaise. — Classe inférieure, lundi , de 3 à 3 h. 1/2, soir; et vendredi, de 2 à 3 h. 1/2, soir. — Classe supérieure, lundi, de 7 à 8 h., soir ; et mercredi, de 6 3/4 à 7 1/2.
Elèves entrés à l'école pour 6 mois : Cours de grammaire anglaise, avec l'étude des principales racines et des dérivatifs. En composition : lettres, notes, etc.
Elèves entrés pour 12 mois : Cours développé sur la construction de la langue anglaise; grammaire comparative, dans la mesure nécessaire pour faire bien connaître cette langue. En composition : Essais sur diverses branches de l'enseignement.
II. Ecriture. — Classe inférieure, lundi et jeudi, de 6 à 7 h. 1/4 du soir. Classe supérieure, samedi, de 9 à 10 h. 1/2, soir.
III. Elocution, lectures en prose et vers. — Classe inférieure, mardi et vendredi, de 0 à 7 h. 1/4, soir. Classe supérieure^ mêmes jours de 7 11 1/4 à 8 h. 1/2, soir.
Les élèves doivent se poser mutuellement des questions sur le sujet de leurs lectures. — Légères notions de littérature, à propos des mor-
eeaux choisis, sur les auteurs, te temps où ils ont vécu, leurs principaux ouvrages, leurs earacières les plus saillants.
IV. Arithmétique et mathématique. — Lundi, de G à 7 h., soir; mardi, de 10 à 11 h., matin ; mercredi, de G à 7 h. 3/4, soir ; jeudi, de 9 à 10 h., matin.
Le cours comprend : l'arithmétique, la géométrie (6 livres des éléments d'Euclide ), les éléments d'algèbre et de trigonométrie.