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V. Philosophie naturelle. — Lundi et jeudi, de 11 h. à midi

Les études de philosophie naturelle (il faut entendre par ce mot les sciences physiques) consistent, pour la plus grande part, en applications usuelles; elles sont appropriées aux connaissances des élèves dont le plus grand nombre ne doivent être initiés qu'à la partie élémentaire des mathématiques pures.

VI. Histoire naturelle. — Classe supérieure, de 8 à 8 h. 1/2, soir.

VII. Latin, de 7 h 1/2 à 8 h. 1/2, soir. Etude réservée aux plus avancés, pour les faire pénéirer plus profondément dans la structure et les particularités de la langue anglaise.

V1IL Art d'enseigner. — Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, de 4 à 5 h. — Tous les élèves sont tenus d'assister à ce cours; il consiste dans la critique des leçons du jour, dans une lecture mêlée d'entretiens sur des sujets relatifs aux principes ou à la pratique de l'enseignement.

IX. Leçons pratiques simultanées. — Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, de 3 h 1/2 à 4 h., soir. Ce cours se fait à la classe de gradins (gallery class-room) ; chacun successivement donne une leçon, après laquelle les jeunes maîtres qui y ont assisté font leurs observations critiques.

X. Leçon sur la Bible. — Classe supérieure, lundi, mercredi, jeudi, de 9 à 10 h. 1/2, matin. Classe inférieure, samedi, de 10 h. 1/2 à 12 h. Dans Técole-modèle, tous les jours, hors le samedi.

Pour le cours de l'école-modèle, chaque élève-maître doit faire une leçon à un groupe de dix à douze élèves, et leur adresser des qui lions.

XL Dessin linéaire, cartes, architecture, figures et machines . — Classe supérieure, jeudi, de G à 8 h. 1/2, soir; samedi, de 9 à 10 h. 1/2. Classe inférieure, de 6 à 8 h. 1/2.

XII. Géographie. — Classe supérieure, jeudi, de 10 à 11, malin. Classe inférieure, de 2 à 3 h.

XIII. Histoire d'Angleterre. — Classe supérieure, mardi, de 9 à 10 h., soir; lundi, de 3à3h. 1/2.

XIV. Musique vocale. — Classe supérieure, mercredi, de G à 7 h. 1/4. Classe inférieure, de 7 h. 1/4 à 8 h. 1/2.

Chaque élève subit un examen sur les matières étudiées pendant la semaine; il doit tenir un journal de ses travaux et de ses progrès. On s'assure, par une série de questions, que ce qu'il suppose lui-même avoir

appris a été approfondi et convenablement digéré ; on interroge aussi les jeunes maîtres sur la méthode qu'ils emploieraient pour communiquer les connaissances acquises.

Les études à Borough-Road, vous le voyez , Monsieur le Ministre, sont à lu fois solides et étendues. Du reste « la société , dit le rapport , recueille chaque jour des fruits abondants. On s'est fait une plus haute idée de la fonction et des devoirs des instituteurs ; l'autorité morale de l'instruction primaire s'est accrue. . . Des lettres de toutes les parties de l'Angleterre témoignent de la patience , du zèle , de la piété de beaucoup des maîtres formés par la société. La meilleure preuve de la sympathie qu'ils provoquent, c'est que le nombre des demandes dépasse de beaucoup celui des instituteurs que le comité peut offrir aux écoles. *

Les différentes écoles normales dont j'ai parlé jusqu'à présent, ont été fondées en dehors de toute inlluence gouvernementale. Mais ici encore,, l'Etat a jugé nécessaire d'ajouter ses propres efforts à ceux des sociétés indépendantes. On ne contestera pas cette nécessité, si l'on songe qu'en Angleterre plus de 330,000 enfants, à des titres divers, sont à la charge de la charité privée ou de la bienfaisance publique (1).

Pour donner des maîtres aux écoles organisées depuis quelques années, au sein des Work-IIouses , le gouvernement a créé une institution spéciale , l'école normale de Kneller- Hall. Cette école ouverte au mois de février 1850, ne compte encore qu'une vingtaine d'élèves maîtres.

La seule remarque à faire au sujet du règlement de cette institution est celle-ci : toutes les après-midi sont consacrées à des études professionnelles . On sent que les connaissances usuelles et les notions élémentaires des différents métiers sont, avant tout, indispensables aux instituteurs qui se destinent à l'enseignement dans les écoles de Work-IIouses ; celles-ci ne sont , à vrai dire , qu'une variété des ragged-schools.

Un mot sur un enseignement spécial, constitué depuis peu d'années, en Angleterre, par l'initiative du gouvernement.

(1) Lettre du Committee of Council aux inspecteurs, octobre 1851.

L'Angleterre , grâce au bas prix de ses matières premières , à l'économie de ses moyens de transport , à l'abondance de ses mines de houille, offre, à des conditions très-avantageuses , les objets de grande consommation* Mais , en fait d'œuvres d'art et de goût, tant sur son propre marché que sur les autres marchés de l'Europe, la supériorité de la main-d'œuvre française lui a été, et lui est, chaque jour, victorieusement démontrée.

L'Angleterre a pu t s'entendre dire par les étrangers, môme par les plus bienveillants, qu'elle n'a que des machines et des ouvriers, mais qu'elle n'a ni art ni artistes , que les chefs-d'œuvres de ses musées royaux et de ses galeries aristocratiques sont le produit de son or et non de son génie, et, dans une sphère moins élevée, que les ornements de ses maisons, les dessins de ses tissus lui ont été fournis par l'importation étrangère (1). »

C'est le sentiment de cette infériorité, le besoin de s'affranchir d'une dépendance blessante pour l'orgueil anglais, nuisible aux développements de l'industrie nationale, qui, à Londres, et dans les centres manufacturiers, ont créé les écoles de dessin industriel ; la fondation de ces écoles remonte, en Angleterre , à l'année 1837.

c L'éducation artistique, disait en 1850 l'organe du Board of Trade, distingue les classes ouvrières de France des artisans anglais ; elle est une des causes de la supériorité de la main-d'œuvre française. Du développement des écoles de dessin dépend le progrès national dans la connaissance et le sentiment de l'art (2). »

Aussi , des efforts persévérants sont-ils faits pour assurer aux écoles spéciales de Londres, de Manchester, de Birmingham, de Leeds, de Nottingham , toutes les chances de succès. Elles peuvent maintenant se recruter dans les écoles élémentaires, où l'enseignement du dessina été introduit jet cette année même, entre le Board of Trade et le Commillee of Council 9 il a été convenu :

1° Que les écoles spéciales de dessin seraient ouvertes gratuitement aux maîtres des écoles élémentaires en union avec le Comité ;

2o Que les professeurs des écoles spéciales offriraient l'appui de leur expérience à ces derniers maîtres pour l'organisation des classes de dessin;

(1) Rapport au Ministre de l'agriculture et du commerce, par M. Ch. Lavollée.

(2) Minutes of Commillee of Council ; officiai correspondence, p. lxi.

3 Que les inspecteurs préposés par le Boand ofTradch la direction des écoles spéciales saisiraient les occasionsde prodiguer leurs conseils aux écoles élémentaires; et que, de leur côté, les inspecteurs du Commitlee of Cotincil visiteraient de temps à autre les écoles spéciales, afin d'y recueillir toutes les informations nécessaires sur les méthodes et sur les procédés (1).

L'école de dessin de Londres est le plus considérable des établissements de ce genre en Angleterre. 11 se divise en deux parties : école de garçons (dans Somcrscl-Ilouse) , école de filles.

Je donne ici le règlement-prospectus de l'institution (2).

Le c ours comprend :

Le dessin élémentaire linéaire au cadre et à la bosse ;

L'estompe au cadre et à la bosse :

Le dessin géométrique et la perspective ;

La figure d'après nature, y compris les études anatomiques et la draperie ;

Le modelage de l'ornement et de la figure appliquée à l'ornement ;

La peinture à l'aquarelle, au lavis, à fresque, à Tbiiile et à l'encausti que, d'après modèles et d'après nature (paysage, animaux, feuillages, Heurs, fruits, etc.) ;

Exercices sur la composition et les dessins d'invention pour décora lion et fabriques ;

Lectures sur Tbistoire, les principes et la pratique de Part de l'ornementation.

Origine et objet de L'école. — L'école de dessin a été ouverte à Somerset-House en 1837, comme institution nationale, sous la direction du Comité du conseil privé de S. M. pour le commerce (Commiitee of prtvif Council for Trade). Elle a pour but de procurer à peu de frais l'instruction nécessaire à tous ceux qui désirent connaître l'ornementation . et de fournir un cours complet et méthodique d'enseignement sur chaque branche de travail qui s'applique au décor. Les cours sont spécialement destinés aux personnes qui sont ou doivent être employées à la préparalion de dessins pour les différentes manufactures du pays. On dirige tous les travaux vers la pratique immédiate ou ultérieure de Part de l'ornementation.

C'est pourquoi les manufacturiers, ornementalistcs, décorateurs , en un mot, toutes les personnes intéressées au progrès du goûl national et à son application aux arts , sont invités à visiter l'école et à profiler des ressources qu'elle offre par les collections de modèles et par ses

(1) Minutes of Commiitee, etc., p. lxiv.

(2) Je le prends tout traduit dans le Mémoiro cité plus liant.

albums pour renseignement de l'art ornemental et l'éducation des ouvriers ou dessinateurs anglais.

Le gouvernement met à la disposition des élèves les tableaux de la galerie royale de Hampton-Court, pour l'élude des fleurs et autres sujets appropriés à Part de l'ornementation ; des spécimens de plantes et de fleurs sont tirés des jardins royaux de Kew. Par autorisation des directeurs des Sociétés royales de botanique et de zoologie, la libre entrée des jardins est accordée aux élèves des classes les plus avancées. Tout élève bien noté peut emporter chez lui, à tilre de prêt, les livres de la bibliothèque, qui contient plus de 1,000 volumes d'ouvrages d'art et de littérature.

Des récompenses et des prix sont périodiquement distribués pour les meilleurs travaux, et, afin de multiplier les encouragements, l'école achète ceux des ouvrages qui sont jugés dignes de servir de modèles.

Expositions. — Pour aider aux progrès des élèves les plus habiles de Técole et développer chacune des branches du cours, plusieurs expositions ont lieu chaque année ; on distribue des prix pour une somme de 40 1. st. (1,000 fr.) ; en outre, le Board of Trade peut accorder à chaque élève en particulier tel autre encouragement qu'il juge convenable.

Admissions. — Les jeunes gens, au-dessous de 15 ans, ne peuvent être admis, à moins d'une permission spéciale du secrétaire ou des premiers maîtres.

Les trois premiers mois de l'admission sont considérés comme un temps d'essai ; le maintien de l'élève sur les cadres de l'école dépend de l'aptitude dont il aura fait preuve.

Les dispositions actuelles de Somerset-Ilouse permettent de recevoir 400 élèves ; la classe élémentaire est destinée aux 150 jeunes gens à l'essai.

Prix des cours. — Le matin, 2 schellings par mois ; le soir, M.

Heures d'études. — Matin : classes élémentaires, de 10 à 1 h. Classes supérieures, de 10 à 3 h., soir ; toutes les classes, de 6 h. l/2à 9 h.

Le nom de chaque élève est enregistré chaque jour ; toute absence doit être motivée, sous peine de radiation.

Vacances. — Le samedi de chaque semaine ; six semaines à la mi-clé, du 15 juillet au 31 août ; deux semaines à Noël , et la semaine de Pâques.

Je n'ai pas cru inutile , Monsieur le Ministre , d'attirer votre attention sur les écoles de dessin en Angleterre. Un intérêt de concurrence internationale se cache ici derrière unequestiou scolaire. L'exposition universelle, en révélant une fois de plus, et avec éclat, la supériorité de la main-d'œuvre française dans les arts du dessin et de l'ornementation, a donné un nouvel élan

aux efforts tentés dans les écoles spéciales par l'intelligente jalousie de nos voisins. Que les fabriques anglaises réussissent à conquérir par l'étude ce que la France doit surtout à la fécondité de son génie ; qu'elles arrivent seulement à une reproduction habile de nos dessins , et le bas prix de ses tissus permettra au commerce anglais de nous faire, sur les marchés où nous régnons aujourd'hui, une guerre qui ne serait pas sans périls. — Il importe donc que nos écoles d'arts et métiers, que nos cours spéciaux et nos écoles élémentaires elles - mêmes soutiennent par le travail une supériorité naturelle ; qu'elles déroutent, par la cr éation de types incessamment renouvelés , une rivalité qui ne s'endort pas; et que la victoire d'hier assure le triomphe de demain.

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